Toyota et SoftBank Group vont soutenir Uber

vendredi, 19.04.2019

Un milliard de dollars, c'est le soutien de Toyota et SoftBank Group à Uber qui s'apprête à entrer en bourse.

Toyota et SoftBank Group veulent ainsi "accélérer le développement et la commercialisation de services partagés de conduite autonome". (Keystone)

Le groupe américain Uber va recevoir un apport de fonds conséquent de la part des géants japonais Toyota et SoftBank Group, via le fonds SoftBank Vision Fund (SVF), au moment où il prépare une entrée en Bourse.

Le constructeur d'automobiles Toyota, associé à l'équipementier Denso, va investir 667 millions de dollars et SVF 333 millions de dollars, une transaction qui sera effective au troisième trimestre 2019, selon un communiqué publié vendredi. L'objectif affiché est d'"accélérer le développement et la commercialisation de services partagés de conduite autonome".

Les deux entités renforcent ainsi leur participation dans Uber, signe de confiance pour la compagnie malgré ses déconvenues. Elle avait dû interrompre ses essais plusieurs mois l'an dernier, après un accident mortel en mars 2018, quand une voiture sans chauffeur avait mortellement percuté une piétonne.

Outre l'investissement annoncé ce vendredi dans la division autonome d'Uber (Uber ATG), Toyota déboursera 300 millions de dollars de plus sur les trois prochaines années. Le constructeur nippon avait déjà investi 500 millions de dollars en août 2018, tandis que SoftBank Group est déjà le premier actionnaire du groupe américain à hauteur de 16%.

Le Graal de la voiture autonome

Le PDG d'Uber, Dara Khosrowshahi, qui avait été nommé en 2017 pour succéder au fondateur Travis Kalanick, poussé vers la sortie après une série de scandales, a salué cet investissement et "ce fort partenariat avec Toyota".

"Le développement des technologies de conduite autonome va transformer les transports tels que nous les connaissons, rendant nos rues plus sûres et nos cités plus agréables à vivre", a-t-il jugé.

Les annonces se multiplient dans ce domaine en ébullition, vu comme l'avenir des transports, même si les constructeurs sont désormais plus prudents, se voyant contraints de repousser les produits spectaculaires initialement annoncés pour 2020 face à la complexité et au coût des technologies.

Toyota, qui avait tardé à prendre le virage, a mis les bouchées doubles en s'alliant avec Uber. Il a aussi créé avec SoftBank une co-entreprise baptisée Monet Technologies pour développer des services de mobilité et sans chauffeur, et pousser les autorités japonaises à lever les nombreuses contraintes réglementaires qui freinent les tests sur les routes publiques. Honda s'est joint à cette initiative fin mars.

Dans une industrie en pleine mutation, les constructeurs traditionnels redoutent la concurrence des géants technologiques, en premier lieu de Google qui a pris de l'avance avec sa start-up américaine Waymo (Google). Ses automobiles dépourvues de conducteur ont déjà avalé des millions de kilomètres sur les routes américaines, et elle a annoncé en janvier un projet pour ouvrir sa propre usine de production.

100 milliards de dollars

Pour Uber, cet apport de fonds japonais arrive à point nommé. Le groupe vient de déposer son dossier pour entrer en Bourse auprès du gendarme américain des marchés, la SEC, mais sans encore préciser ses ambitions en termes de levée d'argent frais ni la date de sa première cotation.

Selon des sources bancaires, Uber vise une capitalisation --la valeur totale de l'entreprise en Bourse calculée en multipliant le prix de l'action par le nombre de titres en circulation-- proche de 100 milliards de dollars. Ces sources évoquent également une entrée en Bourse qui pourrait intervenir en mai.

Depuis son arrivée, M. Khosrowshahi s'efforce de redorer le blason d'Uber et d'assainir les finances du groupe, dans le rouge opérationnellement en 2018. Présent dans quelque 65 pays, il fait toujours face à de gros défis, contesté, souvent en justice par les taxis traditionnels ou poursuivi par des chauffeurs.

L'entreprise ne s'arrête pas au transport à deux ou quatre roues et s'est diversifiée, en particulier dans la livraison de plats à domicile avec Uber Eats. Elle a aussi lancé Uber Freight, qui veut révolutionner la logistique et le transport routier comme Uber a révolutionné le transport individuel.

A la Bourse de Tokyo, les investisseurs réagissaient peu à l'annonce: Toyota cédait 0,53% en fin de matinée, et SoftBank Group prenait 0,39% à 11.580 yens, dans un marché en hausse. (awp)





 
 

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