La critique de l’islam est dangereuse mais nécessaire

mardi, 01.11.2016

Le jeune intellectuel français Majid Oukacha est l’auteur de «Il était une foi, l’islam…». Une critique des limites et des imprécisions techniques des discours et des lois du Coran.

Grégoire Canlorbe

Majid Oukacha, essayiste

Majid Oukacha est un jeune essayiste qui est né et a grandi dans une France qu’il reconnaît de moins en moins à mesure que les années passent. «Ancien musulman mais éternel patriote» comme il aime parfois à se définir, il est l’auteur de «Il était une foi, l’islam...» (titre français de son ouvrage qui sortira prochainement en version anglaise), une critique systémique des lois islamiques les plus dangereuses, inapplicables et incohérentes, sans jugement de valeur ni moralisme manichéen. Sa méthode, censée dépoussiérer la critique exégétique de l’islam, ambitionne de démontrer que l’auteur du Coran serait tout sauf un dieu omnipotent, omniscient et à l’intelligence supérieure. Loin du politiquement correct et de la diplomatie du compromis, cet écrivain au verbe fort et au parler vrai porte une démarche intellectuelle salutaire apportant un éclairage nouveau sur une réalité inquiétante, souvent plus facile à ignorer qu’à accepter.

Pourriez-vous commencer par nous rappeler les circonstances et les motifs de votre apostasie et de votre décision de prendre la plume pour démystifier l’islam auprès du grand public?

Comme tout Français qui est né et a grandi dans la France de la fin du XXe siècle, j’ai la chance d’appartenir à une nation pacifique qui m’a permis de jouir de droits et de libertés pour lesquels je n’ai jamais eu à me battre personnellement. Mes parents, des citoyens français d’origine algérienne et de confession musulmane, m’ont transmis une culture et une éducation religieuse qui me destinaient à demeurer durablement un musulman convaincu et concerné par le livre du Coran. A côté de cette éducation théologique qui m’a été donnée, j’ai aussi reçu d’eux une éducation civique, sociale et éthique basée notamment sur le respect total de la France et de ses valeurs (incarnées par la devise républicaine «liberté, égalité, fraternité»).

J’ai commencé à fréquenter la mosquée dès l’âge de huit ans. Le premier imam qui m’y a formé et qui venait d’un pays étranger, avait un accent français impeccable, un grand sourire qu’il exhibait allègrement et il prenait soin de ne jamais donner d’ordres à ses élèves en dehors des murs de la mosquée. Il lui est cependant déjà arrivé une fois de me reprocher, devant les autres enfants suivant les mêmes cours coraniques que moi, de quitter mon domicile avec ma chechia à la main et de ne la mettre sur ma tête que lorsque j’étais suffisamment loin de mon quartier et que j’arrivais à quelques pas de l’entrée de la mosquée. Je n’ai jamais eu honte de ma foi islamique mais j’ai toujours estimé que j’avais le droit de marcher dans la rue sans que l’on m’identifie d’abord en fonction de mes croyances religieuses.

Les cours théologiques auxquels j’assistais deux à trois fois par semaine (le mercredi, le samedi ou le dimanche) m’ont vite fait comprendre que ce que je pensais être une bénédiction d’être né dans un foyer islamique, qui me transmettrait cette foi capable de me préserver de l’Enfer n’épargnant que les musulmans (dixit le Coran), s’est aussi avéré être un fardeau permanent. Quand on est un musulman, chaque action anodine de la vie quotidienne est codifiée, de la façon de boire un verre d’eau au réveil à la façon d’aller se coucher. Je me soumettais à Allah pour éviter les tourments de sa colère dans le monde de l’au-delà alors j’obéissais à des codifications rituelles qui me semblaient parfois être une pure perte de temps ou un non-sens naturel. Mes amis non-musulmans avaient l’habitude de m’entendre leur dire que je devais interrompre une partie de football ou de cartes avec eux pour aller à la mosquée. Là-bas, j’apprenais essentiellement à faire la salât ainsi que le puits sans fond des codes comportementaux élevés en vertus par la figure mythifiée du prophète Muhammad.

