«Un drone suisse est un drone fiable, qui amène une solution concrète»

dimanche, 20.05.2018

Nicolas Bideau explique le choix de Présence Suisse de mettre l’accent sur les drones.

Fathi Derder

Nicolas Bideau. «La Suisse peut s’imposer dans les drones professionnels.»

Présence Suisse a choisi de mettre l’accent sur les drones pour «vendre» la Suisse à l’étranger, pourquoi ce choix?

Notre mission est de promouvoir l’image de la Suisse et de diversifier sa perception, notamment dans le secteur de l’innovation. La Suisse est très forte en recherche fondamentale et en brevets, mais notre brain finit trop souvent dans des voitures allemandes ou des smartphones américains. Nous avons peu de produits industriels qui incarnent notre technologie.

L’écosystème suisse des drones est une réelle opportunité pour incarner la tech suisse en terme de communication. Nous pouvons par ce biais parler des hautes écoles, des entreprises, du rôle de l’Etat ou de la promotion des investissements en Suisse. Le drone est un objet concret, immédiatement associé par le public à de la haute technologie.

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La Suisse peut-elle vraiment se différencier dans ce domaine très concurrentiel? Comment résumer la Swiss Touch dans les drones?

La diversité de l’écosystème. La Suisse est active à 360° dans le domaine. Nos chercheurs et entrepreneurs produisent aussi bien des drones que des senseurs, des moteurs, des applications ou des conseils à la banque mondiale! Très peu de pays ont cette capacité, nous sommes parmi les leaders mondiaux. Pas dans le drone de loisir, où la question du prix domine et dans lequel la Suisse peut difficilement s’imposer, mais dans les drones professionnels, où la stabilité et la qualité de la recherche sont prépondérants, où l’effet du Swiss Made est une grosse valeur ajoutée. Un drone suisse est dès lors un drone fiable qui amène une solution concrète à un défi existant, en utilisant les dernières technologies et en étant capable de les intégrer.

Vous le disiez, nous sommes bons dans les drones professionnels. Un secteur est-il plus spécifiquement «helvétique»? Les drones ludiques, agronomiques, humanitaires, sécuritaires?

Tous les thèmes que vous citez peuvent être portés par cette campagne et nous souhaitons communiquer de la manière la plus large possible à ce sujet, pour montrer le potentiel de la branche, en Suisse comme à l’étranger. Nous sentons qu’en terme de public les drones qui ont des applications concrètes pour les domaines de l’humanitaires et du développement durable, notamment, recevront un accueil positif. La dimension «tech for good» est porteuse.

En quoi consiste la campagne? Quelles seront les principales étapes?

Nous la lançons en mai à Paris, avec en premier lieu la volonté de surprendre sur la capacité d’innovation de la Suisse. Elle a pour vocation de se développer, avec notamment une présence au WEF et au CES de Las Vegas en janvier 2019, dans nos maisons suisses lors des JO de Tokyo en 2020 et de l’Expo universelle de Dubaï 2020-21. Et l’objectif est qu’un maximum d’ambassades de Suisse s’empare du sujet, en organisant durant l’année des événements dédiés aux drones.

Après VivaTech, l’opération sera donc prolongée...

Les discussions sont déjà en cours avec les milieux intéressés au sujet d’une nouvelle intervention au CES de Las Vegas et au CEBIT à Hanover en 2019. VivaTech nous permettra de jauger l’impact de cette campagne en salon tech. Dans tous les cas, la partie opérationnelle sera en partie chez Présence Suisse, pour garantir une utilisation raisonnée et une cohérence à nos canaux.

Le Conseil fédéral a-t-il pris conscience des enjeux? Des événements sont-ils prévus aussi en Suisse?

Ce n’est pas à moi de communiquer à ce sujet, mais je peux vous dire que le thème est traité au plus haut niveau et que celui-ci informera le moment venu le public. Fin juin, par exemple, la CF Doris Leuthard, cheffe du DETEC, tiendra une réunion internationale à Zurich dans le cadre du «Drone Innovators Network» du WEF. Par ailleurs, la ligne poursuivie par l’OFAC pour favoriser activement l’émergence de la scène des drones est une marque importante de l’intérêt public à la branche et à son potentiel d’export.

Pour ce choix du nom de Home of Drones? On entend souvent le terme de Drone Valley...

Nous cherchions un titre court, efficace, compréhensible par le public le plus large possible. Et ce «home of drones» a reçu un accueil positif comme marque ombrelle de cette activité. La valley est déjà utilisée et est disponible pour d’autres initiatives, comme par exemple la santé. Nous souhaitions ouvrir le narratif et définir une marque utilisable par le plus grand monde.

Combien avez-vous de drones à la maison?

Pour l’instant un, que je pilote avec mes enfants! J’ai appris grâce à lui le b.a.-ba des drones, non seulement le niveau de la tech intégrée dans ces machines, mais aussi le potentiel du domaine!? 

 

 





 
 

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