Novartis: débat au parlement grec

lundi, 12.02.2018

Le Premier ministre grec, Alexis Tsipras, a annoncé lundi la saisie du Parlement pour enquêter sur d'éventuelles responsabilités pénales de dix ex-ministres et premiers ministres de droite et socialistes impliqués dans une affaire présumée de corruption visant le groupe pharmaceutique suisse Novartis en Grèce.

Le Premier ministre grec Alexis Tsipras enclenche la saisie du Parlement contre les ex-ministres.

La Grèce usera de "tous les moyens légaux" à sa disposition pour "récupérer l'argent dont Novartis a privé l'État" via le gonflement présumé de ses tarifs de 2006 à 2015, a déclaré le Premier ministre grec, Alexis Tsipras devant le groupe parlementaire de son parti, le Syriza. Le Premier ministre grec a annoncé la saisie du Parlement pour enquêter sur d'éventuelles responsabilités pénales de dix ex-ministres et premiers ministres de droite et socialistes impliqués dans une affaire présumée de corruption visant le groupe pharmaceutique suisse Novartis en Grèce.

L'annonce de M. Tsipras enclenche le mécanisme prévu en Grèce par Constitution pour pouvoir poursuivre des membres ou ex-membres de gouvernement pour des méfaits commis dans l'exercice de leurs fonctions.

Deux anciens Premiers ministres, dont le conservateur Antonis Samaras, remplacé au pouvoir en 2015 par M. Tsipras, et huit ex-ministres, dont le commissaire européen chargé des questions migratoires, Dimitris Avramopoulos, et le gouverneur de la Banque centrale, Yannis Stournaras, sont visés par cette procédure.

Il reviendra à une commission parlementaire d'instruction, dont la formation fera prochainement l'objet d'un vote, de déterminer s'il existe des indices de culpabilité justifiant leur mise en accusation pour avoir reçu des pots de vins.

Révélés la semaine dernière, les noms de ces responsables politiques de l'opposition ont été cités dans une enquête entamée en 2006 par le parquet grec anti-corruption après des révélations de la police fédérale américaine FBI sur des cas de concurrence déloyale de Novartis en Grèce.

Les pratiques présumées illégales utilisées par Novartis auraient coûté à l'État grec seul environ 3 milliards d'euros.

Dans leur majorité, les personnalités impliquées ont protesté de leur innocence, dénonçant "une machination" et une "nouvelle diffamation" de la part de M. Tsipras, et menaçant de riposte pénale leurs accusateurs, trois personnes bénéficiant du statut de "témoins protégés".

Rejetant tout "revanchisme" politique, M. Tsipras a dénoncé à son tour une "opération d'intimidation des témoins et de la justice".

Il a protesté de la volonté de son gouvernement de "faire toute la lumière" sur l'affaire, déplorant que "la fiesta d'enrichissement et de dilapidation d'argent public" se soit poursuivie même durant la douloureuse purge d'austérité imposée aux Grecs depuis 2010.

Dans un nouveau communiqué lundi, la branche grecque de Novartis relève que le "dialogue public" en cours sur l'affaire "inclut des inexactitudes, spéculations et confrontation politique".

Novartis "coopère depuis plus de 14 mois avec les autorités grecques et américaines et mène une enquête interne", pour "faire toute la lumière" sur l'affaire, réitère le groupe. "Parallèlement, nous protégerons la société et son personnel avec toutes les possibilités des règles de droit", ajoute le communiqué.

Le groupe a fait l'objet fin 2016 d'une amende de 390 millions de dollars (314,5 millions d'euros) aux États-Unis, et payé en mars 2017 25 millions de dollars (20,2 millions d'euros) dans le cadre d'une affaire de corruption impliquant sa filiale chinoise. (awp)





 
 



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