Au milieu du troupeau uniformisé dans l’imitation d’un spectre lointain qui ne faisait en définitive que nous soumettre à ses obligations et ses interdits, j’étais du genre à ne pas avoir peur de lever la main parmi l’assistance afin de poser des questions qui fâchent. J’avais beaucoup d’imagination, je ne m’interdisais rien de croire et mon esprit critique me rendait difficilement supportable la compagnie de ceux qui aiment que d’autres réfléchissent à leur place.

Pourquoi dans la loi coranique indiquant qu’il faut couper la main du voleur ou de la voleuse (sourate 5, verset 38) Allah ne précise-t-Il pas quelle main du voleur est à couper (celle de droite ou celle de gauche)? Et pourquoi ne précise-t-Il pas non plus la valeur minimum du larcin à partir de laquelle la main d’un voleur peut être coupée? Un vol de pomme commis par un voleur qui vole pour la première fois de sa vie, est-ce que ça mérite vraiment d’avoir la main coupée? Et pourquoi

Allah ne précise-t-Il pas l’âge minimum du voleur devant avoir une main coupée? Un voleur âgé de douze ans et qui vole pour la première fois de sa vie est-il vraiment aussi responsable et responsabilisable qu’un voleur multirécidiviste âgé de 40 ans?

Pourquoi tourner sept fois autour de cette pierre noire lors du Hajj et pas 6 ou 8 fois? Que se passera-t-il si je tourne huit fois autour d’elle?

Le prophète Muhammad nous explique dans sa Sunna que la femme, le chien noir ou l’âne passant devant un musulman en train de prier peuvent chacun annuler la prière de ce dernier, mais, comme à son habitude dans la Sunna, Muhammad n’explique rien et se contente d’avancer un jugement dénué de toute explication sur les causes d’ordre pratique le motivant. Comment a-t-il pris connaissance de cette réalité à l’apparence superstitieuse pour celui qui ne croit pas en l’islam? Soit il l’a comprise tout seul, mais dans ce cas, pourquoi ne pas en donner le cheminement intellectuel ou les raisons scientifiques, au lieu de se contenter de lancer cette sentence dogmatique? Si c’est dieu lui-même qui lui a transmis ce savoir mettant en cause l’âne, le chien noir ou la femme passant devant celui qui prie, alors pourquoi le hadith citant ce récit prophétique n’est-il pas devenu un verset du Coran, le Coran étant censé représenter les messages d’Allah que le prophète Muhammad se doit de transmettre à ses contemporains afin de les avertir et les informer sur ce que leur créateur attend d’eux? Et si une femme passe un kilomètre devant le prieur, la prière est-elle annulée? À partir de quelle distance maximale le pouvoir d’annuler une prière se résorbe-t-il complètement?

La suite logique, induite par l’effet domino de ces quelques questions, n’est qu’une infime partie des nombreuses réflexions qui ont maintenu mon cerveau vif et alerte durant les derniers temps de ma foi, loin du corset de l’endoctrinement, imperméable au doute et au pragmatisme. Parce que je n’ai jamais obtenu de réponses capables de contenter mon regard critique sur les limites de cet Islam juridique auquel j’avais pourtant toujours prêté allégeance avec conviction, j’ai un jour décidé de chercher ces réponses directement auprès de dieu lui-même, tout simplement. Après avoir obtenu mon baccalauréat et juste avant d’entrer à l’université, j’ai mis à profit les longues journées calmes et ensoleillées de longues vacances d’été pour commencer à étudier le Coran dans le but de le comprendre avec un regard neutre, plus que de l’apprendre avec la confiance animant la foi du croyant.

