Les actions montent avant une récession

mardi, 20.08.2019

L’analyse technique. Une inversion de la courbe des taux d’intérêt booste statistiquement les actions pendant une période de plus d’une année.

Serge Laedermann CMT*

Elle est sur toutes les lèvres, elle va venir, elle nous guette. L’inversion de la courbe des taux en est la preuve, à chaque fois que ce phénomène a été observé une récession est survenue à un horizon de 15 mois en moyenne.

Puisque les grands économistes nous démontrent avec conviction que nous n’y échapperons pas, admettons l’hypothèse que pour une fois ils ont une chance de ne pas être à côté de la plaque. Quant à avoir des certitudes sur cette occurrence, c’est une autre histoire.

Le fait que tout le monde en parle comme d’une fatalité inéluctable suffit déjà à aiguiser les suspicions. Certes, la courbe s’est inversée quelques jours (depuis elle ne l’est plus, mais personne n’en parle). Dans un monde financier où nous côtoyons jour après jour le «jamais vu» avec des taux d’intérêts négatifs un peu partout, est-ce que nous vivons dans un schéma classique, ou ne faut-il pas considérer que notre univers est aujourd’hui différent et que les logiciels ont pris un sérieux coup de vieux?

Le ralentissement de l’économie est visible depuis quelques mois, mais il ne faut pas oublier que les banques centrales ont dégainé des armes massives d’injections de liquidités jamais vues auparavant, avec pour objectif d’éviter justement les montagnes russes en terme de croissance et donc de tuer toute récession dans l’oeuf. Le résultat de ces interventions a été de maintenir une inflation, même minime, à un niveau acceptable, d’assurer un peu de croissance et de «coller» les taux à 0 pourcents, permettant se faisant aux gouvernements lourdement endettés (à peu près tout le monde) d’élaborer des budgets qui sont susceptibles de tenir la route.

La récession si prévue et si redoutée n’est donc pas du tout garantie et peut faire place à un ralentissement de l’économie grosso modo contrôlé. Nous sommes dans une situation où plusieurs «gros» pays, par exemple la France, ne peuvent se permettre une brutale remontée des taux sous peine d’être en faillite et de provoquer un soulèvement populaire. Si les Français sont dans la rue aujourd’hui pour revendiquer tout et n’importe quoi, n’osons même pas imaginer le jour où les retraites seront coupées d’un quart (et pas de moitié comme en Grèce) et des centaines de milliers de fonctionnaires oisifs mis à la porte. Ce ne serait pas une révolte Sire, mais bien une révolution.

Et quand bien même! Admettons qu’une récession se fasse jour. Depuis 1956, une inversion de la courbe 10 ans/2 ans telle qu’observée l’autre jour a provoqué à chaque fois une hausse des actions dans les mois qui suivent. Il s’agit d’une statistique, mais le S&P 500 a culminé en moyenne 13 mois après une inversion. Dans les 3 mois qui ont suivi ce phénomène, le gain moyen a été de 2,5%, de 5% après 6 mois et de 13% au bout d’un an. Naturellement on peut faire dire beaucoup de choses aux chiffres, mais contrairement à ce que nous pouvons penser, la venue d’une récession est historiquement positive pour les actions, c’est en tout cas ce qui ressort des données compilées outre-Atlantique.

Techniquement parlant, l’image laisse apparaître une stabilisation dans une zone 2800-3000 (S&P 500) qui nous fait craindre à chaque faiblesse marquée que le marché va s’écrouler, mais en réalité il parvient obstinément à rebondir. Le manque de rendement sur les autres actifs attire toujours des liquidités sur ce marché lorsque les évaluations deviennent raisonnables. Ce constat est particulièrement évident sur le SMI. Toute approche des 9500 déclenche une opportunité d’achat assez unique, puisque les dividendes sur les fleurons du pays dépassent les 3% alors que les rendements sont à zéro ou négatifs sur les autres actifs.

Dans un environnement de croissance modérée, mais bien présente, il faudrait vraiment un gros coup dur mondial pour précipiter le SMI sous les 9300 points, le genre de coup de Jarnac qui fait naître soudainement la peur et provoque des ventes irrationnelles caractérisées par une absence d’acheteurs en face, ceux-ci préférant rester à couvert. On ne peut écarter cette éventualité, mais si jamais nous l’expérimentons, il s’agira probablement d’une très belle aubaine. Nous en avons déjà parlé ici, mais c’est précisément lors de ces rares moments de panique qu’il faut avoir le courage d’investir, pas lorsque le SMI est à 10.000 points!

La chanson n’est pas la même sur les petites capitalisations qui sont en recul en moyenne de 20% depuis leur sommet de janvier 2018. Elles ne sont pas protégées par leurs dividendes (2,16% en moyenne) et les derniers résultats publiés sont plutôt mal perçus par le marché. Ils sont souvent honorables, mais sont impactés par le ralentissement global et la guerre commerciale qui touche les secteurs de niche et de haute qualité qui s’exportent traditionnellement fort bien pour les firmes helvétiques. De plus, certaines actions sont chères bien qu’ayant déjà fortement corrigé. Il faut maintenant considérer celles qui ont subi de plein fouet un accident de croissance tout à fait «réparable» à l’avenir, telles que Bobst, Bell et Cicor pour ne nommer que celles-ci.

* Associé, GFA Geneva Financial Adviser





 
 
 

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