Lafarge perquisitionné à Paris et Bruxelles

mardi, 14.11.2017

Le siège français de Lafarge ainsi qu’une filiale belge du groupe ont tous deux fait l’objet de perquisitions aujourd’hui.

Y'aurait-il eu de «troubles arrangements» entre Lafarge Cement Syrie (LCS), la branche syrienne du groupe, et l'organisation Etat islamique?

Un communiqué du parquet fédéral belge a indiqué: «Un juge d'instruction spécialisé en matière de terrorisme de Bruxelles a fait procéder ce matin à l'exécution par la police judiciaire fédérale d'une perquisition à Bruxelles, simultanément à d'autres perquisitions effectuées en France». Quoique le nom du cimentier franco-suisse ne soit pas cité dans ce message, c’est bien du groupe de matériaux de construction qu’il s’agit, comme l’a confirmé à l’AFP une source proche du dossier.

La filiale basée à Bruxelles est soupçonnée d'avoir indirectement financé des groupes jihadistes en Syrie, dont l'organisation Etat islamique. La perquisition a été conduite par une équipe franco-belge constituée pour enquêter sur des soupçons de financement d'un groupe terroriste par une multinationale française. En parallèle, le siège de Lafarge à Paris a lui aussi été visité par des policiers français.

«Nous coopérons pleinement avec les enquêteurs, mais nous ne pouvons faire davantage de commentaires sur cette enquête en cours», a déclaré une porte-parole de Lafarge à l'AFP.

Un scandale révélé par la presse  

Débutée en juin et menée par trois juges d'instruction, l’enquête s'attache à déterminer si le géant du ciment a versé de l'argent à certains groupes, notamment l'EI, pour continuer à faire fonctionner la cimenterie de Jalabiya durant 2013 et 2014, et ce, malgré le conflit syrien. En outre, elle souhaite faire la lumière sur la connaissance des responsables du groupe de tels accords et des dangers liés pour les employés syriens.

Ces révélations, publiées en juin 2016 par le journal Le Monde, ont montré du doigt de «troubles arrangements» entre Lafarge Cement Syrie (LCS), la branche syrienne du groupe, et l'organisation Etat islamique alors que le groupe jihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région. Deux mois plus tard, le ministère de l'Economie avait déposé plainte, déclenchant l'ouverture d'une enquête préliminaire par le parquet de Paris, confiée au Service national de douane judiciaire (SNDJ).(awp/afp)


 

 



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