La technologie blockchain pourrait-elle éviter une autre fraude à la Madoff?

lundi, 08.07.2019

Les contrats intelligents pourraient fortement contribuer à éliminer les faux qui représentent une plaie dans le financement du commerce international.

Dave Elzas*

Tenter de colmater les brèches ne suffit plus. Les autorités de réglementation et de surveillance et les acteurs du secteur financier doivent changer leur stratégie s’ils veulent être en mesure d’enrayer une criminalité en col blanc qui maîtrise parfaitement les nouveaux canaux tels que la blockchain.
Début 2009, Bernard Madoff reconnaissait sa culpabilité pour avoir construit la plus grande pyramide de Ponzi de tous les temps et ainsi la fraude financière la plus importante jamais vue aux États-Unis. Pendant près de trois décennies, le financier a volé des milliards de dollars à ses investisseurs en leur fournissant des rapports falsifiés. Bien que personne n’ait réussi à surpasser Madoff depuis, la fraude reste un problème répandu. Au Royaume-Uni par exemple, on estime que les activités frauduleuses coûtent 110 milliards de livres sterling par an à l’économie. Au plan mondial, les pertes seraient de l’ordre de 3’200 milliards de livres par an.

Un passéisme de mauvais aloi

Tout le problème vient du fait que la plupart des entités chargées de la détection et du contrôle des fraudes recourent encore à des méthodes dépassées. Dans une tribune d’opinion publiée en 2016 par le Guardian, l’ex-représentant au Congrès américain, Randy Hultgren, relevait le fait que les autorités chargées d’enquêter sur Madoff en étaient encore à utiliser le papier et le crayon! Des rapports financiers régulièrement falsifiés ont ainsi pu passer inaperçus des vérificateurs bien que l’entreprise de Bernard Madoff ait fait l’objet de six plaintes, déposées entre 1992 et 2008.
Plus récemment, Bloomberg expliquait dans un récent article que le financement du commerce international, qui représente un montant de 9’000 milliards de dollars, est encore largement tributaire du papier. Par contre, de l’autre côté de la barrière, les criminels, ont adopté les technologies numériques et les utilisent intensivement.
Qu’il s’agisse de techniques de pointe destinées à hameçonner les clients des banques ou d’algorithmes sophistiqués qui permettent de soustraire des montants infinitésimaux aux milliards de transactions internationales, les criminels en col blanc actuels sont des experts des nouvelles technologies. Leurs agissements deviennent de plus en plus difficiles à détecter et les fraudes n’avaient jamais jusqu’à présent atteint un tel niveau de complexité. Cela ne signifie pas pour autant que la bataille contre la criminalité en col blanc est perdue d’avance. Tous ceux dont l’activité repose sur l’accès à des données financières exactes et vérifiables possèdent les moyens de riposter.
Tant les autorités de réglementations que les acteurs du secteur financier devraient axer leurs efforts sur la blockchain. Du fait que les données ou transactions enregistrées ne peuvent être ni modifiées ni effacées, il devient presque impossible de dissimuler des opérations illicites.
La blockchain possède en outre d’autres avantages. Cette technologie permet une vérification indépendante effectuée par des tiers. Toutes les transactions sont enregistrées selon un ordre chronologique qui ne peut être modifié. Les enregistrements stockés dans les blocs étant accessibles via les millions d’ordinateurs qui constituent la blockchain, la fraude devient beaucoup plus difficile à mettre en œuvre, ne serait-ce que d’un point de vue logistique. Toutes ces caractéristiques confèrent à cette technologie une utilité qui va bien au-delà du suivi des transactions financières. Les contrats intelligents, par exemple, pourraient fortement contribuer à éliminer les faux qui représentent une véritable plaie dans le financement du commerce international.

Pour une adoption rapide

Comme pour toute technologie nouvelle, la blockchain a connu un certain nombre de problèmes de jeunesse, mais ils ne devraient pas dissuader les autorités ou d’autres acteurs de s’intéresser à cette technologie. D’ailleurs les banques l’ont adoptée plus rapidement que prévu et certaines d’entre elles, y compris de grands acteurs tels qu’UBS, ont créé de véritables laboratoires dans le but d’explorer ses applications potentielles.
D’autres acteurs ont aussi un rôle à jouer. Les registres de propriété foncière, les entreprises, et toutes les entités d’enregistrement pourraient tirer parti du rapport coût/bénéfice intéressant, du potentiel d’automatisation ainsi que de la précision des applications de la blockchain. Mais il est essentiel que ces différents acteurs travaillent ensemble à la normalisation des processus et des protocoles. Ce type de collaboration existe déjà: le soutien apporté par le canton à la Geneva Fintech Association préfigure des besoins globaux en matière de développement de la blockchain. Les initiatives de ce genre devraient se multiplier, car colmater les fuites ne suffit plus, le temps est venu de changer de canalisations.

* CEO, Geneva Management Group





 
 
 

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