5G: les USA interviennent à Berne au sujet de Huawei

lundi, 18.03.2019

Le DFAE a eu "un échange de vues" avec les Etats-Unis au sujet du groupe chinois Huawei, soupçonné d'espionnage, et son implication dans la 5G.

Washington craint que Huawei puisse être contraint par le gouvernement chinois à collaborer à des activités d'espionnage. (Keystone)

Les Etats-Unis sont intervenus auprès de Berne en raison de la construction du réseau de téléphonie mobile 5G avec la technologie du groupe chinois Huawei, soupçonné d'espionnage et de proximité avec le gouvernement chinois. Le DFAE évoque un "échange de vues".

Le Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) a confirmé à Keystone-ATS ces informations de la SonntagsZeitung. Il y a effectivement eu "un échange de vues sur ce sujet au niveau diplomatique", notamment avec l'ambassade américaine à Berne.

Washington craint que Huawei puisse être contraint par le gouvernement chinois à collaborer à des activités d'espionnage. L'entreprise réfute ces reproches.

En Suisse, tant Swisscom que Sunrise ont d'ores et déjà indiqué n'avoir aucun indice allant dans ce sens. Ils entendent s'en tenir à Huawei comme fournisseur de divers composants. L'entreprise chinoise livre au géant bleu des éléments pour son réseau fixe, tandis que Sunrise mise sur Huawei pour la 5G. Salt continue à faire confiance à Nokia.

Les Etats-Unis invitent la Suisse à faire preuve de prudence. Il s'agit selon eux d'une démarche de routine auprès des pays "alliés et amis, écrit l'ambassade des Etats-Unis à Berne.

Le Conseil fédéral attentif

Pierre-Alain Eltschinger, porte-parole du DFAE, précise que le Conseil fédéral est tout à fait conscient de la situation, et que dans ce domaine, on doit toujours partir du principe qu'un accès non autorisé est du domaine du possible, indépendamment de la provenance de la technologie.

Le DFAE ajoute qu'il est de la responsabilité des entreprises d'assurer la sécurité de leurs infrastructures. L'Etat n'a pas d'influence directe sur le choix des fournisseurs étrangers. Les départements concernés entendent cependant suivre cette problématique autour de Huawei avec attention.

La semaine dernière, le secrétaire général de l'OTAN Jens Stoltenberg a exhorté les alliés à prendre au sérieux les risques que fait courir Huawei à la sécurité des futurs réseaux de communications mobiles de cinquième génération. Les 29 pays membres de l'Alliance ont engagé des consultations sur Huawei, considéré par le gouvernement américain comme une menace pour l'Europe.

Les Etats-Unis et plusieurs autres pays occidentaux ont exclu Huawei des appels d'offres pour la mise en place de réseaux ultra-rapides de 5G. La chancelière allemande Angela Merkel a annoncé l'intention de Berlin de consulter Washington à ce sujet. (awp)





 
 
 
 

AGEFI

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