L'initiative No Billag met l'offre médiatique en concurrence

dimanche, 10.12.2017

La diversité et la liberté du paysage médiatique seront encouragées en cas de oui à l'initiative No Billag, assure le comité qui la soutient.

Nicolas Jutzet, président du comité de campagne romand. (Keystone)

Pour le comité qui soutient l'initiative "No Billag", la liquidation pure et simple de la SSR n'est pas un scenario crédible. Elle s'autofinancerait notamment grâce à des abonnements ou des donations.

Actuellement, les privilèges accordés par l'Etat à la SSR faussent le marché et freinent la capacité d'innovation des acteurs privés, peut-on lire sur le site du comité d'initiative. La suppression de la redevance radio-tv créerait un marché avec une concurrence "plus libre, plus juste".

Cela mènerait à une offre "de meilleure qualité, à un prix plus bas". "Notre initiative ne vise pas à dessiner un paysage médiatique. Nous ne voulons pas d'un plan gouvernemental sur ce que doit être notre société médiatique", souligne Nicolas Jutzet, président du comité de campagne romand.

Pour les partisans de "No Billag", l'information de qualité n'est pas en péril, car les citoyens souhaitent y avoir accès. Simplement, ils pourront le faire via le média qui leur convient le mieux. L'initiative "veut redonner la liberté à chacun de choisir", résume Nicolas Jutzet.

Publicité ou abonnement

En cas d'acceptation de l'initiative, la SSR devrait se redimensionner en fonction des intérêts de son public, selon les initiants. "Elle possède toutes les qualités nécessaires pour se faire sa place dans un marché libre, grâce à ses infrastructures, sa main-d'oeuvre qualifiée et sa clientèle fidèle", argumente M. Jutzet, aussi vice-président des Jeunes libéraux-radicaux Neuchâtel (JLRN).

Pour se financer, elle pourrait par exemple proposer de conclure des abonnements, un modèle de pay-per-view, ou encore compter sur des donations, explique-t-il. De plus, sans redevance, la SSR pourrait "même voir ses entrées publicitaires augmenter, par exemple si on lève l'interdiction de faire de la publicité en ligne ou sur ses radios", ajoute le président de comité romand.

Une possibilité serait de mettre à disposition gratuitement partout en Suisse ses programmes d'actualité, via un financement publicitaire, tout en faisant payer ses programmes de divertissement, estime encore le comité d'initiative dans son argumentaire.

Selon ses partisans, "No Billag" ne menace pas la cohésion nationale. L'information de qualité, la prise en compte des intérêts de chacun, et le respect des différents publics restera au coeur des valeurs de la SSR dans un marché libre, argumente Nicolas Jutzet.

Sa légitimité se base en grande partie sur cette volonté de représenter la Suisse dans sa diversité. Le fait de proposer une distribution financière interne favorable aux minorités linguistiques fera office d'argument de vente convaincant, déclare M. Jutzet.

Selon lui, "la cohésion nationale se bâtit sur une solidarité volontaire. Il est donc nécessaire de donner la chance aux citoyens de l'exprimer". Près de 60% des partisans de l'initiative seraient prêts à payer spontanément 200 francs ou plus, selon un sondage mené par l'institut de recherche DemoSCOPE.

Les médias privés favorisés

Les médias privés régionaux, qui dépendent actuellement en grande partie de la redevance, trouveront, eux aussi, des financements s'ils remplissent un rôle important pour les différentes régions. Le public est sensible à leur offre traitant des thématiques qui leur sont proches.

C'est d'autant plus vrai que l'actuelle distribution de la redevance ne laisse que des miettes aux radio et TV régionales, alors que dans un marché libre, chaque entreprise pourra convaincre le citoyen de son utilité, avance M. Jutzet. Par ailleurs, les cantons auront toujours la possibilité de soutenir leurs médias régionaux s'ils l'estiment nécessaire, précise-t-il.

Quant aux chaînes audio-visuelles étrangères qui pourraient avoir un accès libre sur le marché suisse, "aujourd'hui déjà, en grande partie, les citoyens de ce pays les regardent".

Dans une société ouverte et tolérante, l'argument de la provenance nationale est creux, selon M. Jutzet. "Sinon, nous devrions nous battre pour l'émergence d'un moteur de recherche national, d'un Netflix et d'un Spotify national". (awp)

 

 


 

 



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