L’avenir technologique de l’Europe

mardi, 05.02.2019

Les entreprises technologiques européennes évoluent souvent dans l’ombre mais la longue tradition d’innovation de cette région offre des opportunités.

David Stubbs*

Londres, le 28 janvier 2019 – L’Europe est le berceau de nombreux leaders mondiaux, mais les entreprises technologiques du continent sont actuellement éclipsées par les FANG (Facebook, Amazon, Netflix, Google), qui dominent le marché. 

Le Vieux Continent héberge toutefois de nombreuses entreprises de premier plan, dont sept des onze plus grandes sociétés de logiciels industriels au monde, et concentre près de 50% du chiffre d’affaires mondial des logiciels conçus pour l’industrie. Sur la base de ce constat, nous estimons que l’Europe offre de nombreuses opportunités d’investissement, en particulier dans les domaines alliant la technologie à d’autres secteurs. Dans notre récente édition de Perspectives from Europe, nous abordons deux thèmes qui devraient alimenter l’innovation technologique en Europe, à savoir l’industrie 4.0 et les voitures de nouvelle génération.

«De nombreux investisseurs sont sous-exposés aux valeurs technologiques européennes dans la mesure où ce secteur est sous-représenté dans les indices boursiers, internationaux comme nationaux, en particulier lorsque ces indices comprennent des grandes capitalisations. 

Pourtant, lorsque nous élargissons l’univers à l’ensemble des secteurs et recherchons des sociétés ayant recours à la technologie pour stimuler leur croissance, nous identifions de nombreuses opportunités en Europe», explique David Stubbs, Head of Client Investment Strategy pour la région EMOA de la Banque Privée. «En effet, la technologie, et plus spécifiquement la technologie numérique, fait désormais partie intégrante de nombreuses autres activités, sans parler de nos vies sociales et économiques, à tel point qu’il devient de plus en plus redondant de dissocier le ‘technologique’ du ‘non technologique’. Nous avons identifié, au travers du concept de l’industrie 4.0 et de la transition vers la prochaine génération d’automobiles, deux domaines d’intérêt alliant technologie et industrie.»

Industrie 4.0

L’industrie 4.0 – c’est-à-dire la dimension «Internet of Things (IoT)» liée au secteur de l’industrie – devrait afficher une croissance annuelle moyenne considérable de 22%, pour atteindre une valeur de 287 milliards d’euros en 2020. L’Europe est à l’origine de plus d’un tiers des investissements mondiaux dans l’industrie 4.0, ses principaux marchés étant les pays de l’ouest et du nord de la région, en particulier l’Allemagne. Des initiatives européennes, à l’échelle nationale comme régionale, favorisent l’essor de l’industrie 4.0 et la diminution des barrières à l’entrée.

«Nombre de ces nouvelles technologies de l’industrie 4.0 font rapidement figure de normes industrielles, de la même façon que l’informatique en nuage (cloud computing). Plusieurs catalyseurs alimentent cette croissance: les nouvelles technologies destinées aux PME, les normes européennes, les mesures en faveur du développement de nouvelles technologies, et la modernisation de l’industrie pour faire face aux mutations démographiques», ajoute David Stubbs.

«Si les avancées observées jusqu’à présent sont déjà impressionnantes, l’appropriation par l’Europe de ces technologies est sur le point de connaître une accélération. Le CBI identifie plusieurs pays faisant office de chefs de file de l’industrie 4.0, dont l’Allemagne, l’Irlande, la Suède et l’Autriche. Dans ce contexte, la majeure partie de l’économie européenne constitue une source de croissance pour les investisseurs dans les technologies et les prestataires de services. Cette tendance sera probablement confortée par des pénuries imminentes de main-d’œuvre dans la plupart des pays européens, une problématique qui se fait surtout sentir en République tchèque, Hongrie, Slovaquie, Slovénie et Lituanie.»

La prochaine génération d’automobiles

L’Europe occupe une place importante dans le secteur automobile depuis des décennies, mais le monde évolue désormais rapidement vers une révolution des transports. Nos rues, nos usines et nos concessionnaires seront transformés par les innovations en matière de covoiturage, de conduite autonome et d’électrification. Nous estimons que l’Europe est en bonne position pour tirer profit de cette tendance.

«Le moteur à combustion interne entame un déclin structurel mondial et devrait être largement remplacé par les véhicules électriques dans les vingt prochaines années, les principaux constructeurs automobiles européens investissant d’ores et déjà afin d’électrifier leur flotte. Avec la diminution rapide des coûts et l’amélioration des batteries électriques ainsi que l’introduction par les gouvernements de réglementations visant à réduire les émissions, les statistiques indiquent que la demande mondiale devrait augmenter à un taux de croissance annuel composé (TCAC) de 23% entre 2020 et 2025.»

En conclusion, David Stubbs déclare que «l’Europe est un acteur majeur des secteurs technologiques et liés aux technologies, et l’industrie 4.0 ainsi que les véhicules électriques ne sont que deux des thématiques passionnantes promettant de porter l’innovation. La réduction des coûts, les réglementations gouvernementales et les mutations démographiques se combinent pour accélérer l’appropriation, à la fois par les entreprises et les ménages, de ces technologies».

*Head of Client Investment Strategy pour la région EMOA, J.P. Morgan Banque Privée





 
 
 

AGEFI

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