La bataille pour Downing Street a commencé

samedi, 22.06.2019

Jeremy Hunt, chef de la diplomatie britannique et Boris Johnson ancien chef de la diplomatie, s'affrontent pour prendre la tête du parti conservateur et ainsi accéder à Downing Street.

Jeremy Hunt, chef de la diplomatie britannique et Boris Johnson ancien chef de la diplomatie. (Keystone)

Ils rêvent tous les deux de Downing Street: l'ancien et l'actuel chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson et Jeremy Hunt, s'affronteront samedi devant des militants conservateurs réunis à Birmingham (centre de l'Angleterre), début d'une lutte pour le pouvoir.

Premier d'une série de seize débats organisés dans tout le pays, l'événement se tient à la veille du troisième anniversaire du référendum sur le Brexit qui reste le grand sujet auquel devra s'attaquer le futur Premier ministre.

L'ancien maire de Londres, Boris Johnson, a pris de l'avance dans la campagne pour remplacer Theresa May et devenir le prochain chef du Parti conservateur, et du même coup celui du gouvernement britannique. Il a raflé plus de la moitié des suffrages des députés conservateurs lors de leur cinquième tour de vote jeudi.

Egalement qualifié jeudi, l'actuel ministre des Affaires étrangères Jeremy Hunt sait que la partie est loin d'être gagnée pour détrôner le charismatique Boris Johnson, chouchou des pro-Brexit.

"Je suis l'outsider", a reconnu Jeremy Hunt sur Twitter jeudi soir, après sa victoire. "Mais en politique, des surprises se produisent", a-t-il prévenu, croyant en sa bonne étoile.

Après avoir charmé leurs pairs à Westminster, les deux rivaux quittent donc Londres pour sillonner le pays pendant un mois et tenter de séduire les quelque 160.000 membres du Parti conservateur. Ce seront eux, et non les 66 millions de Britanniques, qui désigneront le Premier ministre, le poste revenant au chef du parti ayant une majorité suffisante pour gouverner, ce qui est le cas des Tories.

Le nom du vainqueur devrait être connu la semaine du 22 juillet.

"Sauver" le Brexit

Les deux quinquagénaires promettent de mettre en œuvre la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne et de réussir là où a échoué Theresa May, contrainte à la démission après avoir tenté à trois reprises, en vain, de faire voter aux députés britanniques l'accord de retrait qu'elle avait conclu avec l'Union européenne en novembre.

Ils s'engagent aussi à unir leur parti et le pays, toujours divisés entre ceux qui ont voté pour quitter l'UE et ceux qui regrettent amèrement cette décision.

Mais les points communs des deux hommes s'arrêtent là, tant leurs personnalités et leurs approches différent.

Jeremy Hunt avait défendu le maintien dans l'UE pendant la campagne du référendum, avant de changer d'avis fin 2017 devant l'attitude "arrogante" de Bruxelles dans les négociations.

S'il est élu, il compte renégocier l'accord de sortie. Il est disposé à repousser la date du Brexit, fixée au 31 octobre, si les dirigeants européens acceptent de rouvrir les négociations. Mais il est aussi prêt aussi à claquer la porte de l'UE sans accord s'ils refusent.

Pour réussir ce bras de fer, cet ancien entrepreneur de 52 ans met en avant ses talents de négociateur et son sérieux, face aux gaffes et excès de Boris Johnson.

Le quotidien The Guardian a révélé que la police s'était rendue au domicile londonien de M. Johnson et de sa compagne Carrie Symonds dans la nuit de jeudi à vendredi après qu'un voisin eut signalé une bruyante querelle avec hurlements et claquements de porte. La police "a parlé à tous les occupants de l'adresse, qui se portaient tous bien. Les agents n'ont relevé aucune infraction ni source d'inquiétude", a indiqué un porte-parole de la police.

"BoJo", 55 ans, se présente comme le sauveur du Brexit. Il faut "des tripes et du courage" pour réussir le Brexit, clame celui qui a grandement contribué à son adoption lors du référendum de 2016.

Son objectif ? Que le Royaume-Uni quitte l'UE le 31 octobre, accord renégocié ou pas. Il menace de ne pas payer la facture du divorce - un montant évalué entre 40 et 45 milliards d'euros - et a assuré qu'un départ de l'UE sans accord n'entraînerait pas de nouveaux droits de douanes, des propos vigoureusement contredits par le gouverneur de la Banque d'Angleterre vendredi.

L'Union européenne a aussi mis en garde les deux finalistes contre un excès d'optimisme. Le président du Conseil européen Donald Tusk a ainsi prévenu que l'accord de retrait n'était "pas ouvert à la renégociation", vendredi lors d'une conférence de presse. (awp)





 
 
 
 

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