Le fonds Akiden Ventures investit 5 millions dans les pépites suisses

mardi, 22.05.2018

Steve Savioz conçoit le financement de start-up digitales main dans la main avec les dirigeants fondateurs. Il investit dans 1 à 2 projets par an.

Elsa Floret

Steve Savioz est le fondateur d'Akiden Ventures.

De sa vie de jeune entrepreneur, Steve Savioz tisse un fil rouge dont le digital est la matière première. De la technologie intégrée dans les sites de rencontres (Swissfriends, fondé en 2001), il en garde le procédé de monétisation d’audience.

De l’ère Virtua, agence de communication digitale phare - qu’il a cofondé au début des années 2000, puis dirigé, avant de vendre ses parts à ses trois ex associés, il y a 3 ans - il a conservé Euranka, spin-off spécialisée dans la R&D marketing et le trafic sur site.

Son projet d’accélérateur de start-up digitales - datant de l’ère Virtua - s’est mué en un fonds de capital-risque Akiden, lançé en 2016, qui a investi early stage dans 3 start-up bien connues des lecteurs assidus de L’Agefi: Hosco, Batmaid et neho (lire l’encadré ci-dessous).

L’ensemble des activités de Steve Savioz mobilise une vingtaine de collaborateurs, dont une dizaine à Lausanne et une dizaine à Barcelone. Entretien avec un entrepreneur, qui veut prendre son temps. Comme un millénial.

Quelle est la particularité d’Akiden, votre fonds d’investissement sélectionnant exclusivement des start-up digitales en Suisse?

Le premier fonds d’Akiden est pourvu d’un capital de 5 millions de francs, qui sera investi dans 8 à 10 start-up d’ici 2020. Ce sont une à deux nouvelles start-up accompagnées chaque année. A ce montant de départ, j’associe toujours un investissement en temps, sur des sujets tant opérationnels que stratégiques. Avec une volonté affichée d’accompagner les entrepreneurs en profondeur. A mon sens, cette formule a fait ses preuves dans la construction de projets solides pour ces start-up. Une telle proximité avec les boîtes est la bonne formule pour moi. A ma connaissance, il n’existe pas d’autres fonds d’investissement similaires en Suisse.

Quels sont vos critères de sélection de ces start-up et d’où proviennent les dossiers?

Nos critères sont stricts. La start-up doit prouver son modèle en réalisant du chiffre d’affaires, même si celui-ci est encore anodin. Le modèle doit pouvoir être élargi et générer une forte croissance. Nous cherchons des entrepreneurs, qui débordent d’ambition. La start-up doit être en recherche de fonds ou prête à ouvrir son capital. La start-up se situera de préférence en Suisse Romande, mais devra viser l’international.
Je fais partie du jury de VentureKick où je rencontre de nombreuses start-up et pour le reste, beaucoup de bouche à oreilles.

Quel est votre avis sur le manque de capital-risque en Suisse?

Il existe certes un certain nombre de fonds, de compétences, de connaissances en Suisse. Je pense ici à des acteurs comme Innosuisse, VentureLab, BAS, SICTIC, qui font un excellent job. Mais il faut du temps pour accompagner les dirigeants de start-up et apporter ce complément dont ils ont besoin. J’attribue le retard de la Suisse, en matière digitale, au manque d'épaisseur dans la structure de l'écosystème, mais ça progresse!

Quels sont les futurs projets d’Akiden?

En parallèle de ses investissements, ma société Akiden démarre ses propres projets. Des idées originales qu’elle initie et confie à des entrepreneurs ambitieux, avec qui elle s’associe dans le cadre de la création d’une nouvelle start-up. Nous faisons appel au talent et à la persévérance de tout  entrepreneur du digital, qui n’aurait pas encore défini complètement ou alors qu’il ne voudrait pas démarrer seul. Je mets à disposition de ces entrepreneurs l’expertise de mes collaborateurs d’Euranka, à prix coûtant. Cette formule est win-win pour tous. Chez nous, 1+1 est égal à 5!

Quelle est l’activité d’Euranka, spin-off de Virtua, que vous avez racheté lors de vos ventes de parts à vos 3 ex associés en mai 2015?

Euranka est une société de monétisation d’audience possédant des bureaux à Morges et à Barcelone. Elle fait de la recherche et développement marketing. A travers le développement puis le marketing de ses propres sites, Euranka rassemble des audiences segmentées et génère ainsi des leads extrêmement qualifiés pour ses clients. Initiée à l'époque de Virtua, Euranka est le binôme idéal pour Akiden Ventures. Grâce à la proximité de ces deux sociétés et au transfert de compétences qui en découle, les sociétés accompagnées par Akiden Ventures bénéficient de toute la R&D d’Euranka, ce qui contribue à accélérer leur croissance. Raphael Garcia, associé et CEO, dirige aujourd’hui Euranka. Grâce au développement de techniques marketing avancées, Euranka est en outre une école du digital pour ses plus jeunes collaborateurs.
 

Des exemples de start-up composant le portefeuille d’investissement d’Akiden

Akiden est investi dans Hosco, plateforme de mise en relation d’étudiants et alumni des meilleures écoles hôtelières, avec le monde professionnel de l’hospitalité. Avec une trentaine de collaborateurs, des bureaux à Genève, Barcelone et Dubai, Hosco est en plein développement. Steve Savioz figure au conseil d’administration d’Hosco.

Akiden est investi dans Batmaid, plateforme de réservation d’agents de ménage. Lancée en avril 2015 avec pour objectif de lutter contre le travail au noir, Batmaid a su rapidement créer les conditions lui permettant de jouir d’une croissance accélérée, et ainsi devenir aujourd’hui un leader dans le domaine.

Akiden est investi dans neho, qui disrupte le marché de l’immobilier en s’attaquant aux marges des courtiers. En digitalisant les processus, neho divise par 4 le prix moyen facturé pour la vente d’une maison.
 





 
 

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