Le MCG disparaît du National après deux législatures

lundi, 21.10.2019

Le MCG a perdu dimanche son unique siège au Conseil national lors des élections fédérales.

Le conseiller national sortant Roger Golay n'a pas été réélu dimanche. (Keystone)

Avec 5,37% des voix, le MCG a perdu dimanche son unique siège au Conseil national. A son apogée en 2013, le parti égare depuis constamment des points lors des élections. Le changement des préoccupations de la population serait une des causes de ce déclin.

En 2013, le MCG engrangeait 19,23% des suffrages aux élections cantonales et propulsait Mauro Poggia au Conseil d'Etat. Les inquiétudes de la population étaient liées à l'insécurité et au chômage, relève lundi le conseiller national sortant Roger Golay, qui n'a pas été réélu dimanche.

"Ces gens qui se trouvaient dans une situation économique précaire ou se sentaient en danger votaient MCG", ajoute M.Golay. Selon lui, "quand tout va mal, les électeurs cherchent un parti refuge". La situation s'étant améliorée tant au niveau économique que sécuritaire - "et c'est tant mieux", selon M. Golay - le MCG a perdu des voix.

Lassitude

Il impute aussi l'échec de dimanche à l'"effet de mode lié au climat". Autre facteur qui a fait chuter le MCG: sa difficulté à conclure des apparentements et des sous-apparentements. "On aurait dû déposer plusieurs listes thématiques comme l'a fait l'extrême gauche", souligne M.Golay. Enfin, il constate aussi qu'aux fédérales une partie de l'électorat du MCG préfère voter UDC, un parti qui a une solide assise nationale.

Les conflits internes qui ont été exposés au grand jour depuis 2016 "n'ont pas aidé", selon M. Golay, "mais ils n'ont pas été déterminants pour la perte du siège". Il en va de même pour la candidature de l'ex-tribun du MCG exilé en Valais, Eric Stauffer, affirme M. Golay. La liste de l'ex-homme fort du MCG a récolté 0,65% des voix. Les gens se sont lassés des contradictions de M. Stauffer, estime Roger Golay.

Ascension fulgurante

Le MCG a été fondé à Genève en 2005. Les thèmes de prédilection du MCG, dont la préférence cantonale, séduisent rapidement un électorat lassé par les partis traditionnels. L'ascension est fulgurante: de neuf sièges en 2005 au Grand Conseil, le parti anti-frontaliers passe à vingt en 2013, sans oublier le siège décroché au Conseil national en 2011 par Mauro Poggia.

Le déclin amorcé en 2015 est flagrant en 2018. La députation MCG est quasiment réduite de moitié. Cette chute est alors attribuée en grande partie au nouveau parti créé par Eric Stauffer. Ce dernier avait claqué en 2016 la porte du MCG qui lui avait refusé la présidence.

Le parti, qui retire son candidat pour le second tour au Conseil des Etats au bénéfice de l'UDC Céline Amaudruz, s'active désormais pour les municipales de 2020. En attendant, Roger Golay relève qu'il faudra compter avec le MCG, qui avec son étiquette "ni de gauche ni de droite" fait toujours basculer des majorités au Grand Conseil. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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