Bruxelles et Londres appellent à des progrès rapides

lundi, 20.04.2020

Après une interruption de six semaines, les négociations ont repris entre l'Union européenne et le Royaume-Uni au sujet des relations post-Brexit.

Les deux équipes de négociation, emmenées par le Français Michel Barnier côté européen et son homologue David Frost côté britannique, se sont retrouvées, pandémie oblige, par visioconférence. (Keystone)

L'Union européenne et le Royaume-Uni ont souhaité en choeur lundi des progrès dans les négociations sur leur relation post-Brexit, après une longue interruption pour cause de pandémie du coronavirus. Celle-ci fragilise la perspective d'un accord d'ici fin décembre

Les deux équipes de négociation, emmenées par le Français Michel Barnier côté européen et son homologue David Frost côté britannique, se sont retrouvées par visioconférence peu après 15 heures, après une interruption des discussions de six semaines. A l'issue d'un premier round début mars, les échanges ont été chamboulés par le virus, alors que la date butoir de juin pour évaluer les chances d'un accord se rapproche à grands pas.

La maladie a d'abord touché Michel Barnier, puis David Frost. Sans oublier le Premier ministre britannique, Boris Johnson, aujourd'hui en convalescence après une hospitalisation en soins intensifs. "Nous nous attendons à de nouvelles discussions constructives avec l'objectif de faire des progrès d'ici juin", a commenté un porte-parole du 10 Downing Street.

Ne pas ajouter à l'incertitude

"Nous devons avancer dans tous les domaines: notre objectif est de faire des progrès tangibles d'ici juin", lui a fait écho Michel Barnier dans un tweet. Malgré une conjoncture perturbée par la pandémie, le Royaume-Uni, divorcé de l'UE le 31 janvier, a encore refusé lundi toute prolongation de la période de transition au-delà de fin décembre, ce qui accroît le risque d'un échec pour trouver un cadre à la future relation.

La patronne du FMI, Kristalina Georgieva, a plaidé pour une extension, appelant à ne pas "ajouter" à "l'incertitude" créée par la crise sanitaire. Bien que le pays soit sous la menace d'une récession historique, selon l'organisme public OBR, avec une possible chute du PIB de 13% en 2020, Londres reste sourd à cet appel.

La pandémie s'ajoute à un processus déjà difficile où les deux parties n'ont pu que constater leurs désaccords sur la relation future, à l'issue du premier round de discussions. A commencer par la forme que celle-ci prendrait puisque les Britanniques souhaitent plusieurs accords (relation commerciale, pêche...) alors que l'UE en veut un global, notamment pour peser sur la négociation en avançant sur tous les sujets en même temps.

Conditions de concurrence

Ainsi, pour Bruxelles, il n'y a aura pas de partenariat si le sujet explosif de la pêche, crucial pour plusieurs Etats membres (France, Danemark notamment), n'est pas réglé de façon "équilibrée". Le texte britannique sur la pêche n'était toujours pas transmis aux Européens lundi matin, selon la source européenne.

Autre question litigieuse, celle des conditions de concurrence que l'UE veut "transparentes et équitables" pour empêcher qu'une économie dérégulée ne surgisse à sa porte. De telles conditions supposent le respect de normes communes dans le domaine social, du travail, environnemental, fiscal notamment, ce que Londres refuse au nom "du contrôle de ses propres lois".

Les équipes de négociation continueront leurs échanges cette semaine avant un point de presse vendredi de Michel Barnier, à l'issue de cette deuxième séquence. Les autres séances de négociations auront lieu en mai puis début juin. (ats)





 
 
 
 

AGEFI

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