La guerre des taxes bat son plein

lundi, 05.08.2019

Marché actions. Les marchés boursiers ont accusé un fort repli à la suite des annonces de Donald Trump.

Valentin Girard*

A l’issue de la réunion de la Réserve fédérale américaine (Fed) mercredi dernier, son président Jerome Powell a clairement expliqué que la coupe de taux de 25 points de base est à considérer comme une sorte d’assurance de milieu de cycle, réduisant les espoirs des investisseurs concernant d’amples coupes futures. 

Alors qu’une délégation américaine s’est rendue en Chine pour poursuivre les négociations commerciales, Donald Trump, sans doute insatisfait de cette maigre baisse, a provoqué une escalade des tensions en annonçant lors d’un tweet du lendemain son intention d’étendre les droits de douane à la quasi-totalité des importations en provenance de Chine à partir du 1er septembre. Ce choc a provoqué un fort repli des marchés boursiers (les indices européens ont perdu plus de 3% sur la semaine), une ruée vers les obligations gouvernementales (rendement des emprunt à dix ans de la Confédération à -0,9%), l’or et les devises refuge comme le franc suisse et le yen. 

Les précédents droits de douane ciblaient les produits industriels et intermédiaires. Les taxes de 10% annoncées visent les biens électroniques, les produits électroménagers et aussi le textile, où il est difficile de trouver une alternative. L’impact potentiel sur les prix à la consommation est susceptible de ralentir la demande des ménages et ainsi l’économie américaine. 

L’attractivité du «made in China»

En guise de représailles, Pékin aurait demandé aux entreprises publiques de cesser l’achat de produits agricoles américains. De nouvelles mesures de soutien budgétaire seront probablement mises en place. Le cours de la devise chinoise continue par ailleurs de chuter pour atteindre le plus bas depuis 2008. A plus de 7 yuans pour un dollar, on soupçonne un mouvement délibéré de Pékin pour soutenir ses exportations, en atténuant l’impact de la hausse des droits de douane. Ça donne une pression supplémentaire aux entreprises américaines, mais aussi partout ailleurs en augmentant l’attractivité du «made in China». Les entreprises chinoises endettées en dollars sont aussi impactées. 

Ceci met la pression sur la Fed pour plus de baisses de taux. Son pouvoir est cependant limité pour compenser l’effet négatif des taxes, car les Etats-Unis ne sont pas en récession. Le marché du travail reste notamment dynamique. Les créations d’emplois sont ressorties en lignes avec les attentes, à 165.000. Le taux de chômage se situe à 3,7%.

Recommandations

Royal Dutch Shell (ISIN: GB00B03MLX29, prix: EUR 26,27)

La rentabilité des principaux producteurs de pétrole intégrés a diminué au second trimestre 2019 par rapport au second trimestre 2018. Les volumes de production ont globalement augmenté, mais le chiffre d’affaires a subi l’impact des cours nettement plus bas des hydrocarbures. 

Le prix de vente moyen du pétrole sur la période s’est situé vers 58 dollars le baril alors qu’il approchait 74 dollars au second trimestre 2018. Le prix du gaz naturel liquéfié (LNG) s’est littéralement effondré, passant en Asie à 4 dollars par millions de BTU contre 9,9 l’an dernier. Il se situe au plus bas de la décennie, suite aux nouveaux projets d’exploration gazière au Nord de l’Europe, en Australie et aux Etats-Unis dans le bassin permien ainsi qu’à une température clémente qui a coupé la demande.

Le groupe pétrolier Royal Dutch Shell a dévoilé des chiffres trimestriels très décevants dans tous les segments, suite à la faiblesse des marchés gaziers et pétrochimiques et à des coûts élevés de maintenance. Le bénéfice trimestriel a été divisé par deux, pour se situer à 3,5 milliards de dollars alors que les attentes tablaient sur 4,9 milliards de dollars.

Chute du profit de la division «Gaz intégré»

Dans la division «Gaz intégré», le profit a baissé de 25%. Ce n’était pas glorieux non plus dans les unités raffinage, qui ont dégagé moins de marges, de chimie et de production. Du côté positif, le cash-flow s’est accru à 14,7 milliards de dollars au second trimestre 2019 contre 9,5 milliards de dollars au second trimestre 2018. Royal Dutch semble en bonne voie pour réaliser son objectif de dégager un cash-flow libre de 28 milliards de dollars à horizon 2020. 

Le dividende à 47 cents par action, soit 6%, est attractif et Royal Dutch Shell a annoncé le lancement d’une cinquième tranche de son programme de rachat de titres d’un montant total de 25 milliards de dollars d’ici à 2020. Le groupe prévoit d’acheter 2,75 milliards de dollars jusqu’à fin octobre. 

Opinion: Les résultats très faibles sont aussi liés à des effets temporaires. Le titre a sur-réagi à la baisse et est à détenir pour le dividende élevé.

*Gérant discrétionnaire à la Banque Bonhôte & Cie SA





 
 
 

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