Une approche managériale innovante pour 2019

jeudi, 10.01.2019

Claudine Amstein*

Claudine Amstein

A l’heure de la digitalisation triomphante, les nouvelles méthodes de management prônant une hiérarchie davantage horizontale séduisent toujours plus de chefs d’entreprises. Faire le tri entre les concepts du passé et ceux du futur s’avère profitable.

Nul besoin d’être grand clerc pour prédire que 2019 sera elle aussi placée sous le signe de la digitalisation. L’industrie 4.0, dans laquelle la numérisation, l’intelligence artificielle et les datas jouent déjà un rôle fondamental, bouleverse les schémas usuels et les idées reçues. Ce nouveau paradigme rend le management du siècle passé largement dépassé, même s’il faut se garder de reléguer aux oubliettes les éléments qui gardent du sens. L’abondante littérature sur les nouvelles méthodes managériales que l’on trouve dans les librairies et, a fortiori, sur les sites de vente en ligne, porte aux nues les entreprises qui prônent une organisation hiérarchique plus plate. A l’image de l’holacratie, mode de gouvernance horizontale.

Avec l’arrivée graduelle sur le marché du travail des générations Y et Z, qui se montrent plutôt méfiantes à l’égard des structures très hiérarchisées, les entreprises se doivent de proposer une relative autonomie afin de favoriser, chez ces collaborateurs au regard frais, la créativité et l’interaction qui permettront à ces derniers de solutionner des problèmes toujours plus complexes. Car que demandent les employés, en particulier les plus jeunes? Deux choses. Du sens, tout d’abord: ils veulent savoir pourquoi ils travaillent, et non travailler pour travailler. Puis, dans leur immense majorité, ils réclament davantage d’autonomie. De nombreux d’experts estiment que ce n’est pas seulement une question de bien-être pour les salariés, mais aussi d’efficacité pour les entreprises.

Il n’est bien sûr pas évident, pour les organes dirigeants, de lâcher des parcelles de pouvoir. C’est pourtant, selon les approches managériales du moment, un passage obligé pour réussir le saut vertigineux de la digitalisation. Mais ne nous leurrons pas: la recette miracle n’existe pas. Les soucis inhérents à l’entreprise ne vont pas disparaître comme par magie et l’épanouissement ne sera pas forcément au bout du chemin pour le personnel. Jean-Marc Wismer, COO de MindMaze, start-up lausannoise active dans les neurosciences, confiait récemment que «c’est le partage de cette vision et des valeurs de la société, la compréhension de chacun quant à sa contribution à la réalisation de cette vision, ainsi que le succès des affaires et de ce projet commun qui font que les gens sont heureux.»

L’essayiste français Nicolas Bouzou ne croit guère aux vertus de l’holacratie dans l’ouvrage «Comédie (in)humaine», qu’il cosigne avec Julia de Funès. Une entreprise reste à ses yeux une structure verticale, et comprend une hiérarchie avec des dirigeants, des managers et des collaborateurs. Ce qui ne l’empêche pas de prôner une plus grande autonomie des employés.

Il s’agit donc de conserver ce qui fonctionne et d’envisager différemment ce qui doit l’être pour assurer l’avenir, et d’expliquer la démarche à tous les échelons de l’entreprise pour faire passer le message du changement. C’est alors que verticalité et horizontalité rencontreront mécaniquement leur point d’équilibre.

* Directrice de la Chambre vaudoise du commerce et de l'industrie





 
 

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