Coronavirus: le Conseil fédéral précise le fonctionnement de l'app de traçage

vendredi, 08.05.2020

L’application Swiss PT sera en phase test dès le 13 mai. Elle doit servir à interrompre les chaînes de transmission du virus, en permettant d’alerter rapidement les personnes potentiellement infectées. Son utilisation sera facultative.

MI/ATS

Si un utilisateur de l’application Swiss PT est testé positif au coronavirus, le service du médecin cantonal lui envoie un « code COVID ». Cette étape est importante pour éviter les abus : seul ce code permet d’activer la fonction de notification de l’application ; ce n’est qu’ensuite que les autres utilisateurs ayant été en contact étroit avec la personne testée positive sont informés.(Keystone)

Même si le Conseil fédéral a pu assouplir certaines mesures depuis le 27 avril, la crise du coronavirus n’est pas encore derrière nous. À cet effet, l'application qui doit permettre de retracer les contacts des personnes infectées par le coronavirus ne sera pas lancée sans base légale. Le Conseil fédéral en soumettra une au Parlement. L'application sera en phase test dès le 13 mai.

Les Chambres fédérales ont demandé cette semaine une base légale. Le Conseil fédéral présentera son projet d'ici au 20 mai. Le Parlement se prononcera lors de la session de juin.

D'ici là, l'application développée par les écoles polytechniques fédérales et la Confédération sera testée lors d'une phase pilote. Cette application détecte lorsque deux smartphones se trouvent à une certaine distance l’un de l’autre, pendant une durée définie associée à un risque de transmission du virus. «Elle contribuera ainsi à nous permettre, tous ensemble, de revenir plus rapidement à une situation normale», affirme le Conseil fédéral dans un communiqué.

À noter que l'instrument ne sera utilisé que durant la phase d'endiguement. Il complète le traçage des contacts que les cantons reprendront dès la semaine prochaine.

Interrompre la transmission

L'application suisse DP-3T doit permettre d'interrompre les chaînes de transmission du virus. Les personnes potentiellement infectées seront rapidement alertées. Une fois l’installation achevée, l’appareil émet en effet par Bluetooth des identifiants chiffrés appelés sommes de contrôle. Il s’agit de longues chaînes de caractères produites aléatoirement. Si un autre smartphone sur lequel la même application est installée se trouve à moins de deux mètres de distance pendant plus de 15 minutes au total au cours d’une même journée, les deux appareils échangent leurs sommes de contrôle. C’est ainsi qu’est générée une liste locale des sommes de contrôle reçues d’appareils dont l’utilisateur s’est trouvé à proximité pendant une durée prolongée, ce qui permet de garder la trace des rencontres pertinentes sur le plan épidémiologique.

En clair, les utilisateurs n’ont rien d’autre à faire que de porter le smartphone sur eux avec la fonction Bluetooth activée. «Au bout de trois semaines, les sommes de contrôle sont effacées automatiquement de l’appareil», affirme le Conseil fédéral.

Comment la notification fonctionne

Si un utilisateur de l’application Swiss PT est testé positif au coronavirus, le service du médecin cantonal lui envoie un « code COVID ». Cette étape est importante pour éviter les abus : seul ce code permet d’activer la fonction de notification de l’application ; ce n’est qu’ensuite que les autres utilisateurs ayant été en contact étroit avec la personne testée positive sont informés.

Tous les utilisateurs de l’application qui se sont trouvés dans un rayon d’environ deux mètres autour de la personne infectée durant la période où elle était contagieuse, pendant environ 15 minutes ou plus au cours d’une journée, reçoivent un message les informant qu’ils ont potentiellement été contaminés. Ce système de notification est automatique et anonyme. Les utilisateurs concernés peuvent alors appeler la hotline mentionnée dans l’application afin de déterminer les prochaines étapes. La protection de la vie privée est garantie tout au long du processus. Si un utilisateur notifié présente des symptômes spécifiques au COVID-19, il doit éviter tout contact avec autrui et s’adresser à son médecin. Ce comportement solidaire permettra de rompre les chaînes de contamination.

Une utilisation volontaire et sécurisée

L’utilisation de l’application Swiss PT est volontaire. La vie privée est protégée : les sommes de contrôles ne contiennent aucune information sur la personne qui utilise l’application ni sur sa localisation ou son appareil. «L’application sert uniquement à endiguer le nouveau coronavirus. Aucune donnée personnelle ou relative aux déplacements de l’utilisateur n’est collectée, affirme le Conseil fédéral dans le comminiqué. En outre, les données sur les contacts enregistrés ne sont pas stockées de manière centralisée : elles sont enregistrées sur le smartphone et n’en sortent pas. Enfin, aucun lien n’est établi entre les sommes de contrôle émises et les utilisateurs.»

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