Dégradations de la note financière de l'Afrique du Sud

dimanche, 26.11.2017

Deux agences de notation financière ont à nouveau dégradé la note de l'Afrique du Sud, victime de ses performances économiques atones et d'un climat politique délétère alimenté par les accusations de corruption contre le président, Jacob Zuma.

L'Afrique du Sud souffre depuis des années d'une croissance au ralenti, d'une hausse de sa dette et de ses déficits publics et d'un chômage de masse.

Dans une note publiée dans la nuit de vendredi à samedi, Standard & Poor's a annoncé avoir abaissé deux notes de crédit de l'Afrique du Sud à BB et BB+ pour cause de "PNB (produit national brut) réel faible" et de "dégradation des finances publiques".

L'agence Moody's a de son côté placé la note sud-africaine sous perspective négative à Baa3-.

"Les perspectives de croissances se sont réduites", a relevé Moody's, anticipant "une hausse plus rapide et plus importante que prévu de la dette publique" du pays.

Jeudi, l'agence Fitch avait, elle, confirmé sa note à BB+, déjà dans la catégorie dite "spéculative".

L'économie la plus industrialisée du continent africain souffre depuis des années d'une croissance au ralenti, d'une hausse de sa dette et de ses déficits publics et d'un chômage de masse (27,7%).

Le ministre des Finances, Malusi Gigaba, a récemment revu à la baisse les prévisions de croissance pour 2017 de 1,3% à 0,7%.

Ce triste tableau est aggravé par la crise politique qui secoue le pays depuis des mois autour d'une longue série d'affaires de corruption impliquant le chef de l'Etat et le gouvernement du Congrès national africain (ANC), qui inquiète les marchés.

Ces tensions sont encore accrues par la course à la succession de M. Zuma à la tête de l'ANC. Le parti de Nelson Mandela doit choisir son nouveau chef le mois prochain.

"Un calendrier politique majeur perturbe les prises de décisions économiques", a noté S&P dans sa note.

Dans un communiqué, le département du Trésor a répondu aux agences en réaffirmant son "engagement fort à traiter les difficultés structurelles afin de relancer la croissance et redresser la situation des finances publiques".

S&P et Moody's "ont envoyé un nouveau message ferme à l'Afrique du Sud afin qu'elle remette de l'ordre (dans son économie) au plus vite", a commenté le professeur Raymond Parsons, de la North West University de Potchefstroom (nord).

M. Zuma doit quitter le pouvoir à l'issue des prochaines élections générales prévues en 2019. (awp)


 

 




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