Il est temps que le dollar se retourne, mais est-ce possible ?

mardi, 04.12.2018

François Savary*

A l’image des derniers mois, l’année 2018 ne laissera pas un bon souvenir aux investisseurs. Il est vrai que les actifs risqués avaient connu une année 2017 de très bonne qualité, mangeant quelque peu les rendements que l’on pouvait avoir pour cette année. Mais de là à envisager le recul des cours auxquels nous avons assisté depuis le 1er janvier, il faut reconnaître que nous ne l’avions pas anticipé. 

Il faut désormais se projeter sur l’année 2019, mais cela ne peut se faire qu’avec une compréhension aussi pleine que possible des raisons qui ont conduit les marchés à mal performer en 2018. Une des raisons principales est à rechercher dans la vigueur de la devise américaine, dont l’ampleur a surpris. Il n’y avait rien de surprenant à voir la monnaie de l’Oncle Sam consolider les pertes importantes des douze mois précédents en début d’année. Le phénomène est cependant devenu plus grave à partir du printemps, au moment où la revalorisation du billet vert s’est accélérée. Si les actifs émergents, plus vulnérables, ont été les premiers à en subir les conséquences, au fil des mois et de la hausse plus marquée du greenback, la contagion a gagné tous les marchés (actions, obligations d’entreprises, etc…). Face au recul de ceux-ci et pour justifier un nouveau régime de volatilité, certains ont évoqué les phénomènes spécifiques argentin, turc ou russe ; en effet, ils ont voulu y voir la menace d’une crise systémique d’origine émergente de nature à déstabiliser les marchés développés. Force est de constater que le retour à un certain « calme » sur ces trois devises n’a pas apaisé le jeu sur les actifs risqués !   

Le problème s’est révélé plus large que le comportement de deux ou trois monnaies minées par des fondamentaux de piètre qualité. C’est la question d’une vigueur excessive du dollar qui a fini par peser sur les actifs risqués, en finissant par ceux qui avaient longtemps résisté : les actions américaines.

Le phénomène n’est pas surprenant, puisque la hausse du billet vert est synonyme de contraction de la liquidité internationale, qui affecte négativement les marchés financiers et les fondamentaux économiques (risque sur les perspectives de croissance). 

La revalorisation du dollar n’explique pas, à elle seule, le comportement négatif des, mais notre propos n’est pas de revenir exhaustivement sur les causes de leur correction. En revanche, il est important d’évaluer si l’on peut espérer que la devise de l’Oncle Sam connaisse un nouvel accès de faiblesse à horizon 12 mois. Cet élément est clé pour déterminer la performance des marchés l’année prochaine, car il faut que la restriction de la liquidité cesse pour ramener davantage de sérénité sur ces derniers. 

Nous restons d’avis que le dollar doit se déprécier au cours des trimestres à venir. La détérioration des soldes budgétaire et extérieur est inscrite dans les cartes, du fait de la baisse des impôts engagée par l’administration Trump. L’évidence de la péjoration de la position fiscale US est déjà patente, au regard des chiffres publiés pour l’année fiscale 2018. Le phénomène ira en s’amplifiant, puisque la croissance économique américaine ne restera pas sur les niveaux élevés de 2018. A cet égard, la politique de normalisation monétaire conduite par la Réserve Fédérale devrait rapidement se faire sentir puisqu’il y a toujours un délai entre un resserrement et son impact sur l’activité économique. Les hausses de taux du début de 2018 pèseront sur la croissance en 2019. Ce qui nous conduit à la question de l’ampleur des hausses de taux que l’on peut attendre aux USA au cours des douze prochains mois. Selon la réponse apportée, l’effet sur la devise américaine ne sera pas le même. Nous sommes d’avis que la Réserve Fédérale ne devrait relever ses taux que 3 fois d’ici juin 2019 et mettre un terme au processus de normalisation monétaire par ensuite. Dans un tel cas de figure, il y a fort à parier que les conditions pour une baisse de la devise américaine seraient renforcées et pourrait laisser espérer un retour de la parité Euro/dollar entre 1.20 et 1.25, par exemple.  

En conclusion, nous pensons que si l’on veut se projeter sur 2019, un recul du dollar est indispensable, à défaut d’être suffisant, pour envisager que les marchés actions retombent sur leurs pattes.  Dans ce contexte, le recul des cours pétroliers est le bienvenu, car il contribue également à « améliorer » la liquidité internationale. Dans un environnement où nous ne pensons pas qu’une récession menace l’économie mondiale en 2019, il paraît légitime de conserver son exposition actions, malgré une année 2018 difficile. De la même manière, les pays émergents, qui sont « les plus impactés » par le comportement de la devise américaine pourraient tirer profit d’un fléchissement du billet vert.

*Chief Investment Officer et responsable de la politique d'investissement du groupe Prime Partners





 
 
 

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