De moins en moins de contrôleurs dans les trains

jeudi, 17.10.2019

Situation tendue chez les contrôleurs qui voient leurs effectifs se réduire depuis plusieurs années.

La suppression du principe des deux agents est un problème pour le syndicat du personnel des transports SEV. (Keystone)

Le nombre de contrôleurs dans les trains CFF n'a cessé de baisser au cours des dernières années, malgré la hausse constante des voyageurs. Le syndicat du personnel des transports SEV déplore cette évolution.

La situation tendue chez les conducteurs de trains a fait les gros titres ces derniers jours. Samedi, les CFF interrompaient le trafic ferroviaire entre Soleure et la région de Bâle à cause du manque de conducteurs. Ce problème d'effectifs ne se cantonne pas à la locomotive et touche aussi les contrôleurs, dont le nombre est en constant recul, selon les informations obtenues par Keystone-ATS.

Entre 2014 et 2018, l'équivalent plein-temps, qui désigne le total des relations de travail converties en postes à temps plein, a diminué de 7%. Autrement dit, en chiffres absolus, le secteur contrôleurs des CFF a perdu 154 postes à 100% en quatre ans. L'an dernier, on ne comptait plus que 1977 emplois, contre 2131 en 2014.

À l'inverse des passagers

La baisse du nombre d'agents CFF dans les trains contraste avec l'augmentation toujours plus forte du nombre de passagers. Selon les chiffres de l'ex-régie fédérale, le volume voyageurs a crû de plus de 25 millions entre 2014 et 2018 pour atteindre plus de 455,85 millions de passagers.

Les CFF ont aussi abandonné fin 2018 un principe vieux de dix ans, celui de la double dotation en personnel. Des duos d'agents parcouraient jusqu'alors tous les trains longue distance pour contrôler les billets et fournir des renseignements sur l'exploitation ferroviaire. Depuis le changement d'horaire de fin 2018, cette loi ne s'applique plus.

Un contrôleur pour 400 âmes

La suppression du principe des deux agents est un problème pour le syndicat du personnel des transports SEV. "On compte jusqu'à 400 passagers par jour sur la ligne Intercity 2 entre la gare centrale de Zurich et Lugano, et un seul contrôleur" pour tous ces voyageurs, illustre Angelo Stroppini, secrétaire syndical du SEV.

Selon son collègue Jürg Hurni, il faut de toute urgence repenser le système et engager davantage de personnel pour que les trains puissent à nouveau circuler ponctuellement et en toute sécurité.

Karin Blättler, présidente de l'organisation de défense des intérêts des usagers Pro Bahn, partage cette vision: "les dernières années ont été marquées par des programmes de réduction des coûts et des effectifs sur le front", note-t-elle. Le sentiment de sécurité des passagers en a souffert. En cas d'incident, surtout, "l'agent de train informe les voyageurs, est leur interlocuteur direct".

Vers plus de personnel

De leur côté, les CFF renvoient au nouveau descriptif des tâches des contrôleurs: "il a beaucoup changé, notamment à l'aune de la numérisation. Aujourd'hui, les contrôleurs font figure de préposés à la clientèle et sont déployés là où le plus grand bénéfice clients peut être obtenu". Par exemple, dans les gares ou sur les quais.

La compagnie ferroviaire ne souhaite pas revenir au principe de la double dotation en personnel: "nous sommes convaincus de notre nouveau concept d'engagement flexible", rétorque un porte-parole des CFF à la critique du syndicat. Le système des duos était très rigide et ne répondait pas aux besoins de la clientèle. Indépendamment de cela, l'effectif des contrôleurs devrait être à nouveau porté à environ 2000 équivalents plein-temps d'ici la fin de 2022.

Jürg Hurni ne croit pas à ces affirmations: "la double dotation en personnel a très bien répondu à un besoin de la clientèle", selon lui. Sans compter que les CFF ont également réduit leurs effectifs dans les gares et sur les quais. "C'est pourquoi ils doivent maintenant y déployer des agents de train, qui manqueront à nouveau dans les convois", ajoute le secrétaire du SEV. (ats)





 
 



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