L’effervescence du lancement de Star n’est qu’un épiphénomène

mardi, 06.08.2019

Le marché boursier de Shanghai dédié aux firmes scientifiques et technologiques s’inscrit dans une stratégie à long terme.

*Dominique Jolly

Dominique Jolly

En novembre dernier, le président Xi Jiping a fait l’annonce de la future création d’un marché boursier à Shanghai dédié aux entreprises scientifiques et technologiques. Le marché «Star» a effectivement été lancé ce lundi 22 juillet 2019 – on notera au passage la sémantique brillante qui fait si plaisir aux Chinois. Beaucoup seront tentés de rapprocher cette annonce des tensions commerciales entre la Chine et les Etats-Unis. Mais les visées chinoises ne sont pas si courtermistes. Il ne faut pas oublier que le lancement de Star suit la création de ChiNext au sein de la bourse de Shenzhen en 2009 et du compartiment New Third Board en 2013 – tous les trois lancés avec le même objectif de permettre aux entreprises technologiques chinoises d’accéder à l’épargne publique (NTB est tombé depuis dans l’oubli).

Star est la troisième tentative chinoise en dix ans. Le marché Star n’est donc pas simplement une réponse aux Américains. Il s’inscrit dans une stratégie à long terme. Cette création s’articule d’ailleurs très bien avec le plan «Made in China 2025» dans le sens où les activités visées par Star recoupent très largement celle du plan.

Plus globalement, ce lancement consolide la position de nouvel acteur de la création technologique de la Chine. Alors que le pays était totalement absent de la carte de la R&D mondiale il y a une vingtaine d’année, les choses ont radicalement changé. Alors que les chercheurs chinois ne produisaient que 20.000 articles en 1998, ils dépassent aujourd’hui le demi-million de papiers. Alors que la dépense R&D du pays (publique et privée) était inférieure à 50 milliards de dollars dans les années 1990, elle va sans doute dépasser les 500 milliards cette année – et donc surpasser celle des Etats-Unis. Alors que les Chinois déposaient moins de 50.000 brevets par an dans les années 1990, ils dépassent maintenant allègrement le million par an. Tous les ingrédients de la création technologique ont maintenant été réunis en Chine: des universités, des centres de recherche, des start-up, des parcs scientifiques et techniques, des licornes plus qu’il n’en faut, … Il est donc tout naturel que la question du financement de ces activités trouve réponse. Et c’est précisément la mission de Star.

L’événement est sans surprise sino-chinois. Nous ne sommes ici que des contemplatifs. Les étrangers qui voulaient investir sur la bourse de Shanghai devaient déjà obtenir le statut de Qualified Foreign Institutional Investor (QFII) pour finalement détenir au total moins de 5% des titres de la place. Ils vont devoir encore patienter pour être accepté au club Star. Le Star Market est fait pour les entreprises chinoises technologiques et les investisseurs chinois – point bar. Alors qu’il y a 200 compagnies chinoises cotées aux Etats-Unis – dont les fameux Alibaba et Baidu au NYSE, il n’y aura pas d’entreprise étrangère cotée sur Star.

Encore une fois, la question de la réciprocité, ou plutôt de l’absence de réciprocité est posée. Et fait intéressant, le pouvoir chinois vise la centaine de millions de boursicoteurs chinois puisqu’on leur demande d’avoir un portefeuille minimum peu élevé (l’équivalent de 70.000 francs) et deux ans d’expérience de trading.

Impossible de dire aujourd’hui ce que deviendra ce marché. L’effervescence du lancement de Star en ce début de semaine n’est qu’un épiphénomène. Il faudra attendre au moins un an pour voir ce que cela donne réellement. Gardons en tête l’extrême volatilité des bourses chinoises. En 2007, l’indice de la bourse de Shanghai avait grimpé en flèche de 2000 à 6900 points pour s’effondrer à la fin de l’année et revenir à 2000 points en 2008. Le même scénario s’est reproduit à l’été 2015. Et le ChiNext de Shenzhen a connu la même spirale infernale passant d’un indice de 3900 points à 1500 points – qui reste l’actuel indice.

* Professor of Business Strategy, Webster University Geneva





 
 
 

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