Canada: Justin Trudeau décroche un deuxième mandat

mardi, 22.10.2019

Justin Trudeau remporte son pari d'un deuxième mandat, mais son parti n'a obtenu qu'une majorité relative au Parlement.

Le premier ministre canadien Justin Trudeau et son épouse Sophie Gregoire Trudeau saluent la foule après un discours de victoire à Montréal. (Keystone)

Le premier ministre canadien Justin Trudeau a obtenu un deuxième mandat lundi. Mais son Parti libéral n'a obtenu qu'une majorité relative au Parlement, ce qui l'obligera à compter sur l'appui d'un petit parti de gauche pour survivre.

Selon les résultats quasi-définitifs publiés par les médias canadiens, les libéraux ont remporté 157 des 338 sièges en lice à la Chambre des communes. Dans l'assemblée sortante, ils disposaient d'une confortable majorité absolue de 177 sièges.

"Ce soir, les Canadiens ont rejeté la division", s'est félicité un Justin Trudeau tout sourire à ses partisans réunis à Montréal. Ils "ont rejeté les coupes et l'austérité et voté en faveur d'un programme progressiste et d'une action forte contre le changement climatique".

Mise en garde

Quasiment au même moment, le chef conservateur Andrew Scheer reconnaissait sa défaite, tout en mettant en garde le Premier ministre. "Son leadership est endommagé et son temps au gouvernement va bientôt prendre fin", a-t-il prévenu."Quand ce moment viendra les conservateurs seront prêts".

Alors qu'ils étaient donnés au coude-à-coude avec les libéraux par tous les sondages, les conservateurs devraient se contenter de 121 sièges. Ils sont toutefois en tête en nombre de voix (34,4%, contre 33,1% pour le Parti libéral). Viennent ensuite les indépendantistes du Bloc québécois (32) et le Nouveau parti démocrate (NPD, gauche) avec 24 sièges.

Pays divisé

M. Trudeau remporte donc son pari d'un deuxième mandat, malgré les scandales qui ont marqué ses quatre années au pouvoir et les attaques souvent virulentes de l'opposition sur son bilan. Mais il ressort affaibli de ce scrutin dans un pays divisé.

Dans son discours, il a affirmé sa volonté travailler pour "tous les Canadiens". Il s'est en particulier adressé aux électeurs des provinces pétrolières d'Alberta et de la Saskatchewan, qui n'ont élu aucun député libéral. Ce résultat illustre la défiance de l'ouest du pays envers M. Trudeau et la division du pays entre partisans de l'industrie pétrolière et défenseurs de l'environnement.

"Vous formez une partie essentielle de notre grand pays. J'ai entendu votre frustration et je veux vous soutenir. Travaillons ensemble pour rassembler notre pays", a-t-il plaidé.

Accords ponctuels

M. Trudeau va devoir entamer de délicates discussions en vue d'accords ponctuels lors des votes au parlement. "Il y aura sans doute un rapprochement plus facile entre les libéraux et le NPD qu'avec le Bloc québécois", estime Hugo Cyr, politologue à l'université du Québec à Montréal.

"Si le parti libéral fait les concessions attendues par le NPD, ça peut être assez solide, on peut s'imaginer que ça durera au moins 18 à 24 mois" - la durée de vie estimée des gouvernements minoritaires au Canada. "Mais c'est certain que le parti libéral devra mettre un peu d'eau dans son vin", ajoute-t-il.

Poussée indépendantiste

De son côté, le chef du Bloc québécois Yves-François Blanchet s'est dit ouvert à une collaboration ponctuelle avec le nouveau gouvernement, à condition que les intérêts du Québec soient préservés.

"Le Bloc peut collaborer, au mérite, avec n'importe quel gouvernement. Si ce qui est proposé est bon pour le Québec, vous pourrez compter sur nous", a lancé le chef "bloquiste" à ses militants. Avec 32 sièges, le Bloc triple son score de 2015 dans la Belle province.

Appel bien reçu par Justin Trudeau. Dans son discours, le premier ministre a assuré avoir entendu le message des Québécois qui "veulent s'assurer que la voix du Québec soit encore davantage entendue à Ottawa". (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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