Un caractère nucléaire pour l'explosion sur une base militaire russe

dimanche, 11.08.2019

Après deux jours de silence, la Russie a reconnu samedi que l'explosion survenue jeudi sur une base de tir de missiles dans le Grand Nord avait un caractère nucléaire

L'accident a touché une base du village de Nionoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques. (Keystone)

Le bilan de l'explosion survenue jeudi sur une base de tir de missiles dans le Grand Nord a été revu à la hausse avec désormais au moins cinq morts.

Dans un communiqué, l'agence nucléaire russe Rosatom a annoncé que cinq membres de son personnel avaient été tués dans cette explosion, ajoutant que trois autres personnes, victimes de brûlures, avaient été blessées.

Rosatom a précisé que les membres de son personnel fournissaient de l'ingénierie et du support technique pour "la source d'énergie isotopique" du moteur du missile, alors que l'armée n'avait pas décrit l'accident comme impliquant du combustible nucléaire.

Dans un communiqué cité par les médias russes, Rosatom a plus tard précisé que le drame s'est déroulé sur une "plate-forme maritime" et que l'explosion a jeté plusieurs employés à la mer. "Les recherches ont continué tant qu'il restait de l'espoir de les retrouver vivants. Seulement après ça, nous avons fait état de la mort des cinq collaborateurs de Rosatom", selon ce communiqué.

Brève hausse de la radioactivité

Immédiatement après l'accident, le ministère de la Défense avait seulement déclaré que les faits s'étaient produits lors de l'essai d'un "moteur-fusée à ergols liquides" et fait état de deux "spécialistes morts des suites de leurs blessures" et de six autres blessés. On ignorait samedi si les cinq morts évoqués par Rosatom incluaient aussi les deux "spécialistes" évoqués par l'armée.

L'accident a touché une base du village de Nionoksa, ouverte en 1954 et spécialisée dans les essais de missiles de la flotte russe, notamment des missiles balistiques.

Si l'armée russe et un porte-parole du gouverneur régional ont dit jeudi qu'il "n'y a pas eu de contamination radioactive", la mairie de Severodvinsk, une ville de 190'000 habitants à une trentaine de kilomètres de la base, avait assuré que ses capteurs avaient "enregistré une brève hausse de la radioactivité".

La publication a ensuite été retirée du site internet de la mairie, qui n'a pas non plus précisé jusqu'à quel niveau la radioactivité avait augmenté. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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