Wall Street tangue au rythme de la politique

samedi, 19.08.2017

Toute la semaine ballotée au gré de la politique américaine, Wall Street espère obtenir des éclaircissements des responsables des banques centrales réunis à Jackson Hole sur leur politique monétaire.

Sur une semaine, le Dow Jones Industrial Average a perdu 0,84%.

Sur une semaine, le Dow Jones Industrial Average a perdu 0,84% pour terminer à 21.674,51 points.

Le Nasdaq, à forte coloration technologique, a cédé 0,64% à 6.216,53 points.

L'indice élargi S&P 500 a perdu 0,65% à 2.425,55 points.

"Il y a d'abord le vacarme. Ce sont les déclarations de Donald Trump qui, étant intempestives, commencent à faire bouger les marchés, ce qui est un phénomène relativement récent", a mis en avant Gregori Volokhine de Meeschaert.

Le fossé s'est creusé cette semaine entre les milieux d'affaires et le président américain. Après les déclarations de ce dernier sur les violences à Charlottesville en Virginie, plusieurs grands patrons ont démissionné de leurs fonctions au sein de conseils économiques, ce qui a provoqué in fine leur dissolution.

Puis jeudi, des rumeurs de propagation de ce mouvement de fronde au conseiller économique en chef à la Maison Blanche, Gary Cohn, ont fait fortement reculer le marché.

"Le gros de la baisse est venu de la peur que le conseiller économique le plus rationnel de l'administration soit sur le point de démissionner", a expliqué Chris Low de FTN Financial.

En toute fin de semaine, cette perspective a semblé s'éloigner donnant un peu de répit à la Bourse mais "l'agenda économique de Donald Trump s'éloigne de plus en plus", a regretté Tom Cahill de Ventura Wealth Management.

"Il est aussi tout à fait possible que la Bourse était mûre pour une correction et avait juste besoin d'une excuse", a avancé Karl Haeling de LBBW. "On a d'abord eu une excuse avec la Corée du Nord et maintenant on a une nouvelle excuse".

Les soubresauts du marché ont pu être accentués par le plus faible nombre d'acteurs du marché en cette période estivale mais la plupart des analystes pointaient surtout du doigt l'importance du phénomène cumulatif.

"Quand ce type d'affaire est étalé dans le temps, le marché peut les assimiler mais quand on enchaîne une nouvelle après l'autre cela commence à avoir un effet négatif sur le marché", a ainsi expliqué Tom Cahill.

- Bons résultats, réaction timorée -

Dans ce contexte, la publication de très bons chiffres sur les ventes de détail en début de semaine n'a pas été en mesure d'apporter un soutien conséquent au marché.

Dans le même veine, le ton plutôt moins enclin au resserrement monétaire que prévu imprimé par la lecture des comptes-rendus respectifs des dernières réunions de la Réserve fédérale américaine (Fed) et de la Banque centrale européenne (BCE) a vite été relégué au second rang.

"Le principal événement la semaine prochaine sera le sommet de Jackson Hole dans le Wyoming avec les banquiers centraux", a toutefois estimé Tom Cahill. Les discours du président de la BCE, Mario Draghi, et de son homologue de la Fed, Janet Yellen, sont particulièrement attendus vendredi.

"Il y a aussi l'inquiétude des investisseurs face au fait que les résultats des entreprises ne suffisent pas à faire monter le marché même quand ils sont excellents", a ajouté Gregori Volokhine.

Ainsi, les entreprises du S&P 500 ayant affiché un bénéfice trimestriel supérieur aux attentes ont vu leur action baisser en moyenne de 0,3% sur une période de quatre jours entourant la publication de leurs résultats, deux jours avant et deux jours, ce qui est beaucoup moins bien que la hausse moyenne de 1,4% constatée sur les cinq dernières années, selon une étude de FactSet.

Toujours selon le fournisseur de données financières, il faut remonter à 2012 pour voir le marché faire autant la fine bouche face à de bons chiffres.

"Si les résultats des entreprises ne suffisent pas à faire monter le marché même quand ils sont excellents, d'où va provenir le relais de croissance pour ce marché en hausse", s'est interrogé Gregori Volokhine avant d'ajouter: "Car plus les jours passent, moins on a l'impression que l'on peut attendre de miracle du côté de Washington". (awp)


 

 


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