Taxes douanières: l'UE attend des clarifications

samedi, 10.03.2018

Les représentants du commerce se réunissent à Bruxelles. Europe, Japon et Etats-Unis clarifieront leurs positions.

Les représentants européen, américain et japonais pour le commerce réunis ce samedi à Bruxelles.

L'Union européenne entend obtenir des "clarifications" de la part des Etats-Unis sur les taxes douanières imposées par Donald Trump sur l'acier et l'aluminium lors d'une première rencontre cruciale à Bruxelles entre les représentants européen, américain et japonais pour le commerce.

"Ne vous attendez pas à ce que tout soit résolu. Il s'agit d'une rencontre, pas de LA rencontre", a reconnu vendredi le vice-président de la Commission européenne, Jyrki Katainen.

Mais "nous avons besoin de clarifications" et d'entamer "un dialogue" avec les Etats-Unis, afin d'éviter l'escalade vers un conflit commercial global, a-t-il ajouté.

Cette réunion était prévue de longue date, bien avant les annonces faites par Donald Trump jeudi, et devait initialement traiter des problèmes posés par les surcapacités en acier. Elle réunira les locaux de la Commission le représentant au Commerce américain Robert Lighthizer, le ministre japonais de l'Economie, Hiroshige Seko, et la commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström. Elle devrait se poursuivre par un déjeuner de travail

Les Européens considèrent qu'ils doivent être exemptés de ces taxes de 25% sur l'acier et de 10% sur l'aluminium et se disent prêt à prendre des mesures si nécessaire. Le Japon, principal allié asiatique des Etats-Unis, a également prévenu qu'il demanderait aux Etats-Unis de bénéficier de l'exemption accordée au Canada et au Mexique, sans quoi il pourrait mettre en place des "mesures appropriées".

Longue journée

"La manière dont le processus d'exemption fonctionnera n'est pas très claire", a estimé M. Katainen. Mais "j'espère que personne ne s'attend à ce que nous fassions des concessions sur les questions commerciales", a-t-il averti.

"Il ne s'agit pas d'une négociation commerciale. Ce dont nous parlons, c'est d'une action unilatérale contre les règles internationales. Nous voulons solder cela avant que ça devienne réellement un problème", a-t-il affirmé.

La journée de samedi "sera longue", a pour sa part prédit Mme Malmström. "Nous espérons que nous pourrons obtenir la confirmation que l'UE est exemptée".

Dans le cas contraire, les contre-mesures sont prêtes. La plus immédiate, applicable en trois mois, consisterait à taxer lourdement, en guise de rétorsion, certains produits américains emblématiques, comme les jeans, les motos de grosse cylindrée ou le beurre de cacahuète, dont Bruxelles a établi une liste.

L'UE envisage également de mettre en oeuvre des mesures dites "de sauvegarde" pour protéger son industrie des importations étrangères d'acier et d'aluminium.

Affront

Elle prévoit, enfin, de déposer, le cas échéant, une plainte devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC), estimant que les mesures américaines, sous couvert de protéger la sécurité nationale, ne servent qu'à avantager ses entreprises.

"Nous sommes des amis. Nous ne pouvons pas être une menace pour la sécurité nationale des Etats-Unis", a insisté Mme Malmström.

L'Europe, qui reste pour l'instant unie face à Washington, a exporté 5,3 milliards d'euros d'acier et 1,1 milliard d'euros d'aluminium en 2017 vers les Etats-Unis.

Les alliés et les rivaux des Etats-Unis ont dénoncé depuis jeudi le net virage protectionniste américain et une attaque contre le libre-échange.

L'Allemagne, un des plus grands pays exportateurs au monde et directement pointée du doigt par Donald Trump, a été particulièrement virulente, dénonçant "le protectionnisme" américain et un "affront" envers ses alliés.

Pour le ministère chinois du commerce, il s'agit d'un "abus", et le chef de la diplomatie Wang Yi a promis une "réponse appropriée" en cas de guerre commerciale avec Washington.

La Chine, de loin le premier producteur mondial d'acier, est régulièrement accusée d'être à l'origine de la surcapacité dans le secteur, en raison de ses subventions massives.

Aux Etats-Unis mêmes, l'annonce des droits de douane a suscité une fronde au sein du camp républicain de M. Trump. (awp)





 

 
 


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