La réouverture des restaurants n’empêchera pas les faillites

mercredi, 29.04.2020

Commentaire. Les restaurants pourront finalement ouvrir dès le 11 mai. Certains restaurateurs ont fait leurs comptes. Et ils ne s’en sortiront pas avec une salle à moitié vide et des pleines charges de personnel. La faillite guette.

Maude Bonvin

La baisse du pouvoir d'achat n'aidera pas les restaurants à sortir de la crise. (Keystone)

Un soulagement pour de nombreux restaurateurs. Leur établissement pourra à nouveau accueillir des clients dès lundi 11 mai. D’autres craignent cette réouverture et auraient préféré rester fermés. C’est qu’il va devoir engager des frais importants pour relancer la machine, dont les charges de personnel.

Aujourd’hui, les professionnels de la restauration reçoivent des allocations pour perte de gain (APG) et ont la possibilité de mettre leurs employés au chômage technique. Avec la reprise, adieu les APG.

Si, dans un premier temps, les clients risquent fort de répondre présents – comme cela a été le cas pour les jardineries et les drive-in des fast-food –, les restaurants ne pourront pas faire salle comble, en raison des mesures de distanciation sociale qui restent en vigueur. Des mesures à maintenir à tout prix pour éviter une propagation du virus plus importante et des restrictions encore plus fortes pour l’économie.

Des barrières au secours des restaurateurs

Certains restaurateurs ont fait leurs comptes. Et ils ne s’en sortiront pas avec une salle à moitié vide et des pleines charges de personnel. C’est précisément en raison de ces frais que plusieurs d’entre eux ont renoncé à proposer un service à l’emporter ou de livraison à domicile. Dans ce contexte, la faillite guette. Pour l’éviter, les établissements auront toutefois la possibilité d’isoler les tables avec un élément de séparation, comme cela se fait déjà dans les commerces ouverts.

A plus long terme, des fermetures sont néanmoins inévitables, avec la baisse du pouvoir d’achat et le recul de la consommation. Pour 2020, le Secrétariat d’Etat à l’économie (SECO) prévoit le plus fort recul du PIB depuis 1975. Et le taux de chômage risque fort d’exploser.

Au plan pratique, les autorités de contrôle auront du pain sur la planche pour surveiller la bonne application des deux mètres de distance entre chaque table. Les contrevenants sont passibles d’amende voire d'emprisonnement pour les cas les plus graves.

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AGEFI

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