Chine: Trump augmente encore les droits de douane

dimanche, 01.09.2019

Le président américain augmente encore la pression sur la Chine au moment où doivent entrer en vigueur les nouveaux tarifs douaniers.

Donald Trump poursuit sa stratégie de pression maximale sur la Chine. (Keystone)

Washington poursuit sa stratégie de pression maximale sur la Chine avec l'entrée en vigueur, ce dimanche, de tarifs douaniers supplémentaires pour la contraindre à signer un accord commercial, au risque de ralentir un peu plus la croissance américaine et mondiale.

Ces droits de douane additionnels de 15% portent sur une partie des 300 milliards de dollars de biens importés du géant asiatique qui ont été jusqu'alors épargnés. Et ils entreront en vigueur à 00H01 locales (04H01 GMT), selon la notification des services du représentant au Commerce (USTR) publiée au Journal officiel.

Donald Trump a écarté vendredi soir l'idée de les reporter à une date ultérieure. "Ils sont validés", a-t-il déclaré à des journalistes.

Les marchandises visées touchent un très large éventail de produits, notamment du secteur alimentaire (ketchup, viandes de bœuf découpées, saucisses de porc, fruits, légumes, lait, fromages, épices, glaces, etc.).

Certains articles de sport comme les clubs de golf, les planches de surf ou les vélos, des instruments de musique, des vêtements de sport, des meubles, de la vaisselle ou encore les chaises hautes pour enfants seront également surtaxés, selon la liste officielle.

Des économistes du Peterson Institute for International Economics, basé à Washington, ont chiffré à 112 milliards de dollars la valeur des biens qui seront soumis à ces nouveaux droits de douane.

La guerre commerciale, déclenchée par Donald Trump depuis plus d'un an et demi, s'est enflammée la semaine dernière avec l'annonce de tarifs douaniers supplémentaires sur la totalité des biens importés de Chine d'ici la fin de l'année.

Plus de 250 milliards sur les quelque 540 milliards (montant de 2018) étaient jusqu'à présent surtaxés.

Pékin devrait rétorquer en augmentant des tarifs douaniers sur 75 milliards de dollars de biens américains dont une partie le 1er septembre également.

Plusieurs centaines d'entreprises et groupements professionnels américains ont exhorté mercredi l'administration Trump à repousser ses nouveaux droits de douane, estimant qu'ils allaient détruire des emplois et peser sur les consommateurs aux Etats-Unis.

Mais vendredi, le président républicain, qui brigue un second mandat, a tourné en dérision ces entreprises.

"Des entreprises faibles et mal dirigées blâment --et c'est bien vu-- ces petits tarifs plutôt qu'elles-mêmes pour mauvaise gestion... et qui peut vraiment leur en vouloir de faire ça? Ce ne sont que des excuses!", a-t-il tweeté.

Inflexibles

Quelques jours plus tôt, il avait tétanisé les milieux d'affaires américains en les sommant de cesser de faire des affaires avec la Chine, un "ordre" que ses conseillers avaient ensuite semblé minimiser.

Depuis mars 2018, le président s'est lancé dans une guerre tarifaire impitoyable pour imposer un traité mettant fin à des pratiques commerciales jugées déloyales telles que le transfert forcé de technologies américaines et la subvention massive des entreprises d'Etat chinoises.

Cette stratégie s'est pour le moment révélée inefficace bien qu'elle pèse sur l'économie chinoise.

Une nouvelle escalade des tarifs douaniers risque d'entamer considérablement la croissance économique chinoise, a aussi récemment prévenu le Fonds monétaire international (FMI).

Pour autant, les autorités chinoises sont restées aussi inflexibles que Donald Trump.

Les négociations commerciales sont depuis des mois dans l'impasse. L'escalade des tensions, qui provoque de nombreux remous sur les places financières, pourrait mettre un coup d'arrêt à l'expansion mondiale.

Donald Trump a évoqué cette semaine des discussions entre négociateurs chinois et américains, ce qui n'a pas été confirmé par la partie chinoise.

Il ne cesse de marteler que la Chine a davantage besoin d'un accord que les Etats-Unis, affirmant que l'économie américaine est restée immune à la guerre commerciale.

Vendredi, il a imputé le ralentissement de l'économie américaine à la politique monétaire de la Banque centrale.

Les chiffres de la croissance, de l'inflation et de la consommation des ménages ont jusqu'à récemment semblé lui donner raison.

Mais l'incertitude quant à l'issue de ce conflit pèse désormais sur les investissements des entreprises et le moral des ménages américains.

La confiance des consommateurs a enregistré en août la plus forte dégradation depuis décembre 2012, selon l'enquête de l'université du Michigan.

"Les données indiquent que l'érosion de la confiance des consommateurs due aux politiques tarifaires est maintenant bien engagée", a réagi vendredi Richard Curtin, l'économiste dirigeant cette enquête bimensuelle.

Signe que l'administration Trump pourrait avoir quelques craintes sur l'impact de cette nouvelle escalade: certains produits vedettes des achats de Noël ne seront pas taxés avant le 15 décembre.

C'est le cas des téléphones et ordinateurs portables, des consoles de jeux vidéo, certains jouets, des écrans d'ordinateur ou encore certaines chaussures et vêtements de sport.

Aux Etats-Unis, la consommation génère 75% de la croissance du PIB. (awp)





 
 


...