Certificat tracker sur une Chine plus propre

dimanche, 10.02.2019

Finance durable. Le panier Julius Baer Cleaner China Basket comprend dix sociétés rentables exposées à la transition énergétique orchestrée par les autorités chinoises.

Levi-Sergio Mutemba

La Chine inquiète. Du moins l’économie chinoise traditionnelle. Mais les entreprises les plus actives dans le développement durable peuvent-elles tirer leur épingle du jeu de la transition énergétique voulue par Pékin? Et à quel rythme? Après avoir perdu plus d’un cinquième de sa capitalisation en 2018, le fonds négocié en bourse MSCI China ETF a rebondi d’environ 12% depuis début janvier, sur fond de retour de la confiance sur les marchés globaux. Mais le risque d’une ré-escalade des tensions entre les États-Unis et la Chine demeure une possibilité.

L’endettement des entreprises inquiète

«L’inquiétude porte sur l’endettement des entreprises, évalué à plus de 4000 milliards de dollars et sur les difficultés de financement des entreprises privées qui représentent 50% de l’économie mais ne reçoivent que 10% des crédits depuis que les contrôles sont renforcés contre le shadow banking», souligne Bruno Desgardins, Directeur Général Adjoint de la Banque Eric Sturdza à Genève. Qui rappelle, dans ses Perspectives Économiques & Financières publiées vendredi, que celles-ci recevaient en 2012 un tiers des crédits.
«Beaucoup de sociétés affichent des pertes, près de 400 selon Wind data en 2018 pour un total de 50 milliards de dollars», poursuit Bruno Desgardins. «On constate une aggravation du nombre d’entreprises déficitaires suite à des dépréciations d’actifs ou des retards de paiements des fournisseurs.» C’est dans ce contexte d’incertitudes liées à la croissance chinoise qu’a débuté jeudi le négoce du tracker JB Cleaner China Basket 2019 (ISIN CH0359144828).
Il s’agit d’un produit de participation à l’évolution d’un panier d’entreprises chinoises liées aux industries favorables à l’environnement. S’échangeant en dollars, arrivant à échéance le 29 janvier 2020, le tracker émis par Julius Bär compte 10 sociétés cotées à Hong Kong et auxquelles l’émetteur a attribué un poids égal de 10%.
Ces entreprises ont été sélectionnées notamment sur la base de leur exposition aux réformes entreprises par le Gouvernement en vue d’accélérer la transition énergétique. La NEA, administration nationale de l’énergie en Chine, vise par exemple à plafonner à 58% la contribution du charbon dans la consommation énergétique, d’ici l’année prochaine. Elle était de 79% en 2010. Les autorités souhaitent également accroître à 10% le poids du gaz naturel dans la consommation totale contre 5,9% il y a encore quatre ans.

Byd, le leader chinois des véhicules électriques

Parmi les titres du panier du tracker, l’on retrouve, par exemple, le leader chinois de la construction de véhicules électriques Byd. Qui, explique Julius Bär, est doté d’un vaste réseau de concessionnaires et d’une longue expérience en ce qui concerne les opérations commerciales. Byd figure ainsi parmi les entreprises susceptibles de bénéficier le plus de la politique du Gouvernement visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Rappelons que le secteur automobile chinois constitue la principale cause de la multiplication des particules fines en suspension, cancérigènes pour les êtres humains, dont la quantité est actuellement plus de 40 fois plus élevée que le seuil limite défini par l’OMS. Autres société à bénéficier de la transition énergétique, China Everbright International (CEI). Cette entreprise est leader dans la production d’électricité et de chaleur à partir des déchets.

CEI: retours sur investissement élevés

CEI affiche l’un des retours sur investissement les plus élevés, grâce, entre autres, à un excellent ratio d’utilisation des actifs et un accès aux sources de financement les moins coûteuses. Citons aussi Huaneng Renewables, l’un des trois plus importants producteurs d’énergie éolienne, dont le positionnement géographique se traduit par des installations situées dans les zones à force de vent les plus significatives.
Soulignons que cette entreprise est détenue par la holding China Huaneng, contrôlée par l’État, le plus grand producteur d’électricité en Chine. Enfin, Beijing Enterprises Water (BEW) est active dans le traitement des eaux et les solutions de rénovations environnementales. Son inclusion au sein du tracker s’explique, selon Julius Bär, par la politique chinoise d’expansion des capacités de traitement des eaux.





 
 

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