J’avais décidé de lire entièrement le Coran, de la première à la 114e sourate, loin du devoir de mémorisation mécanique que je m’étais imposé jusqu’alors, afin de consigner dans un cahier mes impressions, mes doutes, mes interrogations vis-à-vis de ce texte. Cette lecture m’a non seulement forcé à devoir admettre que la quasi-totalité des dogmes et lois islamiques n’avaient aucun fondement scientifique ou rationnel, mais en plus, elle a mis en évidence le fait que l’Islam voulu par son fondateur est une religion misogyne, esclavagiste et ennemie de la liberté de penser. J’étais tombé de haut. Ma confiance en ce qui était à la fois évident et intangible m’avait trompé tout ce temps. Et ce sont les valeurs libertaires et égalitaires de la France laïque et humaniste (que j’ai appris à respecter par mon éducation familiale et que j’ai appris à aimer par mon éducation scolaire) qui m’ont donné la force de refuser de céder à la peur face au chantage à l’Enfer.

Quitter l’islam m’a conforté dans mon inquiétude de toujours de voir le peuple français perdre toutes ces libertés et cet art de vivre qui en font un pays aimé et envié partout dans le monde. Toutes les révolutions ne commencent ou ne finissent pas nécessairement dans un bain de sang. Dans une démocratie, la majorité a le pouvoir de faire ou de défaire une révolution sous un tonnerre d’applaudissements et dans le tumulte émulateur des vivats de la foule, loin de l’anarchie et de la guerre. Le jour où la majorité islamique de la France votera pour un président et des parlementaires capables de définir pour mes compatriotes et moi-même ce qui sépare le vrai du faux, le bien du mal et le juste de l’injuste, quels choix me restera-t-il alors?

Les problèmes ne se fuient pas indéfiniment. Ils s’affrontent à un moment ou un autre. Je me dois de convaincre le maximum de mes contemporains que l’islam est un danger pour nos droits et libertés individuelles à tous, et j’ai choisi de le faire avec la littérature car l’écrit, les mots et la communication verbale sont les armes qui font ma force.

Je suis, à ma connaissance, le seul auteur ayant réalisé une étude critique, globale et systémique, des principaux aspects juridiques et dogmatiques de l’islam, à partir d’une méthode originale: critiquer les limites et les imprécisions techniques de discours et de lois sans jamais utiliser le moindre jugement de valeur ni la moindre considération morale pour cela. Je n’ai aucun tabou et les sujets les plus explosifs y passent: esclavage, pédophilie, criminalisation de la liberté de conscience…

Je pense que c’est la méthode la plus efficace pour démontrer auprès du plus large public possible la caducité et la dangerosité de l’islam, une législation universaliste qui ne sait pas coexister avec la différence.

 

Le travail de critique rationnelle des limites techniques des lois du Coran fait de votre essai Il était une foi, l’islam... un genre d’étude rare et original. Est-il possible de faire le même travail avec des livres religieux respectifs au christianisme ou au judaïsme?

Pour les musulmans, le livre du Coran est censé être, de la première à la dernière phrase, un récit ayant pour auteur dieu lui-même, un dieu démiurge, omnipotent, omniscient et parfait. Ce dieu y proclame beaucoup de lois universelles liberticides qui ne sont pas limitées par le moindre cadre temporel ou géographique.

