Elsa Floret propose d’embarquer pour le monde d’après

mardi, 15.09.2020

La journaliste de l’Agefi Elsa Floret se fait autrice et offre 20 visions d’une société post-coronavirus.

Sophie Marenne

A côté de son activité de journaliste, Elsa Floret anime des conférences, des tables rondes et des podcasts sur des questions d'actualité. Elle co-organise par exemple les Salons de Genève. (Photo: Olivier Maire)

Après sept ans à jouer de sa plume dans les colonnes du Temps puis de L’Agefi, Elsa Floret a fait le grand saut. Habituée à interviewer CEO, entrepreneurs, artistes et philanthropes, la journaliste publie son premier livre: Le monde d’après: et après? La Genevoise y rassemble les témoignages de 20 personnalités de l’Arc lémanique publiée cette semaine par les éditions Good Heidi Production.

«Je voulais donner la parole aux personnalités de Suisse romande qui m’inspirent. Mais je souhaitais entendre leur voix à travers un angle plus large que leur expertise», indique-t-elle. Dans ces pages, l’ancien directeur général de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) Roberto Azevêdo côtoie le dessinateur Zep, l’entrepreneure Nicole Schwab, la femme d’affaires Dona Bertarelli, l’illustrateur Cédric Marendaz, le journaliste François Schaller ou encore le conservateur du Muséum d'histoire naturelle de Genève Pascal Moeschler. Chacun y livre sa vision du monde post-coronavirus, son opinion sur la crise de valeurs que l’humanité traverse et la prise de conscience globale qui en résulte.

Un pas hors du quotidien  

Ecrire un livre est un projet qu’Elsa Floret nourrit depuis quelques années. «Travailler pour un journal quotidien est un rythme exigeant que j’apprécie beaucoup. Mais j’avais besoin de prendre du recul, de sortir de l’instantané pour me permettre une réflexion de temps long», explique-t-elle. Avec ce projet, elle s’est créé un espace pour enrichir son réseau grâce à des rencontres plus fortes. Armée de cette envie, elle a diminué son temps de travail au sein de la rédaction. Le confinement, si soudain et absolu, l’a alors aiguillée dans son choix de sujet. «Si j’avais envie d’écrire ce livre en 2020, je n’avais pas prévu qu'une pandémie paralyserait la moitié de l’humanité pendant des mois. Avec ce lockdown, tout s’est arrêté, engourdissant l’urgence de l’actualité, et nourrissant encore davantage ma réflexion», explique-t-elle.  

Optimisme modéré

Au-delà de la pandémie elle-même, Elsa Floret s’est intéressée aux aspects sociologiques de l’après-crise: «Dès le début du confinement, j’ai eu le besoin de m’extraire des nouvelles anxiogènes liées au Covid-19 pour une approche prospective.»

Le monde d’après: et après? déploie ses entretiens selon quatre chapitres: la nouvelle donne géopolitique, l’être humain comme mammifère, les enjeux de la gouvernance algorithmique et les nouveaux récits comme fuel de l’humanité. Un fil conducteur unit néanmoins ces chroniques: «Le point commun, c’est l’humain et la responsabilité individuelle qui permet de mieux s’insérer dans ce monde d’après, éminemment collectif», décrit la journaliste.

Si la couverture de son livre est rose, Elsa Floret espère que l’avenir le sera également tout en modérant son optimisme. «Oui, l’humanité est malmenée par les menaces sur son écosystème et l’omniprésence technologique. Mais j’ai confiance. Je vois cette crise comme l’occasion rêvée d’établir des garde-fous éthiques et juridiques, au regard desquels Genève et l’Europe ont un rôle à jouer.»

«Le monde d’après: et après?» aux éditions Good Heidi Production, 217 pages, 25 francs. En librairie et en ligne.





 
 
 
 

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