Les CFF ne parlent plus français. Est-ce normal?

mercredi, 14.03.2018

L’ex-régie fédérale exige l’allemand dans de nombreux appels d’offres. Tollé en Suisse romande. L’Agefi ouvre le débat.

Fathi Derder

Les CFF ne comprennent visiblement plus le français. L’entreprise publique exige de plus en plus souvent l’allemand dans ses appels d’offre publics. Voire même un niveau C1, proche de la langue maternelle. Les entreprises romandes s’insurgent, comme le révélait L’Agefi, et combattent cette mesure discriminatoire condamnée par le Tribunal administratif (lire nos éditions des 7 et 12 février). 

Et pourtant, rien ne change. Le Conseil fédéral admet que c’est problématique, mais n’intervient pas. Les romands se mobilisent à Berne. Une motion du conseiller national Jacques Bourgeois (PLR) exige une garantie de l’usage des langues nationales dans les appels d’offres publiques. Le président d’Helvetia Latina Jacques-André Maire (PS) le rejoint dans une interpellation déposée mardi: «Est-il admissible qu’une entreprise telle que les CFF ne se soumette pas spontanément à une décision du TAF?» La réponse est non: il est inacceptable qu’une entreprise publique sacrifie le multilinguisme. 

L’enquête en ligne lancée par L’Agefi confirme l’émergence légitime du tollé romand. A juste titre: dans un pays profondément multilingue, c’est un dérapage public. A corriger d’urgence.

Lire notre dossier spécial: les PME romandes en VO





 
 

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