Travaux CFF: les entreprises jouent la carte de la flexibilité

vendredi, 20.07.2018

Télétravail, horaires adaptés et plans B, les entreprises se montrent créatives face aux travaux CFF entre Lausanne et Puidoux.

Maude Bonvin

François Furer. A La Poste, peu de collaborateurs sont touchés par les travaux, selon le porte-parole.

Les travaux sur la ligne CFF entre Lausanne et Puidoux mettent les nerfs des pendulaires à rude épreuve. Face aux temps de trajet rallongés, la plupart des sociétés se montrent toutefois conciliantes. Si elles n’ont pas mis en place de règles précises pour les employés concernés, elles permettent des aménagements d’horaires au cas par cas et favorisent le travail à domicile. A La Poste par exemple, «les employés touchés se mettent directement d’accord avec leur supérieur quant aux solutions à apporter, même si ce problème temporaire concerne peu de collaborateurs», déclare François Furer, porte-parole du géant jaune.

Les salariés de l’assureur Vaudoise qui effectuent des trajets réguliers entre Lausanne et Puidoux peuvent adapter leurs heures de travail, effectuer des journées en télétravail ou œuvrer dans une agence proche de leur domicile. Même son de cloche auprès de Swisscom, très impacté avec des bureaux à Berne et à Lausanne, qui indique que ses employés peuvent travailler dans le train et s'arranger avec leur supérieur pour du home office. Les travailleurs ont encore la possibilité de se rendre dans un autre bâtiment de l’opérateur à proximité du lieu où ils vivent.

Les CFF montrent l’exemple

Du côté du principal concerné, les CFF n’ont pas modifié leurs habitudes. Il faut dire qu’à l’instar d’UBS, l’ex régie fédérale promeut le télétravail depuis longtemps là où il est possible. Elle mise aussi sur des horaires flexibles pour que ses salariés évitent les heures de pointe, ce qui permet de désengorger le trafic pendulaire.

Alpiq, le numéro un suisse de l’énergie basé à Lausanne et à Olten, n’a procédé à aucun ajustement. «Certains employés travaillent toutefois à domicile de temps à autre», précise Sabine Labonte, porte-parole.  Quant à Coop, il ne pratique pas le télétravail. Auprès de son concurrent Migros, chaque coopérative s’organise de manière autonome. Migros Vaud explique ne pas avoir procédé à des aménagements d’horaire particuliers, n’ayant pas reçu de demandes en ce sens.

Travail à domicile en progression

De manière générale, le homeworking gagne du terrain auprès des sociétés interrogées. A La Poste, près de la moitié des collaborateurs ont la possibilité d’effectuer du télétravail. «Et 60% d’entre eux l’utilisent régulièrement. Ils le font, la plupart du temps, à domicile et plus rarement ailleurs», note François Furer. Chez La Mobilière où quasiment l’ensemble du personnel peut travailler à la maison, le nombre de homeworkers est en hausse. Il en va de même auprès de Vaudoise où environ 40% des salariés pratiquent le travail à la maison de façon très régulière ou plus ponctuelle. Chez Salt, 400 collaborateurs sur environ 900 profitent de cette possibilité offerte depuis de nombreuses années.

Auprès des CFF, le télétravail est garanti par la Convention collective de travail (CCT) et s’applique à l’ensemble des collaborateurs autonomes dans la gestion du temps de travail. Un bon tiers des employés, soit 12.000 personnes, ont ainsi la possibilité de profiter de ce dispositif. Et environ 5000 collaborateurs y ont recours sur une base régulière. Du côté de Swisscom, sur les quelque 17.000 employés de Suisse, plusieurs milliers travaillent depuis leur logement. Selon un sondage réalisé par la Haute école spécialisée du Nord-Ouest, un quart des personnes actives en Suisse fait régulièrement du télétravail.

Pas tous logés à la même enseigne

Les restrictions en matière de home office varient toutefois d’un groupe à l’autre. A ce sujet, La Mobilière se montre la plus favorable. «Il n’y a pas de limite, potentiellement cela peut être fait tous les jours de la semaine», indique Kim Allemann, porte-parole. En règle générale, Salt accorde un jour par semaine dans le cadre d’un poste à 100%. Auprès de Vaudoise, «la durée du travail effectuée à domicile est validée au cas par cas par le supérieur hiérarchique ainsi que par le Département des ressources humaines», confie Karim Abdelatif, Chef du Département Ressources Humaines.

Chez Migros Vaud comme chez Migros Genève, le homeworking ne doit pas dépasser 20% du taux d’activité, ceci afin de préserver la collaboration entre les différents membres des équipes. Swisscom n’a pas de règle précise, mais recommande, en principe, pas plus de un à deux jours de bureau à domicile par semaine.





 
 



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