Une trêve dans le conflit commercial

lundi, 03.12.2018

Marché actions. Washington et Pékin sont parvenus à un accord qui devrait soulager les investisseurs.

Valentin Girard*

Lors du sommet du G20 à Buenos Aires, très attendu par les investisseurs, Donald Trump et Xi Jinping ont déclaré samedi avoir trouvé une trêve dans le conflit commercial entre les Etats-Unis et la Chine. Les deux présidents ont décidé que Washington renonce à relever, comme initialement prévu à partir du 1er janvier 2019, les droits de douane de 10% à 25% sur 200 milliards de dollars d’importations chinoises. En contrepartie, Pékin s’engage à acheter une quantité substantielle de produits américains pour réduire l’énorme déséquilibre commercial entre les deux pays. Il faut savoir que cette décision est valable pour 90 jours. 

Si les deux pays n’arrivent pas à s’entendre dans leurs négociations commerciales, les droites de douanes sur les importations chinoises, actuellement à 10%, seront tout de même portés à 25%. D’une manière générale, les investisseurs devraient être soulagés qu’un accord ait été trouvé lors de cette rencontre.

Les principaux indices d’actions aux Etats-Unis ont déjà progressé mercredi passé, comme ils ne l’avaient plus fait depuis trois semaines, après que le patron de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, a estimé que les taux étaient «juste au-dessous» d’un niveau neutre. Les investisseurs, qui redoutaient depuis plusieurs mois une remontée trop rapide des taux d’intérêt, ont considéré ce commentaire comme un signe que la Fed poursuivra une politique de resserrement monétaire moins agressive. Par contre, la Fed dévie modérément de sa trajectoire car elle se trouve face au ralentissement de la croissance mondiale. Elle va donc passer à une approche plus souple. A partir de 2019, Jerome Powell tiendra huit conférences de presse, contre seulement quatre cette année.

Coup de frein abrupt

En Suisse, les perspectives conjoncturelles se sont assombries. Contre toute attente, l’économie helvétique a souffert au 3e trimestre après que le produit intérieur brut (PIB) a reculé de 0,2% en termes réels par rapport aux trois mois précédents. Sur un an, la progression s’affiche à 2,4%, une hausse solide mais inférieure aux dernières analyses. Il s’agit d’un coup de frein abrupt, après une phase de croissance dynamique depuis 18 mois.

Recommandations

Georg Fischer (ISIN: CH0001752309, prix: CHF 777.-)

Le groupe a décroché récemment d’importantes commandes du secteur aéronautique américain. Fort de trois divisions, systèmes de tuyauterie (40% du CA), pièces moulées pour l’industrie automobile (35% du CA) et machines-outils (25% du CA) le conglomérat suisse a souffert du désamour des investisseurs cumulant le rejet de tout ce qui touche au secteur automobile ainsi que des craintes liées aux taxes douanières. Le groupe peut cependant surfer sur différentes tendances de marchés comme le besoin croissant en systèmes de refroidissement dans les bâtiments industriels (centre de calcul) et la demande grandissante dans le secteur automobile pour des pièces plus légères (moulage en aluminium). 

Le cours boursier s’est affiché en forte baisse cette année (-40%) malgré des résultats 2018 qui seront très bons. Ce titre cyclique, dont la capitalisation boursière dépasse les 3 milliards de francs, cumule aujourd’hui un certain nombre d’éléments plaidant en faveur de la reprise du cours. Il a été injustement pénalisé, avec une décote de 30% par rapport au secteur ainsi que par rapport à sa propre valorisation historique, Georg Ficher fait partie des titres suisses ayant subi la plus forte compression de valorisation en 2018. Son dividende de plus de 3% fait également partie de ses attraits. 

A 11 fois les bénéfices 2019 et moins de 7 fois la valeur d’entreprise sur l’EBITDA, le titre est aujourd’hui attractif et entre dans notre liste de recommandations d’achat.

Palo Alto Networks (ISIN: US6974351057, prix: USD 172.95)

La société opère dans le domaine de la sécurité informatique. L’entreprise, leader dans les firewalls dits de nouvelle génération, offre des solutions qui visent à prévoir, détecter et répondre aux attaques via des logiciels évolutifs, plus rapides et réactifs selon les situations rencontrées.

Le marché de la cyber-sécurité est bien orienté, avec une croissance estimée autour de 10-11% annuels à horizon 5 ans. Le nombre d’attaques augmente et elles deviennent plus complexes, s’étendant aux appareils mobiles et au stockage cloud.

Les résultats trimestriels publiés par Palo Alto ainsi que ses prévisions se situent largement au-dessus du consensus. Les revenus ont ainsi augmenté de 31% à 656 millions de dollars contre 632 millions de dollars attendus. Par ailleurs, une proportion croissante des recettes provient d’abonnements, ce qui soutient l’expansion du free cash-flow. Un élément qui peut sembler négatif est l’envol des dépenses d’exploitation (+22%). Mais, comme beaucoup d’entreprises technologiques en expansion, Palo Alto fait face à d’importants coûts, notamment en R&D (17% du chiffre d’affaires) et marketing. 

A court terme, les marges sont sacrifiées pour gagner des parts de marché.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA





 
 
 

AGEFI

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