Cette base rend la critique exégétique du Coran beaucoup plus claire et simple que celle consistant à critiquer des textes sacrés des différentes formes de religions issues du judaïsme ou du christianisme. Le Talmud cite des récits originaux ou interprétations pensés par des humains, peu importe le rôle qu’ils se donnent par rapport à dieu. Libre aux Juifs d’aujourd’hui de vouloir y adhérer ou de vouloir y opposer une approche critique. On peut se faire la même réflexion vis-à-vis du Nouveau Testament, si cher aux Chrétiens. Dans la réalité du monde d’aujourd’hui, les pays où on vit le mieux lorsque l’on est une femme ou un libre penseur ce sont précisément les pays ayant des racines ou une histoire chrétienne et/ou juive: la France, les États-Unis d’Amérique, Israël, l’Australie, l’Angleterre… Ces pays défendent les libertés individuelles des plus faibles et des plus différents plus que n’importe lequel des pays musulmans du monde ne l’a jamais fait. Si un Musulman veut critiquer un passage misogyne de la Bible ou de la Torah par exemple, grand bien lui fasse! Je juge un arbre à ses fruits. La critique théorique du christianisme ou du judaïsme ne sera jamais autre chose pour moi qu’un loisir intellectuel. La critique théorique de l’islam est en revanche une responsabilité politique car les fruits de cet «arbre de la connaissance» produisent du chaos partout où ce dernier s’enracine. Tandis que partout en France où le christianisme et le judaïsme forment la force culturelle dominante en des quartiers ou villes, je sais que les femmes peuvent s’y promener plus tranquillement qu’ailleurs et que les libres penseurs comme moi peuvent y mécroire librement. Avez-vous donc déjà entendu parler d’un ancien chrétien ou juif qui, au XXIe siècle, doit vivre caché car il a critiqué son ancienne religion?

 

Vous tenez à rappeler que l’islamisation démographique du peuple français est galopante et que la capacité des Musulmans à représenter un jour la majorité des électeurs de notre pays nous expose au risque d’une islamisation juridique et du pouvoir politique français. N’est-il pas paradoxal d’affirmer que l’islamisme pourrait gouverner une France de demain principalement peuplée de Musulmans alors même que la majorité des Musulmans qui y vivent semblent avoir une pratique modérée, tolérante et pacifique de leur religion?

Si vous prenez les Français de confession musulmane un par un et que vous les interviewez sous l’œil d’une caméra, l’écrasante majorité d’entre eux vous sortira les slogans les plus capables de résumer les grands principes promus par les Droits de l’Homme. Ils vous parleront de liberté, d’égalité et de paix. Je me contente de faire des constats cliniques et de voir que la réalité s’acharne à imposer des hasards beaucoup trop nombreux et récurrents pour de simples événements censés être aussi imprévisibles qu’aléatoires.

Les Français de confession musulmane ont beau se déclarer majoritairement pacifistes, l’Islam est le point commun culturel de la totalité des Français qui m’ont dit que les caricaturistes de Charlie Hebdo assassinés durant la tuerie du 7 janvier 2015 «ont bien cherché ce qui leur est arrivé». Un autre sujet: le verset 34 de la sourate 4 du Coran, qui autorise les hommes à frapper les épouses dont ils auraient à craindre la désobéissance. En général, lorsque je parle avec un Musulman qui me dit que la femme n’est pas un être inférieur à l’homme selon le Coran, je lui pose la question suivante «Le verset 34 de la sourate 4 du Coran autorise ou interdit de frapper une épouse désobéissante?».

Aussi loin que je m’en souvienne, aucun Musulman ne m’a jamais répondu que ce verset interdit de frapper une épouse désobéissante. Je n’obtiens que des tentatives de justification de cet acte (déclaré illégal par les lois françaises) visant à amoindrir sa portée ou défocaliser son impact de son but originel. Je ne compte même plus le nombre de Musulmans qui m’ont dit que les maris musulmans doivent frapper doucement leurs épouses désobéissantes ou les frapper avec un petit bâton de bois comme un siwak. La loi française interdit de frapper une épouse désobéissante, tout court. Frapper doucement une épouse désobéissante, c’est quand même la frapper et l’humilier !

