Croissance contenue en Suisse en 2019 et 2020

mercredi, 12.06.2019

La banque genevoise Edmond de Rothschild prévoit une croissance ralentie à 1,5% pour 2019 et 2020 au plan national.

Le PIB suisse devrait progresser "moins vite que son potentiel" en 2019 et en 2020. (Keystone)

La faiblesse de la zone euro et la progression "extrêmement faible" des salaires pèseront sur l'activité économique suisse au cours des prochains trimestres, prévoit Edmond de Rothschild. La banque genevoise anticipe ainsi une croissance ralentie à 1,5% pour 2019 et pour 2020 au plan national, après 2,5% en 2018.

Le marché du travail helvétique est intégré de plus en plus au marché européen. C'est un des facteurs expliquant que les salaires réels en Suisse n'augmentent que de façon très contenue, et cela en dépit d'un chômage très bas, relève la banque dans une étude publiée mercredi.

La quasi-stagnation du pouvoir d'achat des ménages freine la consommation. En outre, les entreprises suisses devraient continuer d'évoluer dans un contexte difficile en raison de la force persistante du franc et de l'atonie de l'activité mondiale (en particulier de la zone euro), relève l'économiste Mathieu Grobéty dans son étude. Les investissements en biens d'équipement vont être freinés, d'autant que l'incertitude politique est appelée à durer.

Les difficiles négociations autour de l'accord institutionnel entre la Suisse et l'UE font peser une menace sur le renouvellement de l'équivalence boursière, par exemple. Au final, le PIB suisse devrait progresser "moins vite que son potentiel" en 2019 et en 2020. La pression sur les prix sera très faible, avec une inflation attendue à 0,5% pour l'année en cours et 0,8% pour 2020.

Edmond de Rothschild table par ailleurs sur le maintien d'un taux directeur de -0,75% par la Banque nationale suisse (BNS) jusqu'à fin 2020.

Au plan mondial, Mathilde Lemoine, chef économiste du groupe Edmond de Rothschild, anticipe une croissance ralentie à 3,3% pour 2019. L'augmentation des droits de douane dans le sillage du litige sino-américain aura un impact grandissant. La croissance est révisée à la baisse, à 1,4% pour la zone euro, 6,4% pour la Chine et 2,7% pour les Etats-Unis.

Cependant, le différentiel de croissance des deux côtés de l'Atlantique devrait se réduire en cours d'année, ce qui contribuera à atténuer le ralentissement global, dans un contexte d'augmentation de la liquidité mondiale. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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