Politique monétaire: la Fed pivote à 180 degrés

lundi, 04.02.2019

Marché actions. Se montrant très patiente, elle pourrait même interrompre la réduction de son bilan si nécessaire.

Valentin Girard*

Janvier a vu un retour de fortune sur les marchés financiers avec un «rallye» généralisé, s’étendant des actions au crédit et aux matières premières. Pour l’indice MSCI monde, en hausse de 8%, c’était le meilleur mois de janvier enregistré depuis 1987. La forte remontée du cours du baril de pétrole (15% pour le Brent) avec des signes d’amélioration du rapport offre/demande a rassuré. Les résultats des entreprises américaines pour le quatrième trimestre 2018 se sont avérés solides mais pas stellaires avec une hausse proche de 11% pour le bénéfice et de 6% pour le chiffres d’affaires. Les prévisions pour le premier trimestre 2019 sont faibles, vers 3-3% de croissance. 

Choc pour les investisseurs

La Réserve fédérale américaine avait choqué les investisseurs en décembre, laissant prévoir plusieurs hausses de taux en 2019 malgré leurs craintes de récession, annonçant par ailleurs que «la normalisation du bilan était en pilotage automatique». A l’issue de la récente réunion, J. Powel &Co ont opéré un changement de cap en enlevant la référence concernant de futures hausses graduelles des taux d’intérêt. La Fed a indiqué qu’elle sera patiente, vu la situation économique extérieure, les conditions financières et la modération de l’inflation. La réduction de son bilan pourrait même être stoppée si nécessaire. La réaction très positive des marchés boursiers montre le rôle pivot joué par une politique monétaire flexible pour la volatilité et la valorisation des titres. 

Les données macro-économiques continuent d’être faibles en Chine et en Europe. L’indice PMI manufacturier chinois a baissé à 48,3 en janvier, marqué par la faiblesse des commandes internes. Les autorités allemandes ont coupé la croissance du PIB à 1% pour 2019. Par contre, aux Etats-Unis l’indice manufacturier est ressorti en hausse, avec des gains de production. Les créations d’emplois pour le mois de janvier continuent d’être robustes, avec 304.000 créations, pratiquement le double des prévisions à 165.000. Les chiffres de décembre ont été révisés en nette baisse, mais il reste sur deux mois 50.000 de plus qu’attendu. Le long Shutdown n’a guère eu d’effet.

Toute l’attention devrait se porter mardi sur le contenu du discours sur l’Etat de l’Union par le président D. Trump, compte tenu du contexte politique interne (fin provisoire du Shutdown) et international (commerce avec la Chine). Les négociations USA-Chine semblent progresser favorablement. Trump a dit prévoir une réunion avec «son ami» le président Xi après le nouvel an chinois pour s’accorder sur les points d’achoppement à long terme.

Recommandations

ROG (ISIN: CH0012032048, prix: 263.-)

Le groupe bâlois inscrit une bonne publication de résultats sur l’année 2018 avec des chiffres légèrement meilleurs qu’attendus.

La division pharma continue de subir l’érosion due aux biosimilaires sur ses produits les plus matures particulièrement en Europe, mais la relève est là, avec une gamme de médicaments très prometteurs. L’un de ces derniers est sans conteste le Tecentriq, médicament qui active le système immunitaire et qui, bien qu’encore homologué que pour un seul type de cancer, semble être voué à un brillant avenir avec, à termes, une homologation potentiellement beaucoup plus large. 

On retiendra également la très grande capacité d’innovation du groupe qui reste une de ses principales armes ainsi que la solidité exceptionnelle de son bilan. La division «Diagnostic» qui ne représente aujourd’hui qu’environ un quart du chiffre d’affaires affiche la principale contribution à la croissance. 

Au niveau des perspectives 2019, elles devraient voir les ventes s’étoffer d’environ 2% à 5%. Le dividende proposé sera de 8,70 francs, soit un rendement de 3,3%.

Roche fait partie de nos positions en mandat.

LVMH (ISIN: FR0000121014, prix: EUR 284.65)

Le numéro un mondial du luxe a franchi pour la première fois le seuil de 10 milliards de bénéfice opérationnel courant. La capitalisation boursière de la société dépasse désormais les 140 milliards d’euros, ce qui en fait le plus grand groupe coté en Bourse de la zone euro, devant Unilever et AB InBev.

Toutes les divisions ont enregistrés de fortes croissances. Cœur de métier et principal moteur de croissance du groupe, la branche mode et maroquinerie a bondi de 17% d’octobre à décembre malgré les inquiétudes concernant le dynamisme de la demande des clients chinois.

LVMH signale même une accélération de la croissance en Chine au quatrième trimestre par rapport aux trimestres précédents et le début de l’année 2019 se présente bien.

Le propriétaire des marques Christina Dior, Kenzo et Givenchy réalise près de 30% de son chiffres d’affaires en Asie, sans tenir compte du Japon.

Le dividende sera proposé à 6 euros, en hausse de 20%.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA





 
 
 

AGEFI

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