Acier: Pittsburgh et sa région réconfortés par Trump

dimanche, 11.03.2018

L'ancienne capitale mondiale de l'acier se reprend à espérer regagner sa place suite à la décision de Trump de taxer les importations d'acier.

Michael Mathes

A Pittsburg, Pittsburgh, l'industrie lourde est depuis longtemps passée au second plan. (David Rochberg)

Pittsburgh et sa région paupérisée étaient autrefois la capitale mondiale de l'acier. Les hauts fourneaux ont quasiment disparu, mais les tarifs protectionnistes annoncés par le président américain Donald Trump cette semaine ont été salués par industriels et syndicats.

A la surprise générale, la Pennsylvanie a voté pour Donald Trump à l'élection présidentielle de 2016. La mobilisation de la classe ouvrière a fait du milliardaire new-yorkais le premier républicain à l'emporter dans cet Etat depuis 1988.

La décision du magnat de l'immobilier de taxer l'importation d'acier et d'aluminium étrangers a donc donné espoir que "le déclin de ces secteurs peut être renversé", explique Tom Conway, haut responsable du syndicat métallurgique United Steelworkers International. Plus qu'une simple mesure protectionniste, cette décision est pour eux un moyen de rendre sa grandeur d'antan à un secteur sinistré.

"On va beaucoup gagner"

La fédération syndicale représente encore 850.000 travailleurs en Amérique du Nord, dans de nombreux domaines d'activité. Elle était représentée à la signature des tarifs jeudi à la Maison-Blanche. Un dirigeant du secteur y voyait de l'espoir et "un énorme retour" de l'industrie.

"L'effet total est positif", assure ainsi Piotr Galitzine, directeur général de TMK-IPSCO, filiale américaine d'un fabricant russe d'oléoducs et gazoducs. Le groupe emploie quelque 2000 salariés américains dans 10 usines à travers le pays et se dit "ravi" de cette décision présidentielle.

Les usines américaines produisent à la fois des pipelines et de l'acier. Certes, "nous perdrons un peu du côté importation, mais on va beaucoup gagner sur le marché américain", assure le responsable.

"Tout le monde sait que beaucoup d'ouvriers ont voté pour M. Trump à cause de sa promesse de ramener des emplois", après 40 années de déclin, rappelle-t-il. Le milliardaire se rendra samedi dans l'ouest de la Pennsylvanie pour une une réunion publique de "campagne", quelques jours avant une élection législative partielle très attendue.

5000 emplois sidérurgiques

Mais les taxes annoncées par le président américain sont loin d'illustrer la totalité de l'impact économique des tarifs. Beaucoup plus de groupes industriels américains s'attendent à une hausse de leurs coûts de fabrication, car ils dépendent de l'acier étranger comme matériau.

Le prix des voitures américaines ou des canettes de bière augmentera mécaniquement, dit Christopher Plummer, président de la société de conseil Metal Strategies. "Reste à savoir à quel point ce sera douloureux", dit-il.

Le Canada (exempté), le Brésil, la Corée du Sud et la Russie sont les quatre premiers fournisseurs d'acier des Etats-Unis. Pour l'aluminium, le Canada (également exempté), la Chine et la Russie arrivent en tête. Ces pays pourraient imposer des droits de douane sur des produits d'exportation américains en représailles.

Quant à Pittsburgh, l'industrie lourde est depuis longtemps passée au second plan. "L'industrie lourde ne reviendra pas dans l'ouest de la Pennsylvanie", explique Chris Briem, économiste régional à l'université de Pittsburgh. "Il n'y a plus d'aciéries à rouvrir", assène-t-il.

De plus de 100.000 emplois dans les aciéries dans les années 1950, il n'en reste qu'environ 5000. A la place, de l'activité manufacturière de haute technologie s'installe. (afp - ats)





 
 


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