Etats-Unis: le coup de mou n’a pas eu lieu

mardi, 05.03.2019

Il est probable qu’une partie de la croissance du dernier trimestre de l’an dernier se soit faite sur le dos du premier de 2019.

Daniel Varela*

La première économie mondiale a beaucoup mieux résisté que prévu en fin d’année. Sur le dernier trimestre, la croissance du PIB affiche un rythme annualisé de 2,6%, un niveau très au-dessus des attentes des économistes. Pour l’année 2018, la croissance américaine s’établit à 3,1%, soit une vitesse de croisière sur douze mois qui n’a plus été atteinte depuis le deuxième trimestre de 2015. Tout laissait pourtant craindre un violent coup de frein en fin d’année dans un contexte marqué par une forte remontée des risques politiques, tant sur le plan domestique (shutdown) qu’à l’international (guerre commerciale).

Ces bons résultats sont avant tout à mettre sur le compte d’une consommation privée particulièrement résiliente mais aussi sur une importante constitution d’inventaires de la part de sociétés soucieuses d’éviter une potentielle hausse des tarifs douaniers durant les premiers mois de l’année 2019. Il est donc probable qu’une partie de la croissance du dernier trimestre de l’année se soit faite sur le dos du premier trimestre 2019. Si le ralentissement doit encore se matérialiser dans les chiffres du PIB, les développements politiques récents devraient fort heureusement limiter son ampleur.

Accélération de l’activité mondiale en 2019

Premièrement, une issue a été trouvée à la paralysie du gouvernement américain grâce à une reculade sans doute tactique de Donald Trump au sujet du mur à la frontière mexicaine. De plus, la hausse des tarifs douaniers au 1er mars sur les importations de produits et services chinois a été suspendue et tout indique que les deux plus grandes puissances mondiales devraient prochainement annoncer un accord commercial de grande ampleur.

Un recul des risques politiques, des programmes de relance agressifs en Chine et des politiques monétaires plus accommodantes de la part des grandes banques centrales sont autant d’éléments qui pointent sur une ré-accélération de l’activité mondiale dans le courant de 2019. De quoi résorber des inventaires temporairement trop élevés auprès des sociétés américaines et sans doute aussi dans le reste du monde.

Si l’on écarte un scénario de fort rebond du prix du pétrole, le contexte de ré-accélération économique et d’inflation maîtrisée reste favorable aux actifs risqués. C’est notamment le cas des actions qui conservent un potentiel de progression sur 2019. Toutefois, une consolidation temporaire des jolis gains accumulés depuis le début de l’année reste possible pour ne pas dire souhaitable.

* Chief Investment Officer, Banque Piguet Galland





 
 
 

AGEFI

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