Quoi que racontent les Musulmans de France tiraillés entre les codes culturels occidentaux et le Coran, la majorité des Musulmans se sent plus proche d’un Musulman islamiste qui veut appliquer à la lettre les lois du Coran que d’un non-Musulman qui ignore le Coran. Il y a les discours et il y a la réalité des faits. Quand un pays musulman est dirigé par un islamiste, aucune révolution populaire ne renverse ce dernier au profit d’un chef d’État droit-de-l’Hommiste. Les révolutions populaires dans le monde musulman ne déchoient en général de leur pouvoir que des dictateurs aux mœurs occidentales, tels Mouammar Kadhafi ou Ben Ali. L’islamiste Mohamed Morsi a été victime d’un coup d’État militaire, dont d’ailleurs peu de dirigeants occidentaux se sont indignés.

La paix, ça se vérifie dans les actes plus que dans les prétentions. Les pires endroits au monde où vivre quand on est athée ou quand on est une femme, ce sont précisément les pays où l’islam est la force culturelle dominante. Pourquoi nier ce qui n’est pas un hasard? L’islam est consubstantiellement un problème du fait du caractère divin que voient les Musulmans en ce livre esclavagiste, liberticide et misogyne qu’est le Coran.

 

Quand il s’agit d’évoquer la progression rampante de l’islamisation des mœurs et de la loi en démocratie française, à quels symptômes de la mainmise de l’Islam sur le territoire pensez-vous en priorité? Qualifieriez-vous de suicide culturel l’inertie française face à l’islamisation?

Loin des discours politiques, il suffit d’écouter directement le peuple décrire des problèmes qui n’existaient pas en France il y a encore cinquante ans et qui deviennent de plus en plus récurrents. La plupart de ses élus locaux y courtisant les votes des Musulmans pour les élections locales bafouent la laïcité, ciment du pacte de stabilité sociale et culturelle liant les citoyens. Les mosquées poussent partout sur tout notre territoire, trop souvent grâce aux impôts des Français ou aux terrains appartenant à des collectivités territoriales. Le sapin de Noël qu’il y avait dans l’école maternelle de mon enfance est dorénavant devenu, dans la France d’aujourd’hui, une offense envers la foi religieuse de certains. Je vous laisse deviner qui sont ces «certains»...

De même, dans la France d’aujourd’hui, des Français chrétiens, athées ou agnostiques, qui mangent ou boivent dans la rue durant le ramadan peuvent se voir reprocher (parfois violemment) de manquer de respect envers les Musulmans en osant consommer un sandwich ou une boisson dans un lieu public et en plein jour. Je n’ai personnellement jamais entendu le témoignage du moindre Français non-Juif qui aurait affirmé s’être vu reprocher de téléphoner ou conduire durant le jour de shabbat. Que les Musulmans qui se prétendent pacifistes et républicains commencent par faire le ménage dans leurs rangs en osant déjà au moins admettre que certains problèmes viennent quasi-systématiquement (pour ne pas dire systématiquement) de gens prétendant à la même allégeance religieuse qu’eux.

L’islam n’est en soi qu’un concept et pas un être pensant capable d’agir ou de s’abstenir d’agir. On a à présent du recul en France et on peut observer en toute objectivité que dans des quartiers ou villes de France où l’Islam est la force culturelle dominante sur plusieurs générations, le vivre-ensemble n’existe pas. L’islam qui domine culturellement et socialement des territoires français qui n’ont pas toujours été islamisés donne envie à la majorité des non-Musulmans de fuir ces zones lorsqu’ils en ont les moyens financiers. Les politiciens français qui nous gouvernent actuellement n’ont aucun intérêt à reconnaître et solutionner ce problème car il est un sujet de clivages électoraux qui leur permet de conserver leurs postes dans une logique du «diviser pour mieux régner», mais aussi de détourner l’attention des Français vis-à-vis leurs manquements face aux défis économiques majeurs contre lesquels leurs idées nouvelles sont restées de vaines promesses.

