Compassion et tolérance, des valeurs fondamentales dans nos entreprises

mercredi, 20.02.2019

Céline Renaud*

Céline Renaud

Un mardi matin, à 9 heures, après être passée à nos ateliers au Sentier, j’arrive à notre showroom au Brassus pour préparer la salle pour une «Dégustation de son». Sur le trajet, je suis passée devant trois manufactures de haute horlogerie. Sur les parkings, des voitures au plaques principalement françaises certes, et également éclectiques. En plus des quelques VD, j’y découvre des GE, VS et NE et même un BE et un AG. Comment faire vivre en communauté harmonieuse tout ce monde?

La pluriculturalité n’est pas qu’internationale, elle peut être régionale ou éducationnelle. Quand un Valaisan travaille avec un Vaudois, un Genevois avec Neuchâtelois et encore avec un Bernois, il peut forcément surgir des mésententes. Et si cela représente un melting-pot à la Suisse, à cela s’ajoute les Français du Doubs et du Jura, de Paris, de Marseille et de Bretagne. Joli mélange! Rajoutons toutes les autres cultures européennes, avec en tête le Portugal, suivi de l’Italie et de l’Espagne ainsi que les pays balkans. Et pour finir des personnes issues des quatre autres continents. Cela peut parfois créer des étincelles et péjorer fortement le climat de travail avant même les conditions difficiles, physiques, de bruit ou encore de longs trajets.

Comment le patron d’aujourd’hui peut-il créer de l’harmonie? En empruntant des préceptes universels de paix, en favorisant la compassion et la tolérance. La compassion consiste à savoir se mettre à la place de l’autre, comprendre sincèrement et véritablement les enjeux de l’autres et éprouver pour l’autre. Il se cache derrière chaque humain une histoire dont on ne se douterait jamais. Si cette personne venait à décéder subitement, en serions-nous affectés? J’en suis sure. Alors agir en savourant le temps passé à ses côtés et découvrir qui se cache réellement derrière la façade.

La tolérance est l’autre mot-clé dans la recherche d’harmonie au sein de l’entreprise. La différence heurte notre propre culture familiale. L’humain a tendance à rejeter ce qui est différent plutôt que de valoriser la curiosité et la découverte. Tout comme l’encouragement à l’innovation, il serait intéressant de consciemment favoriser une attitude ouverte face à la nouveauté tout en se réjouissant de découvrir une autre manière de penser, d’agir, de manger, de s’habiller, de danser... car la musique lie! Pourquoi ne pas plonger dans la culture de l’autre et appréhender avec joie ses habitudes musicales? Il est compliqué de passer une seule musique dans un atelier et pourtant ô combien enrichissant pour ceux qui y parviennent.

Il n’en reste que les patrons doivent gérer d’énormes conflits interculturels au sein de leurs entreprises et les coûts en résultant sont gigantesques: absentéisme, burn-out, dépression, rebus, déconcentration, diminution de vitesse si ce n’est pas coups physiques. On vit dans une société multiculturelle, l’époque où les gens venaient travailler des villages alentours et où il y avait une seule référence en matière de culture est révolue. Alors, vive la découverte, aux multiples couleurs et odeurs ainsi qu’aux nombreuses sonorités!

* CEO et fondatrice de JMC Lutherie





 
 

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