VivaTech Paris: l’innovation déclinée au masculin

dimanche, 19.05.2019

Intelligence artificielle, 5G, blockchain, calculateur quantique, santé connectée, mobilité réinventée, environnement à préserver, tels ont été les grands thèmes de cette édition de Vivatech. Impressions et visite guidée.

Zeynep Ersan Berdoz *

des robots pour accueillir les visiteurs au salon Vivatech. (Keystone)

Le salon Viva Technology (VivaTech) a fermé ses portes samedi à Paris avec plus de 100.000 visiteurs selon les organisateurs qui ont parcouru durant trois jours les allées de ce rendez-vous majeur de l’innovation. La Suisse y tenait pavillon, visible de loin grâce au hashtag géant #SWISSTECH. Nicolas Bideau, en chef d’orchestre, et ses équipes ont joué une partition sans faute (lire notre édition de vendredi).

Avant même d’accéder dans le hall principal, le visiteur – qui avait pourtant pris soin de télécharger l’application dédiée – se retrouvait submergé de papier. Joli paradoxe ! A peine entré, plus de doute : Google à gauche, Facebook à droite, des robots en mouvement un peu partout. Et, au-delà des clichés, cherchant à se faire connaître, un grand nombre de start-ups, couvrant des champs d’application aussi vastes que l’éducation, les voyages, la santé, le travail, l’inclusion, ont fait la particularité de l’événement.

Sélection subjective de six projets, au gré des pérégrinations :

  • Dayuse, plate-forme de réservation hôtelière de jour qui réunit 5000 partenaires hôteliers dans 23 pays.
  • Edgar, assistant de conciergerie pour hôtels.
  • Eelway, service de consignes à bagages.
  • Faciligo, réseau social d’entraide entre voyageurs dans tous les transports.
  • The Trip, planificateur de mobilité pour tendre vers la neutralité carbone.
  • Ou encore TravelBudds, qui ambitionne de devenir le premier assistant de voyage personnalisé basé sur l’intelligence artificielle.

Si l’intelligence artificielle était sur toutes les lèvres, la 5G, la blockchain, la santé connectée, la course à l’espace, la mobilité réinventée, l’environnent à préserver, ont été les grands thèmes de cette quatrième édition.

Seule ombre au tableau de la créativité entrepreneuriale : la quasi absence de femmes. Discuter de ces sujets ou évoquer des projets concrets avec des interlocutrices a été un défi qui, malgré une volonté affichée et une grande motivation, n’a été que très partiellement relevé...

Où sont les femmes ?

Malgré la tenue d’une conférence « Girl Power : la tech nous donne des Elles », animée par des oratrices dans un format mi-conférence, mi-spectacle, très peu de femmes parmi les visiteurs et dans les pavillons. Nous avons voulu obtenir des chiffres sur le nombre de femmes à la tête des sociétés et des start-ups présentes à VivaTech, « très bonne question !», ont indiqué les organisateurs, qui ont toutefois promis de fournir ce chiffre à l’avenir…

Dans une étude publiée au début de l’année, KPMG fournit quelques données :  « si le nombre de levées de fonds dans la tech est en légère diminution, les montants levés par les femmes dirigeantes augmentent de 68%. En revanche, le ratio des levées de fonds féminines par rapport à l’ensemble du marché ne parvient pas à dépasser le plafond de verre des 15% ».

Les quelques rares dirigeantes rencontrées sur place ont été unanimes : de manière générale, ont-elles indiqué, les femmes craignent encore trop souvent d’être « un peu tête brûlée ». Et cela commence dès le plus jeune âge, dans les familles, où les filles sont plus souvent appelées à rester calmes, pausées. « Mais les jeunes générations arrivent, je crois, je l’espère, à sortir de ces schémas. Je suis donc optimiste pour les années à venir », lance Charlotte, CEO d’une start-up française active dans la culture de fruits et légumes en milieu urbain.

Afin de montrer l’exemple, le magazine Les Echos, partenaire de VivaTech, a dressé le portrait de « douze femmes puissantes » dans son numéro spécial, dont certaines étaient présentent à Paris. Sur les douze, sept sont Américaines, deux Chinoises, deux Françaises et une Danoise. Parmi elles, Cinni Rometty et Susan Wojcicki (US), respectivement PDG d’IBM et de YouTube, mais aussi Lucy Peng, présidente exécutive de Lazada et qui a lancé la plus grande fintech du monde (Chine).

*Directrice communication et innovation chez Aevis Victoria SA

 

 





 
 

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