L'Europe se prépare à la hausse des droits de douanes américains

vendredi, 18.10.2019

Une nouvelle vague de hausse de droits de douanes américains est attendue par les Européens ce vendredi.

Les vins européens sont notamment dans le collimateur de Trump, avec une taxe de 25% sur ces boissons. (Keystone)

Avions, vins français, fromages italiens, whiskys écossais: les Européens se préparent vendredi à une nouvelle vague de hausses des droits de douane américains sur tout un éventail de marchandises, avec en perspective un durcissement des tensions commerciales transatlantiques.

Cette nouvelle offensive du président américain Donald Trump survient alors que Washington s'enlise dans une guerre commerciale majeure avec la Chine, qui risque de déstabiliser l'économie mondiale.

Mercredi, l'impétueux dirigeant s'en est encore une fois pris aux Européens, qui se comportent selon lui de façon injuste en érigeant des "barrières énormes" contre les importations américaines dans l'UE.

Il n'a toutefois pas fermé la porte à un accord entre les deux parties qui permettrait de mettre un terme au conflit.

Selon le registre fédéral américain, les hausses des droits de douane entraient en vigueur à 4h01 GMT vendredi, quatre jours après le feu vert définitif de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Washington d'imposer des sanctions contre l'UE, en représailles aux subventions accordées à l'avionneur européen Airbus.

"L'UE prête à riposter"

Dans la ligne de mire des Américains: les avions du constructeur Airbus, fabriqués essentiellement dans les usines du Royaume-Uni, de la France, d'Espagne et d'Allemagne, qui coûteront dorénavant 10% de plus quand ils seront importés aux Etats-Unis.

Mais les vins européens sont également dans le collimateur de Trump, avec une taxe de 25% sur ces boissons.

De Washington, où il participe aux réunions annuelles du FMI, le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, a lancé un avertissement à l'administration Trump juste avant l'entrée en vigueur de ces tarifs.

"Ces décisions auraient des conséquences négatives aussi bien du point de vue économique que politique", a-t-il prévenu. "L'UE est prête à riposter".

Une rencontre entre M. Le Maire et Robert Lighthizer, le représentant américain au Commerce (USTR) et négociateur en chef pour les Etats-Unis, est prévue vendredi à Washington.

Depuis longtemps, les Européens plaident pour une négociation plutôt qu'une guerre commerciale. D'autant plus qu'ils seront très probablement eux-mêmes autorisés par l'OMC l'an prochain à imposer des sanctions douanières contre les Etats-Unis pour les punir... d'avoir subventionné Boeing.

Ils craignent avant tout que Trump continue sur sa lancée et impose mi-novembre des droits de douanes plus élevés sur les voitures européennes. Ce qui affecterait particulièrement le secteur automobile allemand, déjà à la peine, même si Volkswagen ou BMW fabriquent également leurs véhicules aux Etats-Unis.

Politique résolument protectionniste

M. Trump se plaint de difficultés américaines pour vendre les produits américains, notamment leurs voitures, en Europe, alors que les Européens peuvent facilement vendre les leurs sur le territoire américain.

Le conflit des deux avionneurs Airbus et Boeing n'est que l'un des nombreux problèmes qui ont alimenté les tensions transatlantiques et qui ont rapidement dégénéré avec l'entrée en fonction de Donald Trump en 2017.

Adoptant une politique résolument protectionniste, le dirigeant américain a déjà imposé des droits de douanes plus élevés sur l'acier et l'aluminium en provenance de l'UE et d'autres pays alliés, tout en laissant planer la menace de faire de même avec les voitures.

En juillet 2018, M. Trump et le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, avaient convenu une sorte de trêve à Washington, promettant de mener des négociations qui n'ont jusqu'ici abouti à rien.

La bataille juridique entre Airbus et Boeing devant l'OMC remonte à 2004, quand Washington a accusé le Royaume-Uni, la France, l'Allemagne et l'Espagne d'accorder des subventions illégales pour soutenir la production d'avions Airbus.

Un an plus tard, ce fut au tour de l'UE d'accuser Boeing d'avoir obtenu 19,1 milliards de dollars de subventions illégales entre 1989 et 2006 de la part du gouvernement américain.

S'en est suivie une bataille juridique interminable, chaque partie faisant une série d'appels et contre-appels. (awp)





 
 



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