Les histoires de trois «board women» d’exception

mardi, 16.04.2019

Xavier Comtesse*

Il y a près de vingt ans que ces trois femmes réunies par la science à Boston conseillaient la première Swissnex, avant-poste techno-scientifique de la Suisse dans le monde. J’en étais le directeur. Elles étaient performantes. Aujourd’hui, elles sont au «board» d’institutions prestigieuses en Suisse et aux Etats-Unis. Regardons rapidement leur parcours qui pourrait encourager certainement des jeunes femmes dans la science ou la technologie.    

Yvonne Schlaeppi que je viens de rencontrer aux USA cette semaine. Originaire de Spiez (canton de Berne), a étudié à Princeton et a travaillé à des postes élevés pour des grandes entreprises dans le domaine de la santé comme Johnson, Palmer & Dodge, etc. Aujourd’hui, elle siège au «board» du prestigieux Brigham and Women’s Hospital de Boston tout en étant dans les conseils d’administration d’entreprises comme Stallergenes (HealthCare) ou AstroNova (industrie 4.0). Elle est une véritable tête de pont pour la Suisse! Persévérante.

Iris Bonnet, Professeur à la Kennedy School. A étudié à Zurich et à Berkeley, aujourd’hui «board member» du Crédit Suisse. Un parcours exemplaire fait d’études en sciences politiques et économiques. Une fierté pour le système de formation suisse. Elle vit toujours à Boston mais traverse l’océan pour promulguer son savoir-faire. Lumineuse.

Beth Krasna, ingénieure chimiste de l’ETHZ et «manageur» du MIT, cette brillante scientifique est aujourd’hui à la tête du «board» des Ecoles polytechniques. Une récompense pour une femme qui a été tour à tour au «board» de la Banque cantonale vaudoise, de la Coop ou encore des CFF. Brillante.

Malgré ces trois exemples encourageants, il est clair que le nombre de femmes présentes dans des «board» d’entreprises suisses est largement insuffisant (moins de 22% alors qu’en Allemagne elles sont déjà plus de 30%!). Je sais que cet article ne va pas changer immédiatement les choses mais c’est tout de même un appel aux entreprises et aux jeunes femmes qui ensemble peuvent faire bouger les choses.

Comment? Essentiellement par la communication. En effet, c’est en communiquant leurs «stories» que les jeunes femmes vont s’imposer. Dès lors qu’une «belle histoire» commence à se raconter alors les équipes de recrutement, les responsables des «board» dans les entreprises vont changer leur attitude: ils vont passer du statut d’éveil à celui de réveil. C’est-à-dire qu’ils vont s’intéresser à leurs parcours tout simplement.

C’est exactement ce qui a dû se passer pour nos trois exemples cités ci-dessus, même si dans le cas d’Yvonne Schlaeppi son histoire n’a pas encore circulé en Suisse. Cela ne serait tarder désormais. C’est donc cela le secret, que certains hommes maîtrisent fort bien depuis longtemps: diffuser des «histoires positives» sur leurs propres exploits ou succès.

Dans ce monde hyper-connecté, il ne faut pas seulement avoir du «savoir-faire» mais aussi du «faire-savoir». J’encourage toutes les jeunes femmes à s’entraîner au «self-storytelling»... c’est comme un «selfie» mais à la place de la photo, c’est une histoire!

* Mathématicien





 
 


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