 

Un leitmotiv contemporain de la part des idéologues et des dirigeants dans le monde Islamique consiste à fustiger le déclin de la spiritualité parmi les Occidentaux et à présenter l’Islam comme le remède à la décadence matérialiste censée mener notre civilisation à sa perte. Sayyid Qutb, référence philosophique de Ben Laden, écrivait ainsi dans Ma’alim fi al-Tariq, publié en 1964: «L’humanité est aujourd’hui au bord d’un précipice. […] Le monde Occidental se rend compte que la civilisation occidentale est incapable de présenter des valeurs saines pour indiquer aux hommes la ligne à suivre. […] L’Islam est le seul système qui possède ces valeurs et ce mode de vie.» Que répondez-vous à ce discours de haine envers le prétendu individualisme permissif et consumériste des sociétés Occidentales?

J’ai parfois l’impression que nos dirigeants ont de moins en moins honte de justifier la sauvegarde de la fin morale par des moyens immoraux. Par exemple, au prétexte de lutter contre «la radicalisation de l’islam », beaucoup de nos hommes politiques voudraient que la laïcité française laisse sa place à un système reconnaissant juridiquement et socialement une version «sous contrôle d’État» d’un islam adoubé, financé et promu par les pouvoirs publics.

Le seul islam que pourrait reconnaître l’État français actuel serait bien évidemment une religion définie comme pacifique et tolérante par son fondateur, le prophète Muhammad. Les Musulmans sont si nombreux en France et ils représentent un tel poids électoral que cela ferait l’effet d’une bombe dans l’opinion publique de devoir admettre qu’ils vénèrent un dieu qui estime que l’absence de foi en l’islam est un crime méritant un séjour éternel dans le feu de l’Enfer. Les islamistes, qui veulent que le Coran créant par nature la désunion et la guerre reste un sujet à mystères et à fantasmes pour la majorité des foules mécréantes, ne pouvaient pas rêver meilleur cheval de Troie pour avancer masqués.

La France est de plus en plus la victime d’une forme d’ironie du sort dans laquelle ses propres valeurs et principes fondateurs lui sont retournés contre elle-même. Je suis un défenseur de la liberté de croyance et de l’égalité entre tous les Hommes, peu importe leur sexe, couleur de peau ou religion. Mais je n’ai pas envie que la sauvegarde de ces idéaux impose de remplir de propagandes islamophiles les manuels scolaires publics lus par les enfants Français.

Le système politico-médiatique, qui fait la pluie et le beau temps en France et qui a de plus en plus de mal à nier les vérités qui dérangent, aime les mensonges qui rassurent. Hier encore, il nous disait que «l’invasion migratoire musulmane est un fantasme d’extrême-droite». Aujourd’hui, il sous-entend que «de toute façon, ils sont là durablement, on ne peut rien y changer car ils sont à présent trop nombreux, nous devons donc faire avec afin d’éviter la guerre civile».

Je n’ai pour ma part pas envie de faire des compromis politiques avec des politiciens islamistes qui vénèrent un livre esclavagiste et misogyne qui criminalise la liberté de croyance. Je préfère l’individualisme des idéaux intellectuels et valeurs morales de la civilisation occidentale moderne au système big-brotherien islamique qui criminalise des libertés qui n’ont d’impact que sur les seuls auteurs adultes et indépendants qui en jouissent. Liberté de faire l’amour avant le mariage, liberté de mécroire en une religion ou de se convertir à une autre religion à tout moment de sa vie, liberté de se moquer des puissants (ce qui inclut ces éternels puissants de l’islam que sont Allah et Muhammad).

 

Quand il s’agit de mettre au jour ce qui apporte le succès dans les rapports de force militaires ou commerciaux entre nations, l’histoire de l’islam semble remettre en question les libertés censées être à la source de la puissance de nos sociétés Occidentales.
Comment expliqueriez-vous que l’islam soit parvenu à s’imposer face aux sociétés occidentales au point de perdurer depuis plus d’un millénaire, tandis que les régimes fascistes et soviétiques se sont effondrés en moins d’un siècle?

