Contrer l’inégalité entre hommes et femmes en matière de patrimoine

mercredi, 05.12.2018

Philippe G. Müller*

Philippe G. Müller

Au vu de la précarité croissante du système de prévoyance, la situation financière des retraités semble plus incertaine que jamais. Il est donc d’autant plus important de se préoccuper tôt et activement de sa prévoyance vieillesse. Quelques conseils avisés et certains bons tuyaux permettent d’accroître les chances de toucher un revenu convenable à la retraite.

Ces conseils pratiques sont particulièrement pertinents pour les femmes, car elles sont encore et toujours confrontées à des défis financiers plus importants que la moyenne. La vie est ponctuée d’innombrables décisions et événements. Or, on a tendance à ne considérer que leurs conséquences à court terme. Comme le montre une récente étude de la Recherche d’UBS, beaucoup de ces décisions prises dans la vie professionnelle et privée ont des répercussions à long terme, parfois lourdes, principalement sur la prévoyance vieillesse.

En moyenne, les femmes à l’âge de la retraite ont moins de fortune et des rentes moins cossues. Cela s’explique par le fait qu’elles ont des revenus généralement plus faibles, travaillent plus souvent à temps partiel et ont une espérance de vie supérieure. Conséquence: une retraite plus longue à financer.

L’enquête mentionnée, réalisée en coopération avec gfs-zürich montre que les femmes placent leurs avoirs de prévoyance privée plus tard et plus prudemment que les hommes. Elles auraient dès lors d’autant plus intérêt à tenir compte d’informations et de conseils pour améliorer leurs revenus à la retraite.

Dans la publication «Comment sécuriser sa prévoyance-vieillesse - Quelques conseils pour tout un chacun», les économistes d’UBS ont analysé la situation financière individuelle de plusieurs femmes dans différentes situations de vie. Le taux d’occupation, l’environnement de travail, les habitudes d’investissement, la situation familiale et l’espérance de vie sont autant de facteurs qui ont été pris en compte.

Les auteurs de l’étude ont exploré diverses hypothèses afin de mettre en évidence les répercussions concrètes de différentes décisions et événements sur les revenus attendus des 1er, 2e et 3e piliers. Ainsi, au lieu de conserver un taux d’occupation de 60% jusqu’à la retraite, le relever progressivement à mesure que les enfants grandissent peut faire augmenter le revenu moyen de 73.000 à 95.000 francs, ce qui équivaut à 400 francs de rente mensuelle supplémentaire à la retraite.

Mais les hommes aussi ont souvent de quoi améliorer leur situation. Même avec un haut salaire et un travail à temps plein, il vaut la peine d’examiner soigneusement les prestations de la caisse de pension de son employeur. En effet, si seule la part obligatoire du salaire est assurée, la rente de vieillesse pour un revenu annuel moyen de 100.000 francs sera inférieure de 10% à une rente où la part surobligatoire est également assurée.

Les auteurs soulignent toutefois que, malgré les possibilités d’optimisation individuelles, des fondements juridiques adaptés au monde actuel sont aussi nécessaires. Les modèles traditionnels de famille et de carrière pourraient être adaptés en plaçant les parents sur un pied d’égalité en matière d’éducation.

Les 1er et 2e piliers nécessitent des assises financières durables. En revanche, le 3e pilier devrait proposer des solutions novatrices, comme la possibilité d’effectuer des rachats ultérieurs pour compléter le pilier 3a.

* Economiste responsable pour la Suisse romande, UBS





 
 

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