Le retour des grandes fortunes européennes en Suisse

jeudi, 14.06.2018

Le rapport «Global Wealth 2018» sur le patrimoine mondial des ménages publié par Boston CG voit la croissance des actifs se poursuivre à un rythme annuel de 7%, c’est le scénario optimiste, dans les prochaines années.

Piotr Kaczor

Les auteurs du rapport Global Wealth 2018 de Boston CG anticipent d’ores et déjà un retour des grandes fortunes européennes occidentales en Suisse dans les prochaines années.

Le patrimoine financier mondial des ménages a augmenté l’an dernier de 12% en dollars pour s’établir à 201.900 milliards de dollars selon le dernier rapport annuel Global Wealth 2018 sur la richesse mondiale, publié jeudi.

Un montant qui représente 2,5 fois le PIB mondial. 2017 s’est ainsi caractérisé par le rythme de croissance annuelle le plus rapide depuis cinq ans, plus que doublé par rapport à l’essor de 4% enregistré l’année précédente. Un essor porté par les marchés haussiers dans les principales économies, en particulier les marchés d’actions, ainsi que par les fonds de placement, sans oublier le renforcement de la plupart des devises par rapport au dollar.

En monnaies locales en effet, hors effets de change, la croissance s’est établie à 7%. Et près de 60% de ces patrimoines a pris la forme d’actifs se prêtant bien à l’investissement (actions surtout, fonds de placement et obligations), les 40% restants étant couverts par des actifs peu liquides tels qu’assurances-vie, avoirs de prévoyance ou participations dans des entreprises non cotées en Bourse.

Les Etats-Unis détiennent de loin la portion la plus ample (30%) du patrimoine de 26'400 milliards de dollars détenu par les millionnaires (HNW High-Net-Worth-Individuals), avec au moins un million de dollars d’avoirs, devant la Chine (14%), l’Allemagne (5,7%), Hongkong et la France. La Suisse se situant au quatorzième rang à cet égard.

Mesurée en monnaies locales, la croissance des patrimoines gérés en mode domestique ou onshore, soit dans le marché de résidence des clients (+7%) a été supérieure à celle des fortunes gérées en mode transfrontalier ou offshore (+6%) l’an dernier. Et les auteurs de l’étude tablent pour les cinq prochaines années en moyenne sur une croissance équivalente de 7% des capitaux onshore ainsi que sur un essor, un peu plus faible, de 5% des fonds offshores.

Si la Suisse reste, et de loin encore, le premier centre financier pour la gestion des patrimoines transfrontaliers, avec des encours gérés de 2300 milliards de dollars, soit nettement devant Hongkong (1100 milliards) et Singapour (900 milliards), ces places bancaires d’Asie ont enregistré ces cinq dernières années une croissance trois fois plus rapide (respectivement 11% et 10%), contre 3% seulement pour la Suisse durant la même période.

Mais les auteurs du rapport Global Wealth 2018 de Boston CG anticipent d’ores et déjà un retour des grandes fortunes européennes occidentales en Suisse dans les prochaines années.





 

 

 

 


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