Pour Vincent Sager, culture et événementiel jouent leur survie

mercredi, 02.09.2020

Selon le patron d’Opus One, Vincent Sager, l’incertitude sur la tenue d’une manifestation impose des risques financiers insupportables pour les organisateurs de concerts.

Maude Bonvin

En temps normal, Opus One organise plus de 150 concerts par an dans ses murs. (Keystone, image d'illustration)

«J’hésite entre consternation et franche inquiétude. C’est un véritable cauchemar». Vincent Sager, directeur d’Opus One, a suivi avec fébrilité la conférence de presse de mercredi du Conseil fédéral sur les manifestations de plus de 1000 personnes.

Le gouvernement a confirmé qu’il incombe aux cantons d’autoriser de tels événements. Les acteurs culturels devront par ailleurs soumettre aux autorités cantonales un plan de protection et attribuer une place assise à chaque spectateur.

La plus grande crainte de l’organisateur de spectacles? Que les cantons annulent à la dernière minute des événements, en raison de la situation sanitaire. «Or l’organisation d’un concert, c’est une anticipation de six mois à une année. Cette activité nécessite une logistique complexe et d’importants investissements financiers», explique le patron.

Et de déplorer qu’il va devoir reporter à nouveau ses concerts prévus cet automne dans ses grandes salles voire les annuler. «L’incertitude sur la tenue d’une manifestation impose des risques financiers supplémentaires que nous ne pouvons tout simplement pas prendre», ajoute le CEO.

Naviguer à vue

Sans aucune planification possible, l’entrepreneur vaudois voit difficilement comment il travaillera ces prochains mois. D’autant plus que le gouvernement n’a pas donné de date limite à ses mesures spéciales. Traditionnellement, l’automne représente la haute saison pour les organisateurs de concerts en salles.

Selon Vincent Sager, si la situation n’évolue guère, il faudra sérieusement se poser la question de la survie de la culture et de l’événementiel en Suisse. Et cela dès l’an prochain. «Ces deux branches ont perdu 90% de leur chiffre d’affaires», précise le directeur.

Et d’espérer être considéré par le Conseil fédéral comme un cas de rigueur. Cela permettrait à ces deux secteurs d’obtenir davantage d’aide financière de la part de la Confédération. Le gouvernement est en train d’examiner cette question en collaboration avec les cantons.

Port du masque

En temps normal, Opus One organise plus de 150 concerts par an dans ses murs. L’entreprise, basée à Nyon, gère aussi la carrière de nombreux artistes. Pour faire face à la crise, elle a mis ses vingt collaborateurs au chômage technique et obtenu un prêt Covid-19.

Le patron voit par contre d’un bon œil une autre décision prise par les autorités: l’obligation de mise en place de plans de protection dans son secteur d’activité. Il se dit d’ailleurs favorable au port du masque dans les salles de concert. Et le traçage, tout comme le fait d’imposer des places assises, ne posent aucun problème à ses yeux.  

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AGEFI

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