La Fed joue sa crédibilité par une baisse des taux préventive

jeudi, 01.08.2019

La décision de la banque centrale se justifie difficilement par les fondamentaux, mais c’était pourtant une nécessité.

Arthur Jurus*

La Réserve fédérale américaine a réduit son taux directeur de 25 points de base et avancé la fin de la réduction de son bilan à août. À première vue, cette décision se justifie difficilement par les fondamentaux.  Certes, l’investissement en capacités productives a ralenti, celui résidentiel persiste en territoire négatif, tandis que la faiblesse de l’inflation n’est plus temporaire. Mais la consommation privée a fortement accéléré au second trimestre à 4,3% en rythme annualisé.

Pourtant, diminuer les taux directeurs était une nécessité. Une récession économique n’est pas attendue pour 2020 mais l’attitude préventive de la Fed doit permettre de rallonger la durée d’expansion de l’activité américaine. La Fed a historiquement besoin de réduire de 500 points de base les taux monétaires pour contrer un épisode de récession économique. C’était le cas en 1991 (-700 points de base), 2001 (-493 pb) et 2009 (-507 pb). Or, avec un taux directeur actuellement à 2%-2,25%, cette marge de manœuvre n’existe plus.

Objectif d’inflation relégué 

La portée de la décision prise par la Fed mercredi dernier n’est pas seulement cyclique mais aussi structurelle. L’indépendance des banques centrales devait permettre de crédibiliser la politique monétaire, mieux ancrer les anticipations et ainsi stabiliser l’inflation à des niveaux bas. Ce, au moyen de règles de politique monétaire qui devaient alors se substituer à l’adaptation en continu des banques centrales aux conditions économiques – comme démontré par F. Kydland et E. Prescott en 1977. Or, l’objectif d’une inflation faible semble aujourd’hui relégué au second plan par la nécessité de lutter contre le risque désinflationniste et favoriser l’endettement.

Les évènements récents le démontrent. En juin, la Fed a organisé un séminaire pour repenser sa stratégie de long terme. En juillet, la BCE a supprimé, lors de sa réunion du 25 juillet, la mention explicite à son objectif d’inflation de 2% pour adapter sa politique vers sa «cible» à moyen terme - confirmant une orientation désormais plus discrétionnaire et une prudence vis-à-vis du risque désinflationniste.

Par ailleurs, les institutions internationales prennent désormais part au débat public pour encourager les banques centrales à assouplir davantage leur politique monétaire afin de favoriser les taux négatifs et soutenir l’endettement public en Europe. Aux Etats-Unis, le récent rehaussement du plafond de la dette publique jusqu’au 31 juillet 2021 devrait amener le déficit budgétaire fédéral américain à atteindre les... 1000 milliards de dollars en 2020. Sans que le marché ne s’en inquiète.

Ainsi, seulement sept mois se sont écoulés entre la hausse de taux par la Fed de décembre 2018 et la décision mercredi soir de le diminuer. Sur cette même période, la consommation privée, qui représente 70% du PIB américain, a pourtant accéléré. Cette baisse des taux est donc aussi préventive qu’inédite en raison de la poursuite de l’expansion de l’économie américaine.

Le choix entre deux options

Le risque augmente ainsi pour la Fed de perdre en crédibilité, soit en cédant à la sirène des baisses de taux – celles-ci interviendront en Europe dès septembre – soit en conservant une politique monétaire trop restrictive ces prochains mois en incohérence avec cette première diminution du taux. Le choix parmi ces deux options sera d’autant plus contraint que les attentes des investisseurs sont fortes avec deux nouvelles réductions des taux par 25 points de base attendues d’ici la fin d’année.

A cet égard, les discussions des membres de la Fed, qui seront publiées le 21 août, et les conférences de Jackson Hole le 23 août, permettront de mieux appréhender les perspectives monétaires américaines des prochains mois et... la réaction de la BNS.

*Chef économiste, Landolt & Cie





 
 
 

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