Renforcement de l'activité manufacturière en Chine

dimanche, 01.10.2017

L'activité manufacturière en Chine a de nouveau accéléré en septembre, confortant son rebond d'août à la faveur d'une demande intérieure solide.

L'indice indépendant Caixin fait a contrario état d'un inquiétant essoufflement de de l'activité manufacturière. (Keystone)

L'indice des directeurs d'achat (PMI) publié par le Bureau national des statistiques (BNS), un organisme gouvernemental chinois, s'est établi le mois dernier à 52,4, contre 51,7 en août. Un chiffre supérieur à 50 marque une expansion, et en-deçà signale une contraction de l'activité. Ce baromètre, fondé notamment sur les carnets de commandes des entreprises, est jugé annonciateur de la conjoncture future dans la deuxième économie mondiale.

"Nous voyons une solide dynamique du secteur manufacturier", grâce à une demande intérieure et internationale résistante et au boom des industries de technologies de pointe, s'est enthousiasmé Zhao Qinghe, un cadre du BNS cité par la presse d'Etat.

Sans toutefois exclure un facteur conjoncturel: les achats de cadeaux et de vêtements gonflent avant les longues vacances de la fête nationale début octobre, apportant un coup de fouet opportun à la consommation chinoise dans son ensemble.

De l'autre côté, le groupe de médias Caixin publiait samedi son propre indice PMI manufacturier, calculé de façon indépendante par le cabinet IHS Markit... et dépeignant un tableau bien plus morose.

Ce "PMI Caixin-Markit" s'est établi en septembre à 51, après 51,6 en août et 51,1 en juillet.

Certes, l'activité continue donc de croître, mais à un rythme nettement ralenti, pénalisée par l'essoufflement de la production et des nouvelles commandes.

"L'économie chinoise est restée stable au troisième trimestre. Mais (soucieuses de ménager la demande), les entreprises en bout de chaîne font pression pour baisser les prix, ce qui entame la rentabilité des firmes" dans tout le secteur, observe Zhengsheng Zhong, économiste au cabinet CEBM du groupe Caixin.

Le chiffre de Caixin-Markit se base sur un sondage auprès de quelque 400 firmes, dont des PME du secteur privé, et est parfois jugé plus représentatif que l'indice gouvernemental -- lequel se concentre sur les grands groupes et les sociétés publiques.

La Chine a enregistré au premier comme au deuxième trimestre une croissance de 6,9%, alimentée par la dépense publique et le crédit, sur fond de boom des investissements dans l'immobilier et les infrastructures.

Mais de l'avis de certains experts, le récent durcissement réglementaire engagé par Pékin à l'encontre du secteur financier, en vue de dégonfler l'endettement colossal du pays, pourrait compliquer le financement des entreprises et peser sur l'activité. (awp)


 

 


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