Fin de l’aide du FMI à l’Egypte

lundi, 03.12.2018

Le pays a dû se soumettre à de nombreuses contraintes imposées par le FMI et semble enfin en voir les résultats.

Gianni Pugliese*

L’Egypte cessera de recourir au FMI lorsque le plan d’aide de $12 milliards, approuvé en novembre 2016, expirera en juin 2019. Lors d’une interview avec Bloomberg, le ministre des finances égyptien, M. Mohamed Maait, a déclaré que le pays est à présent dans une position où tout financement supplémentaire du FMI n’est plus nécessaire. Il a toutefois ajouté être ouvert à une forme de coopération. 

En novembre 2016, les autorités avaient dû laisser flotter la livre égyptienne pour obtenir l’aide du FMI. Le plan de redressement visait notamment la réduction du déficit budgétaire à 8.1% du PIB à l’horizon mi-2019. Le gouvernement a maintenu le cap à coup de suppressions de subventions, d’instauration de TVA et de gel des emplois de fonctionnaires - le tout dans un contexte de dévaluation de 50% de la devise face au dollar et d’inflation supérieure à 30% pendant la majeure partie de l’année dernière. Les mesures ont contribué à restaurer la crédibilité sur les marchés et à améliorer les fondamentaux de l’économie. 

Les investisseurs étrangers ont recommencé à acheter la dette égyptienne et la banque centrale a pu reconstituer ses réserves de change. Malheureusement, les turbulences sur les marchés émergents ont fini par saper la demande. De fin mars à fin septembre dernier, les flux de ventes ont totalisé plus de 7 milliards de dollars. Loin de baisser les bras, le gouvernement a lancé un plan visant à diminuer la dette et attirer les investissements institutionnels étrangers. 

Dans une démarche similaire à celle de l’Arabie Saoudite et de quatre autres pays du Golfe, M. Maait souhaite inclure la dette égyptienne dans les indices obligataires émergents de JPMorgan.

Des discussions sont également en cours avec Euroclear (société internationale de dépôt et de règlement/livraison pour les titres) concernant le traitement des transactions sur la dette domestique. Cela aurait pour effet de faciliter l’investissement pour les étrangers, puisqu’ils doivent actuellement passer par une banque locale lorsqu’ils négocient des obligations en monnaie locale. Si tout est en place d’ici avril prochain, comme souhaité par le gouvernement, les transactions sur dette domestique pourront être réglées par Euroclear dès la nouvelle année fiscale (1er juillet 2019). 

L’inclusion dans l’indice JPMorgan pourrait prendre plus de temps, idéalement d’ici au 30 juin 2019, ce qui constituerait une excellente nouvelle pour l’Egypte qui y voit une opportunité de baisse des coûts d’emprunt. Depuis le flottement de la livre en 2016, l’équivalent de plus de 13 milliards de dollars d’obligations en devises étrangères ont été émises. 

En avril dernier, des emprunts en euros ont été lancés pour la première fois sur le marché des capitaux: 2 milliards d’euros ont été levés pour des carnets d’ordres totalisant 7.5 milliards. L’Egypte ne compte pas s’arrêter là. M. Maait n’exclut pas le recours au yen et au yuan et il envisage d’émettre des obligations vertes et des obligations internationales libellées en monnaie locale. Une palette en voie de diversification!

* Analyste obligations, Mirabaud & Cie





 
 
 

AGEFI

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