Réalité augmentée pour le début d'année

mercredi, 06.03.2019

Entre incertitudes politiques et surendettement, les sources d'inquiétudes sont nombreuses. Mais le scénario central s'est objectivement apaisé par rapport à 2018.

Didier Saint-Georges*

Comme pressenti en tout début d’année, le rebond des marchés actions s’est concrétisé en contrepoint de la panique de la fin d’année 2018, nourri par la volte-face de la Fed dans ses ambitions de normalisation de sa politique monétaire. La question est naturellement de juger si ce rebond possède de bonnes chances de continuer sur les prochains mois.

Le ralentissement se poursuit et les points de fragilité ne manquent pas

Dans la litanie des incertitudes politiques de l’Europe aux États-Unis, jusqu’à la problématique du surendettement dans un contexte nouveau d’affaiblissement de la croissance, les marchés pourraient largement trouver de quoi justifier un retour à la prudence cette année. Ces enjeux majeurs pour la confiance, et donc la croissance, entreront au cours des tout prochains mois dans leurs phases décisives. Ils sont donc source d’inquiétudes à court terme. 

Cette réalité peu engageante est néanmoins augmentée, ou en tout cas adoucie, par un scénario central qui s’est objectivement apaisé par rapport à l’année dernière. Les marchés ont en effet pris acte du ralentissement économique en cours, de même que les banques centrales, affranchies désormais de leur engagement de normalisation monétaire à marche forcée.

Le choc entre cycle économique et politique monétaire n'est plus en toile de fond

Désormais, l’heure est plutôt à l’atonie, propice à des marchés velléitaires, sorte de désincarcération lente et délicate après la collision de 2018. En ce début d’année 2019, c’est donc la figure d’un atterrissage global plus ou moins en douceur des économies mondiales qui se dessine, tempéré par des politiques monétaires aux ambitions de durcissement neutralisées.

Dans ce contexte et compte tenu des niveaux actuels, les perspectives pour les indices actions risquent de briller par leur médiocrité. En revanche, dans cette phase de ralentissement, la dispersion des performances entre valeurs pourrait s’avérer un vecteur de performance très sensible, au contraire de 2018 quand le jugement sur la direction des indices s’était avéré beaucoup plus décisif pour la performance. 

En particulier, les actions d’entreprises valorisées encore raisonnablement et capables de défendre leurs marges et soutenir leur croissance devraient pouvoir s’arroger une prime de qualité significative dans le piètre environnement économique que nous anticipons pour cette année. Un jugement similaire sur la primauté à accorder à la sélection de titre cette année plutôt qu’aux grands paris directionnels vaut pour les marchés obligataires, et notamment de crédit.

* Carmignac





 
 
 

AGEFI

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