Enième copier-coller pour la Journée des droits des Femmes

vendredi, 06.03.2020

La date du 8 mars, Journée internationale des droits des Femmes, est devenue un marronnier médiatique, au même titre que la rentrée scolaire ou les départs en vacances.

Sophie Marenne

Egalité salariale, reconnaissance du travail domestique et respect sont quelques-unes des revendications qui ont retenti lors de la grève des femmes du 14 juin 2019.

Au mois de mars fleurissent les perceneige et les slogans mièvres de promotion sur les casseroles, robes et bijoux. La faute à la Journée internationale des droits des Femmes. La date du 8 mars est devenue un marronnier médiatique, au même titre que la rentrée scolaire ou les départs en vacances. La ritournelle est tellement ancrée dans le calendrier que cet éditorial en est aussi un produit, comme un rite presque obligatoire pour la presse. Je pourrai d’ailleurs reprendre presque mots pour mot le texte que j’ai écrit il y a quatre ans à ce sujet, en actualisant simplement quelques chiffres.

Alors évidemment, les Suissesses ne sont pas les plus mal loties. En 1971, elles ont obtenu le droit de vote au niveau fédéral. Dix ans plus tard, l’égalité entre femmes et hommes a été inscrite dans la Constitution. Depuis 1988, les épouses peuvent ouvrir un compte bancaire sans l’autorisation de leur mari. Le suffrage féminin pour toutes, au niveau cantonal, a été imposé en 1991. L’année suivante, les Helvètes ont pu enfin porter plainte en cas de viol conjugal. Le congé de maternité existe depuis 2004.

Mais le 8 mars a encore des raisons d’être. C’est l’occasion de souligner qu’une femme gagne en moyenne 18,3% de moins qu’un homme selon l’Office fédéral de la statistique. Et si une proportion de 56% de cette différence s’explique par des facteurs objectifs comme la position professionnelle ou l’ancienneté, le reste de cet écart ne se justifie simplement pas. Le mariage n’arrange pas les choses puisque le salaire d’une femme mariée est généralement 24% inférieur à celui d’un époux. J’ose le grand écart pour aborder la problématique des violences domestiques car sur les 249 homicides commis en Suisse entre 2009 et 2018, 74,7% des victimes étaient des femmes et des filles.

Le rappel annuel est fait. Vais-je encore devoir réitérer l’exercice l’an prochain, rédiger mon unique édito de l’année? J’en ai bien peur.

>>Lire aussi: L'EPFL célèbre les femmes de science 





 
 
 
 

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