Le nazisme ou le communisme le plus totalitaire sous l’URSS avaient à leur tête des hommes faillibles qui pouvaient connaître des défaites militaires, des trahisons qu’ils n’avaient pas su prévoir et, en définitive, la mort. L’islam est un totalitarisme qui a à sa tête un dieu éternel qu’on ne peut ni vaincre ni soumettre.

Du point de vue des musulmans, le Coran a pour auteur un dieu parfait, omnipotent et omniscient, qui impose comme législation suprême des lois valables en tous temps, en tous lieux, et ce jusqu’au jour du jugement dernier. Le totalitarisme le plus abouti et efficace au monde est de loin l’islam et ses fanatiques les plus dangereux ne cesseront jamais de se battre en son nom parce qu’il est impossible de triompher de leur dieu inexistant. Ce qui n’existe pas ne peut pas perdre ni mourir!

Une fois qu’Hitler était mort, il était beaucoup plus facile pour bien des nazis de fuir le front ou de retourner leur veste. Tuer le dieu d’un totalitarisme universaliste est un des moyens les plus efficaces de nuire aux ambitions des dévots qui souhaitent le défendre. Encore faut-il que ce dieu puisse n’être qu’un Homme...

 

Jusqu’où seriez-vous prêt à aller au nom de la liberté?

L’anarchie totale, ce système horrifiant où règne la loi du plus fort et l’instabilité permanente, n’est-ce pas finalement cela la vraie liberté d’un point de vue politique? Je suis un défenseur des libertés individuelles fondamentales, celles qui n’ont d’impact que sur les seuls auteurs qui décident d’en jouir. La liberté de penser, criminalisée par un Coran qui envoie dans l’Enfer éternel tous ceux qui n’ont jamais étés musulmans dans la vie d’ici-bas, m’importe plus que tout. Je suis contre le sacrifice d’innocents qui en sauveraient d’autres, au nom de la liberté, tout comme je suis contre la défense de ce même idéal en me servant du mensonge. Je ne crois en ce moyen qu’est la liberté que lorsqu’il défend la vie et la vérité des Hommes, tout simplement. L’islamisation croissante du peuple français n’est pas une vague de liberté célébrant et accomplissant la raison. Cet ordre socio-culturel dominateur, dogmatique et impérieux qu’est la foi en l’islam est une prison intellectuelle qui ne tient que sur la peur et l’ignorance d’esprits perpétuellement infantilisés et domestiqués. C’est clairement par les naissances et l’immigration massive que l’islam deviendra la foi majoritaire en France. Pour un converti qui pense que le bouddhisme des bédouins le sortira de son spleen baudelairien, il y a 999 Musulmans qui sont nés et ont grandi dans un foyer musulman. J’invite les Français à juger l’arbre de l’islam aux fruits pourris qu’il produit systématiquement dans la réalité. Partout où l’islam domine culturellement et politiquement, il n’y a que des conflits de cultures, des femmes culpabilisées de plaire, infériorisées, maltraitées, et surtout une extinction continuelle de la créativité et de l’imagination. Les (relativement) rares artistes et scientifiques du Monde Musulman qui réussissent à sortir du lot et à se faire connaître mondialement ont tous reçu une éducation ou une instruction occidentale, loin de l’optimum des possibilités que leur aurait offert leur terre d’origine qui uniformise et essentialise les êtres humains. Les Français qui redoutent l’islamisation de la France, par la politique ou par la guerre, ne peuvent plus se taire. L’heure est grave. Il faut oser, parler, agir. Que ceux qui attendent et qui espèrent, secrètement, derrière une porte close, loin du concours de l’action, ne se plaignent pas le jour où leur droit de garder le silence deviendra un devoir de se taire.

 

 

Majid Oukacha tient à remercier les entreprises comme Google et Twitter, qui mettent à la disposition du plus grand nombre des outils gratuits qui promeuvent la pluralité des opinions et la liberté d’expression comme aucun média mainstream français ne le peut aujourd’hui. https://twitter.com/MajidOukacha

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