Le momentum pour investir dans les actions chinoises

jeudi, 08.08.2019

Plus efficaces et plus sophistiqués, les marchés boursiers chinois, entrés dans une nouvelle phase, ont gagné en attractivité pour les investisseurs mondiaux.

Maria Sala*

Bien que l’économie chinoise soit un moteur clé de la croissance mondiale, la plupart des investisseurs ont une exposition minimale aux actions chinoises. Alors que l’accès à ces actifs, jusque-là restreint, se libéralise, saisir l’opportunité semble d’autant plus indiqué qu’un tel investissement promet rendements, diversification et décorrélation des autres marchés boursiers.

Les actions A sont des actions de sociétés domestiques chinoises cotées uniquement sur les bourses de Shanghai et de Shenzhen en renminbi par opposition aux actions de sociétés domestiques H cotées sur la bourse de Hong Kong en dollars de Hong Kong. Seules les secondes sont accessibles directement aux investisseurs étrangers, tandis que les premières sont essentiellement (80%) aux mains des particuliers. L’univers des actions chinoises, que ce soit large ou mid caps, a longtemps été restreint au petit nombre des actions H par rapport à l’univers globale des actions chinoises. Cela a changé avec la décision, sans précédent, de MSCI d’ajouter des actions A chinoises à ses indices de référence, notamment des marchés émergents (MSCI Emerging Markets) et mondial MSCI (ACWI), en mai 2018. Une décision qui se justifie pleinement par une série de facteurs. Les premiers sont liés à l’évolution de l’économie chinoise: d’une part, les autorités chinoises, tenant compte des leçons du passé, ont engagé un processus de libéralisation et d’ouverture des marchés financier du pays aux investisseurs étrangers. D’autre part, après des décennies pendant lesquelles l’essor de la Chine a été tiré par les investissements, laissant peu d’argent à distribuer aux actionnaires, l’économie est passée à une croissance tirée par la consommation. Les conditions sont réunies pour que les marchés boursiers chinois entrent dans une nouvelle phase: plus efficaces et plus sophistiqués, ils sont plus attractifs pour les investisseurs mondiaux. Et ce d’autant plus que leur valorisation n’a pas suivi le rythme de la croissance vertigineuse de l’économie, un retard prometteur, ceteris paribus, de gains futurs. Les seconds facteurs tiennent à la sous-pondération des actions A dans les indices de référence, qui privait les investisseurs étrangers d’une exposition à des secteurs en plein croissance en Chine, ceux de la consommation de base, de la consommation discrétionnaire et de la santé, dans lesquels les actions A ont des pondérations nettement plus élevées que les actions H. Même avec leur ajout par MSCI en octobre 2018 à hauteur de 5% de leur capitalisation boursière ajustée, leur pondération dans l’indice EM ne dépassait pas 0,8% et 0,1% dans l’indice ACWI, pour un poids total de la Chine dans l’indice ACWI de 3,4%. Si MSCI réalise son objectif d’inclure au total 20% des actions A en novembre 2019, ce qui représenterait un quadruplement par rapport à aujourd’hui, la pondération des actions A dans l’indice EM serait de 2,8%. Il faudrait que les actions A soient incluses à leur pleine capitalisation boursière ajustée, pour représenter environ 16% des marchés émergents et 2% de l’indice ACWI et refléter leur importance réelle: leur univers excède celui de l’ensemble des actions d’Europe continentale, sa capitalisation dépasse celle de l’indice MSCI Emerging Markets. Globalement la capitalisation boursière de la Chine dépasse de loin sa représentation dans les indices mondiaux.

Une opportunité de diversification et de performance temporaire

Ainsi, si cette nouvelle donne crée des opportunités, elle reste modeste. La question se pose donc de rentrer sur ce marché avec des stratégies ciblées et autonomes, qui offrent une exposition plus complète à la Chine. Laquelle occupe l’une des positions financières extérieures les plus fortes sur tous les marchés émergents, résultant de son excédent courant, de son faible niveau d’endettement extérieur et de son importante base d’épargne intérieure. Il s’agit de profiter des avantages de diversification, de forte performance et de faible corrélation entre les actions A et les indices boursiers mondiaux et émergents (voir le graphique).

Des avantages qui vont probablement s’éroder du fait de l’ouverture continue du marché pour les investisseurs institutionnels et du fait que MSCI, qui pourrait suivre d’autres producteurs d’indices, augmente le poids des actions A dans les indices de marché émergents et autres indices mondiaux.

* Director, Blackrock





 
 
 

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