Le sort de Merkel entre les mains du SPD

samedi, 17.02.2018

Le parti social-démocrate allemand veut convaincre ses adhérents d'approuver un gouvernement ave'c Angela Merkel.

Les 464.000 adhérents du SPD devront donner leur feu vert à un gouvernement de coalition avec Angela Merkel. (Keystone)

Le parti social-démocrate allemand, fragilisé comme jamais, lance samedi une campagne pour convaincre ses membres d'approuver un gouvernement avec Angela Merkel. Il s'agit aussi de sortir la première économie européenne de l'impasse cinq mois après les législatives.

Cette consultation auprès des quelque 464.000 adhérents du SPD est vitale pour la chancelière conservatrice de 63 ans, sortie victorieuse mais affaiblie des élections du 24 septembre. Le vote du SPD, qui doit débuter mardi, intervient alors que le plus vieux parti allemand est en chute libre dans les sondages.

Un sondage de l'institut Kantar Emnid publié vendredi a de quoi encourager les dirigeants du SPD: deux tiers de leurs sympathisants se disent en faveur d'une nouvelle GroKo (coalition avec le parti d'Angela Merkel). Le SPD a en effet obtenu plusieurs concessions, en matière de santé ou d'emploi, et six ministères, dont les Affaires étrangères et surtout les Finances, traditionnelle chasse gardée des conservateurs.

Gouvernement minoritaire?

En cas de feu vert des militants -le résultat du référendum est attendu le 4 mars- celle qui dirige l'Allemagne depuis plus de douze ans pourra entamer son quatrième mandat probablement vers la fin mars.  Mais dans le cas contraire, le contrat de coalition négocié de haute lutte entre les deux principales formations du pays pour gouverner ensemble pourra être rangé au placard.

Avec pour conséquence probable, la tenue d'élections anticipées propres à profiter avant tout à l'AfD. A moins que la chancelière se résolve à former un gouvernement minoritaire, idée qu'elle a rejetée jusqu'ici.

"Nous les femmes"

Andrea Nahles, destinée sauf coup de théâtre à prendre fin avril les rênes du SPD, lance samedi à Hambourg la première d'une série de conférences régionales pour prêcher les vertus d'une nouvelle grande coalition ("GroKo") auprès de la base. Sa tâche sera aussi de rétablir le calme après des règlements de comptes entre dirigeants qui ont provoqué mardi le départ précipité du président du parti, Martin Schulz.

Les questions personnelles réglées, Andrea Nahles veut désormais se concentrer sur "les contenus", c'est-à-dire le contrat de coalition marqué selon elle d'une forte "empreinte sociale-démocrate".

"Les vieux combats de pouvoir entre les hommes ont nui au parti", juge Manuela Schwesig, une vice-présidente du parti. "Nous les femmes allons agir autrement", prévient-elle dans un entretien au journal Schweriner Volkszeitung.(ats)





 

 
 


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